Ouverture du parcours de soins global aux personnes traitées pour un cancer
Nous vous détaillions dans la dépêche expert n°600 du 5 janvier 2021 les modalités de mise en œuvre du parcours de soins global après le traitement d’un cancer. Ce parcours concernait jusqu’à maintenant seulement l’après traitement du cancer.
Un décret publié au Journal officiel (JO) du 14 février 2026 et un arrêté publié au JO du 30 avril 2026 élargissent le parcours concernant les personnes traitées pour un « cancer ». La patientèle « cible » au parcours de la prise en charge du cancer va désormais du « lancement » du traitement à la période « post cancer ».
Pour mémoire, vous trouverez ci-après le détail des conditions de prescription des prestations composant ce parcours et les modalités de conventionnement.
- I. Contenu du parcours
En fonction des besoins du patient, le cancérologue, pédiatre ou médecin traitant peut prescrire, pour une durée pouvant aller jusqu’à un an après la fin du traitement du cancer, un parcours individualisé de soins global composé de tout ou partie des prestations suivantes :
- un bilan d’activité physique, qui donne lieu à l’élaboration d’un projet d’activité physique adaptée ;
- un bilan diététique ;
- un bilan psychologique ;
- des consultations de suivi diététiques et psychologiques.
Le parcours est dispensé dans l’année qui suit la réalisation du premier bilan.
Les patients concernés sont ceux ayant été reconnus atteints d’une des affections, comportant un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse, inscrites sur la liste prévue à l’article D. 160–4 du code de la sécurité sociale.
- II. Conditions d’éligibilité des établissements de santé au parcours
Pour la mise en œuvre de ce parcours, des conventions sont conclues entre le directeur général de l’agence régionale de santé (DG ARS) et les structures qui sont volontaires pour participer à ce dispositif et sont en mesure d’organiser l’ensemble des prestations susmentionnées, d’assurer le recueil des données nécessaires à l’évaluation qualitative et quantitative du dispositif et leur transmission à l’ARS, et de rémunérer l’équipe pluridisciplinaire réalisant les prestations.
En vue du conventionnement, ces structures communiquent à l’ARS les titres de formation des professionnels qui interviennent en leur sein.
La convention précise les modalités de financement, par l’ARS, de la structure. Elle précise également les informations transmises par cette structure au médecin prescripteur et au médecin traitant du patient, avec l’accord de celui-ci, ainsi qu’à l’ARS pour l’évaluation territoriale du dispositif.
Nous vous invitons à vous rapprocher de vos ARS pour savoir si des appels à candidatures vont être organisés pour les établissements de santé intéressés.
- III. Professionnels de santé concernés et respect des bonnes pratiques professionnelles
Les professionnels intervenant dans le cadre du parcours sous la responsabilité des structures sont :
- les diététiciens, qui doivent justifier de l’un des diplômes mentionnés aux articles L. 4371–2 et L. 4371–3 du CSP ou titulaires de l’autorisation prévue à l’article L. 4371–4 ou mentionnées à l’article L. 4371–7 ;
- les professionnels de l’activité physique adaptée, mentionnés à l’article D. 1172–2 du code de la santé publique, qui doivent justifier des diplômes, certificats ou titres énumérés au même article et exercer dans les conditions d’intervention définies à l’article D. 1172–3 du code de la santé publique ;
- les psychologues, justifiant d’une inscription sur le registre ADELI, d’un diplôme de psychologie avec un parcours à dominante psychologie clinique ou psychopathologie ou d’un diplôme de psychologie avec une expérience professionnelle de plus de 5 ans dans l’un au moins de ces champs disciplinaires.
Pour les professionnels non salariés intervenant au sein des structures, le contrat type, prévu à l’article R. 1415–1‑13 du code de la santé publique, figure en annexe 1 de l’arrêté du 24 décembre 2020.
- IV. Montant des bilans, prescriptions et consultations par patient et par an
Pour chaque personne suivie dans le cadre du parcours, les médecins prescrivent un ensemble de bilans et consultations dans la limite d’un montant maximal de 195 euros par patient et par an. Ce montant, auparavant fixé à 180 euros, a été fixé à la hausse par l’arrêté du 27 avril 2026.
En conséquence, l’ARS verse aux structures pour la réalisation de ces bilans et consultations un montant dans cette même limite.
Dans le cadre du parcours, le tarif maximal spécifique pour un des bilans s’élève à 45 euros pour un bilan d’une heure. Le tarif maximal spécifique pour une consultation de suivi diététique ou psychologique s’élève à 22,50 euros pour une consultation d’une demi-heure.
- V. Nombre de consultations de suivi diététiques ou psychologiques par patient et par an
Dans la limite du montant maximal global de 195 euros, le parcours de soins global pour les personnes recevant ou ayant reçu un traitement pour un cancer comporte au maximum six consultations de suivi diététiques ou psychologiques.
- VI. Indicateurs à transmettre par l’établissement de santé
La convention entre le DG ARS et la structure prévoit la transmission annuelle par les structures aux ARS des indicateurs prévus en annexe 2 de l’arrêté du 24 décembre 2020 susmentionné.
La remontée d’informations et le traitement administratif du dispositif réalisés par la structure sont rémunérés à hauteur de 15 euros.
Pour votre bonne information, la Direction de la sécurité sociale nous a indiqué qu’une instruction viendra préciser les modalités d’application de ce parcours global. Cette instruction pourra, le cas échéant, faire l’objet d’une concertation avec les ARS, et ainsi répondre précisément aux interrogations soulevées.
Le Dr Matthieu DERANCOURT (matthieu.derancourt.mco@fhp.fr), médecin conseil, et Thomas GRAFFIN (thomas.graffin.mco@fhp.fr), délégué aux affaires juridiques et fiscales, sont à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.
Restant à votre écoute,
Bien cordialement,
Thierry BECHU
Délégué Général FHP-MCO
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