Maladie chronique la plus fréquente en France touchant plus de dix millions de personnes en moyenne, l’hypertension artérielle ou « HTA » est l’un des principaux facteurs de risque d’infarctus du myocarde ou d’AVC. Quels sont les symptômes évocateurs ? Quelles sont les facteurs déclencheurs possibles ? Comment la traiter ? Faisons le point.

Qu’est-ce que l’hypertension artérielle ou « HTA » ?
La pression artérielle correspond à la force exercée par le sang sur la paroi des artères. Elle s’exprime à l’aide de deux valeurs : la pression systolique, mesurée lors de la contraction du cœur, et la pression diastolique, relevée lorsque le cœur se relâche entre deux battements.
On parle d’hypertension artérielle lorsque les chiffres de pression artérielle restent durablement élevés à savoir :
- Une élévation de la pression artérielle systolique à 14 cmHg (140 mmHg) ou plus ;
- Ou une élévation de la pression artérielle diastolique à 9 cmHg (90 mmHg) ou plus ;
Il faut que ces mesures soient constatées à plusieurs reprises, lors de trois consultations successives sur une période de trois à six mois en moyenne.
Quelles sont les principales causes de l’hypertension ?
Dans la majorité des cas, l’hypertension artérielle est dite « essentielle », c’est-à-dire qu’aucune raison n’explique cette hausse de la tension.
Plusieurs facteurs peuvent toutefois favoriser son apparition :
- Le vieillissement ;
- Les antécédents familiaux ;
- Le surpoids ou l’obésité ;
- Une consommation excessive de sel ou d’alcool ;
- Le manque d’activité physique ;
- Le tabagisme ;
- Le stress ;
- Certaines maladies chroniques tels que le diabète ou les maladies rénales.
Plus rarement, l’hypertension artérielle peut aussi être secondaire et être liée à une autre pathologie pouvant être endocrinienne, rénale ou vasculaire. La prise de certains médicaments peut également favoriser une élévation de la tension comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les corticoïdes ou bien les contraceptifs hormonaux.
Comment mesurer correctement la tension artérielle ?
Au cabinet médical, la tension est généralement mesurée avec un tensiomètre électronique ou manuel. Pour obtenir des résultats fiables, le patient doit être installé au calme depuis quelques minutes, en position assise, avec le bras soutenu à hauteur du cœur.
Une automesure peut également être réalisée à domicile. Elle permet d’obtenir des valeurs plus représentatives du quotidien du patient. Il est dans ce cas recommandé d’effectuer plusieurs mesures au cours de la journée pendant minium trois jours consécutifs. Ces mesures doivent idéalement être prises au repos, dans un environnement calme et avant la prise des médicaments antihypertenseurs.
Dans certains cas, un holter tensionnel peut également être prescrit. Cet appareil enregistre automatiquement la pression artérielle sur vingt-quatre heures, y compris pendant le sommeil. Il aide notamment à repérer certaines variations de tension ou des hypertensions dites « masquées », qui passent parfois inaperçues lors d’une consultation classique. L’interprétation des résultats doit toujours tenir compte du profil du patient, de son âge, de ses facteurs de risque associés et d’éventuelles atteintes d’organes cibles.
Quels sont les signes évocateurs d’une hypertension artérielle ?
Chez certains patients, l’HTA est asymptomatique, c’est notamment ce qui la rend dangereuse car elle est présente sans faire de bruit. Chez d’autres, les symptômes se caractériser par :
- Des maux de tête ;
- Des vertiges ;
- Des bourdonnements dans les oreilles ;
- Des troubles visuels ;
- Des palpitations ;
- Une sensation d’oppression thoracique.
Dans certains cas, une hypertension sévère ou mal contrôlée peut entraîner des complications aiguës nécessitant une prise en charge rapide. Une poussée hypertensive importante peut s’accompagner de céphalées intenses, de douleurs thoraciques, d’un essoufflement, de troubles neurologiques ou visuels.
À plus long terme, une hypertension non traitée augmente notamment le risque :
- D’accident vasculaire cérébral (AVC) ;
- D’infarctus du myocarde ;
- D’insuffisance cardiaque ;
- D’insuffisance rénale chronique ;
- D’atteinte des artères périphériques ;
- De rétinopathie hypertensive.
Il est donc essentiel de mesurer régulièrement sa tension lorsque l’on se rend chez son médecin, y compris chez les patients ne présentant aucun symptôme particulier.
Comment traiter l’hypertension artérielle ?
La prise en charge de l’hypertension artérielle repose sur une approche globale associant un suivi médical régulier, la prise d’un traitement médicamenteux ainsi que la mise en place de mesures hygiéno-diététiques comprenant :
- Une alimentation équilibrée ;
- Une réduction de sa consommation de sel ;
- Une perte de poids en cas de surcharge pondérale ;
- La pratique d’une activité physique régulière afin de réduire la sédentarité ;
- L’arrêt du tabac ;
- Une limitation de sa consommation d’alcool.
Chez certains patients présentant une HTA modérée sans complication, ces mesures peuvent parfois suffire à améliorer la tension.
Lorsque la tension reste élevée ou que le risque cardiovasculaire est important, un traitement antihypertenseur s’avère alors nécessaire. Il existe cinq classes thérapeutiques dont les propriétés antihypertensives passent par des mécanismes d’action différents :
- Les diurétiques thiazidiques favorisent l’élimination de l’eau et du sel par les reins.
- Les inhibiteurs calciques favorisent le relâchement des artères (vasodilatation), et conduisent ainsi à une diminution de la pression que la circulation sanguine exerce sur leurs parois.
- Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) et les inhibiteurs des récepteurs de l’angiotensine 2 (ARA2) contrent à différents niveaux l’action du système rénine-angiotensine qui régule la pression artérielle et l’équilibre en eau et en sodium dans le sang.
- Les bêtabloquants diminuent la fréquence cardiaque – et par ricochet la tension artérielle.
- Des antihypertenseurs d’action centrale régulent la tension artérielle au niveau cérébral, mais sont moins utilisés car moins bien tolérés.
Le choix du traitement dépend de nombreux paramètres : âge du patient, antécédents cardiovasculaires, présence d’un diabète, atteinte rénale ou tolérance aux médicaments.
L’observance thérapeutique représente un enjeu majeur. L’absence de symptôme peut conduire certains patients à interrompre leur traitement malgré un risque cardiovasculaire persistant. Le rôle des professionnels de santé apparaît donc essentiel afin d’expliquer les objectifs thérapeutiques, encourager le suivi régulier et accompagner les changements de mode de vie.
Grâce à une prise en charge adaptée et à un contrôle tensionnel efficace, il est aujourd’hui possible de réduire significativement le risque de complications liées à l’hypertension artérielle.
Céline KERUZORE
Sources :
https://www.vidal.fr/maladies/coeur-circulation-veines/hypertension-arterielle.html
https://www.inserm.fr/dossier/hypertension-arterielle-hta/
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S266647982500093X
https://www.fo-rothschild.fr/patient/actes-medicaux/holter-tensionnel