Simplification des conditions d’exercice par les sages-femmes de la pratique des IVG instrumentales en établissement de santé

Décret n° 2024–367 du 23 avril 2024 modifiant les conditions d’exercice par les sages-femmes de
la pratique des interruptions volontaires de grossesse instrumentales en établissement de santé

Le décret n° 2024–367 du 23 avril 2024 mod­i­fi­ant les con­di­tions d’exercice par les sages-femmes de la pra­tique des inter­rup­tions volon­taires de grossesse instru­men­tales en étab­lisse­ment de san­té sim­pli­fie les modal­ités de pra­tique de l’interruption volon­taire de grossesse (IVG) instru­men­tale par les sages-femmes en étab­lisse­ment.
A titre de rap­pel, le décret n°2023–1194 du 16 décem­bre 2023 relatif à la pra­tique des inter­rup­tions volon­taires de grossesse instru­men­tales par les sages-femmes en étab­lisse­ment de san­té a créé les arti­cles D. 2212–8 et D. 2212–8‑1 du code de la san­té publique.

Les sages-femmes effec­tu­ant des IVG par méth­ode instru­men­tale devaient répon­dre à des con­di­tions de déten­tion de diplômes, d’expérience pro­fes­sion­nelle et de for­ma­tions théorique et pra­tique. L’or­gan­i­sa­tion de l’étab­lisse­ment de san­té devait égale­ment per­me­t­tre l’in­ter­ven­tion, sur site et dans des délais com­pat­i­bles avec les impérat­ifs de sécu­rité des soins, d’un médecin com­pé­tent en matière d’IVG par méth­ode instru­men­tale, d’un gyné­co­logue-obstétricien et d’un anesthé­siste-réan­i­ma­teur. L’organisation devait per­me­t­tre la prise en charge, sur site ou par con­ven­tion avec un autre étab­lisse­ment de san­té, des emboli­sa­tions artérielles, dans des délais com­pat­i­bles avec les impérat­ifs de sécu­rité des soins, par des médecins jus­ti­fi­ant d’une for­ma­tion et d’une expéri­ence dans la pra­tique de ces actes.

Selon le Con­seil nation­al de l’ordre des sages-femmes, « Ce texte [lim­i­tait] con­sid­érable­ment la par­tic­i­pa­tion des sages-femmes à l’IVG instru­men­tale en imposant la présence de trois médecins sur site mais égale­ment d’un médecin en capac­ité de réalis­er des emboli­sa­tions artérielles, présents unique­ment dans les très grands étab­lisse­ments de san­té, des con­di­tions qui ne sont pas req­ui­s­es lorsque ce sont les médecins qui réalisent des IVG instru­men­tales ou lors des accouche­ments, dont le risque hémor­rag­ique est pour­tant bien supérieur. » Il ajoutait qu’ « Out­re une remise en ques­tion tacite des com­pé­tences des sages-femmes à réalis­er ce geste, ces con­di­tions extrême­ment restric­tives lim­i­tent d’ores et déjà le nom­bre d’étab­lisse­ments où les sages-femmes peu­vent exercer cette com­pé­tence, notam­ment dans les ter­ri­toires les plus frag­iles, vidant ain­si cette mesure de son sens ».

Madame Cather­ine VAUTRIN, min­istre du Tra­vail, de la San­té et des Sol­i­dar­ités, a recon­nu que ce décret était « très com­pliqué » et avait pris l’engagement d’ouvrir « une large con­cer­ta­tion afin de réécrire ce texte pour sim­pli­fi­er les con­di­tions de déploiement du dis­posi­tif tout en garan­tis­sant la qual­ité et la sécu­rité de la prise en charge ».
Désor­mais et depuis la pub­li­ca­tion au Jour­nal offi­ciel du décret du 23 avril 2024, la sage-femme effec­tu­ant des IVG par méth­ode instru­men­tale en étab­lisse­ment de san­té doit jus­ti­fi­er d’une com­pé­tence pro­fes­sion­nelle adap­tée qui est attestée par le suivi d’une for­ma­tion théorique et pra­tique à l’IVG par méth­ode instru­men­tale et à la con­duite à tenir en cas de com­pli­ca­tions liées à l’IVG.

Le directeur de l’étab­lisse­ment de san­té au sein duquel est réal­isée la for­ma­tion pra­tique remet une attes­ta­tion de for­ma­tion à la sage-femme, sur jus­ti­fi­catif du respon­s­able médi­cal du ser­vice.

Pour mémoire, et comme indiqué dans la dépêche en date du 8 mars 2024, l’arrêté du 1er mars 2024 mod­i­fi­ant l’arrêté du 26 févri­er 2016 relatif aux for­faits afférents à l’interruption volon­taire de grossesse a reval­orisé cer­tains des for­faits afférents à l’IVG.
Thomas GRAFFIN (thomas.graffin.mco@fhp.fr) est à votre dis­po­si­tion pour tout ren­seigne­ment com­plé­men­taire.

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Décret n° 2024–367 du 23 avril 2024 mod­i­fi­ant les con­di­tions d’exercice par les sages-femmes de la pra­tique des inter­rup­tions volon­taires de grossesse instru­men­tales en étab­lisse­ment de san­té