Instruction du 16 octobre 2025 relative aux actes RIHN
Actualisation de l’instruction du 16 avril 2018
(Dans l’attente d’une modification du décret redéfinissant la décote des actes RIHN 2.0)
Le référentiel des actes innovants hors nomenclature (RIHN) permet une prise en charge précoce et transitoire de l’innovation. Celle-ci est conditionnée à la réalisation d’un recueil de données pour faciliter l’évaluation ultérieure des actes par la Haute Autorité de santé (HAS), en vue d’une entrée dans le droit commun.
Mis en place dans le cadre du développement de l’innovation en santé, le RIHN offre un dispositif pérenne de soutien à la biologie médicale et à l’anatomopathologie innovantes. Entre 2021 et 2025, la DGOS a piloté une réforme pour redynamiser le RIHN et le recentrer sur l’innovation. En septembre 2025, la Direction générale de santé (DGS) a repris le suivi de ce dossier.
Le RIHN 2.0 a été introduit dans le code de la sécurité sociale par l’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2023 qui a créé l’article L. 162–1‑24.
Le décret du 29 mars 2024 est venu préciser les critères d’éligibilité, les modalités d’inscription, la procédure d’actualisation, les délais associés et les modalités de radiation des actes RIHN (voir dépêche expert n°801 du 17 avril 2024). L’arrêté du 25 novembre 2024 fixe quant à lui le modèle du dossier de demande d’inscription et la liste des éléments justificatifs associés pour la demande de prise en charge des actes innovants de biologie ou d’anatomopathologie hors nomenclatures (voir dépêche expert n°842 du 29 novembre 2024).
Dans le cadre de la mise en œuvre de ces nouvelles dispositions, l’ensemble des fédérations hospitalières s’est mobilisé pour dénoncer une mise en œuvre inapplicable et insupportable pour les établissements de santé en demandant un aménagement du dispositif et notamment de son calendrier d’application.
A la suite de nombreux échanges au printemps 2025, des évolutions étaient attendues. Dans ce contexte, la DGS nous a communiqué l’instruction du 16 octobre 2025 relative aux actes de biologie médicale et d’anatomopathologie hors nomenclature éligibles au financement au titre des missions spécifiques, aux règles de facturation de ces actes et aux modalités de délégation associées qui a été modifiée. Comme annoncé lors des échanges avec les fédérations hospitalières, elle vient actualiser celle du 16 avril 2018 (voir dépêche du 1er mars 2018).
Le principe reste le même : le prescripteur est financé au titre des missions spécifiques et l’effecteur adresse une facture au prescripteur.
Cette instruction ne règle pas la problématique liée à la juste dimension de l’enveloppe. Elle rappelle en effet que la dotation au titre de la mission spécifique « actes hors nomenclature » « est une enveloppe de crédits limitative. La répartition de cette dotation entre les établissements de santé participant à cette mission spécifique est calculée à l’aide des données d’activité remontées par les établissements. »
L’instruction mise à jour ajoute que le logiciel dédié de remontée de l’activité hors nomenclature (actuellement un FICHSUP) est mis à jour avec les nouvelles listes dès que ceci est possible. À noter que depuis 2024, le RIHN et la Liste Complémentaire (LC) sont regroupés au sein d’une liste unique : la liste des actes hors nomenclature (LAHN) publiée sur le site internet du ministère chargé de la santé.
- Conditions du financement (le mécanisme ne change pas par rapport à l’instruction de 2018, mais…)
La participation à la mission spécifique est financée sous certaines conditions.
Dans les cas où l’acte est prescrit et réalisé dans le même établissement de santé, il est éligible à un financement par cette dotation. Dans les cas où l’acte est prescrit et réalisé dans des établissements de santé distincts, il peut également être financé par cette dotation.
Dans chacun des deux cas précédents, l’acte peut être financé si le patient est en consultation externe, en prestation hospitalière sans hospitalisation ou en prestation hospitalière avec hospitalisation.
Cependant, un décret modificatif, en cours de finalisation, devrait être publié avant la fin de l’année 2025. Ce décret intégrera, comme annoncé dans le cadre des échanges de ce printemps 2025 avec les fédérations hospitalières, une nouvelle définition de la décote du financement ramenée à 10 % au lieu de 20% et modifiant ainsi le calendrier de ladite décote.
Ce décret attendu viendra ainsi amender le décret n° 2024-290 du 29 mars 2024 relatif aux conditions de prise en charge des actes innovants de biologie ou d’anatomopathologie hors nomenclatures qui a précisé les critères d’éligibilité, les modalités d’inscription, la procédure d’actualisation, les délais associés et les modalités de radiation des actes de la liste et créer les articles R. 162–122 et suivants du code de la sécurité sociale au sein d’une nouvelle section 15 « Prise en charge des actes innovants de biologie ou d’anatomopathologie » : A compter du 1er janvier 2025, et sauf en cas d’avis favorable de la HAS sur une demande de prise en charge ou de remboursement par l’Assurance maladie, la valorisation unitaire maximale applicable pour la prise en charge de ces actes inscrits à titre dérogatoire, se voit appliquer, par rapport à l’année précédente, un abattement égal à 20% de la valorisation fixée pour l’année 2024.
C’est ce taux de 20% qui doit être ramené à 10% et selon le nouveau calendrier suivant :

- Règles de facturation aux établissements de santé et aux patients (changement par rapport à l’instruction de 2018)
Dans le cas où l’acte est prescrit et réalisé dans des établissements de santé distincts, si les actes hors nomenclature prescrits sont éligibles au financement par la dotation au titre de la mission spécifique tel que détaillé au paragraphe 2.b de la présente instruction, l’établissement prescripteur peut demander un financement. Cette demande de financement est effectuée à l’aide du logiciel dédié de remontée de l’activité.
La phrase, « L’établissement qui a réalisé tout ou partie d’une ou plusieurs phases de l’acte pour l’établissement prescripteur — dit établissement effecteur — peut adresser une facture à l’établissement prescripteur pour couvrir les coûts de réalisation de la ou des phase(s) de l’acte effectuées dans son établissement, sur la base des dernières valorisations indicatives des listes publiées sur le site internet du ministère chargé de la santé. »
Remplace celle figurant dans l’instruction de 2018 :
« L’établissement qui a réalisé tout ou partie d’une ou plusieurs phases de l’acte pour l’établissement prescripteur – dit établissement effecteur – peut adresser une facture à l’établissement prescripteur pour couvrir les coûts de réalisation de la ou des phase(s) de l’acte effectuées dans son établissement, sur la base des valorisations indicatives figurant sur les listes publiées sur le site du ministère chargé de la santé. ».
Ce changement rédactionnel traduit le fait que le ministère ne procèdera plus à de publications annuelles des tarifs des actes, exception faite pour l’année de leur inscription.
En effet, les tarifs « décotés » à venir servent uniquement en application des textes à la valorisation de la MERRI et non pour définir leurs coûts de production et/ou de facturation des prestations.
Il faut souligner que ces décotes n’engendrent pas de diminution de l’enveloppe nationale RIHN. Les effets revenus pour chaque établissement dépendront donc de leur case-mix des actes RIHN (actes décotés et non décotés)
- Principes de délégation du financement (changements par rapport à l’instruction de 2018)
La dotation au titre de la mission spécifique « actes hors nomenclature » est toujours déléguée dans le cadre des circulaires ministérielles relatives aux campagnes tarifaires et budgétaires des établissements de santé. Néanmoins, elle est désormais déléguée pour première moitié dans le cadre de la première circulaire de l’année civile et pour seconde moitié dans le cadre de la deuxième circulaire. Précédemment, elle était généralement déléguée dans son intégralité dans le cadre de la première circulaire de l’année civile mais pouvait être également déléguée dans le cadre des deuxième et/ou troisième circulaires.
Comme indiqué plus haut, cette dotation est une enveloppe de crédits limitative et la répartition de cette dotation entre les établissements de santé participant à cette mission d’intérêt général est calculée à l’aide des données d’activité remontées par les établissements de santé.
L’instruction précise enfin que la délégation de financement 2025 suivra ces mêmes principes et permettra la délégation des crédits aux établissements de santé sur la base de l’activité déclarée pour 2024. À noter que le financement des actes dits du « RIHN 2.0 » suivent les mêmes principes de facturation et de délégation du financement.
Nous vous invitons à consulter l’instruction pour plus d’informations.
Thomas GRAFFIN (thomas.graffin.mco@fhp.fr), délégué aux affaires juridiques et fiscales, est à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.
Restant à votre écoute,
Bien cordialement,
Thierry BECHU
Délégué Général FHP-MCO