Les cen­tres de con­sul­ta­tions de soins non pro­gram­més se sont imposés dans le paysage san­i­taire sans véri­ta­ble cadre juridique, au gré des besoins des ter­ri­toires et des ini­tia­tives des acteurs. Le rap­port de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) pro­pose aujourd’hui d’en clar­i­fi­er le statut.

La FHP-MCO partage l’objectif de lis­i­bil­ité, mais alerte con­tre le risque d’un empile­ment régle­men­taire qui viendrait frag­ilis­er des organ­i­sa­tions utiles et déjà éprou­vées.

Nos travaux, con­duits en 2023 et 2025, recensent 102 cen­tres adossés à des clin­iques et hôpi­taux privés, accueil­lant plus de 1,3 mil­lion de patients. La très grande majorité existe au sein de clin­iques et hôpi­taux privés qui ne dis­posent pas d’activité de médecine d’urgence. Ces struc­tures répon­dent pour­tant à un besoin réel : prise en charge rapi­de, plateau tech­nique de prox­im­ité, accès à l’imagerie et à la biolo­gie, ori­en­ta­tion sécurisée vers l’hospitalisation lorsque néces­saire. Moins de 10 % des patients sont hos­pi­tal­isés après pas­sage, signe d’un rôle de fil­tre per­ti­nent pour les urgences.

L’Igas souligne à juste titre l’opacité sta­tis­tique liée à l’absence de numéro FINESS et la néces­sité d’une meilleure artic­u­la­tion ter­ri­to­ri­ale. Nous y sommes favor­ables. La FHP-MCO a d’ailleurs invité depuis tou­jours ses adhérents à référencer leurs cen­tres sur Santé.fr afin d’améliorer l’information du pub­lic et la coor­di­na­tion avec le ser­vice d’accès aux soins.

Pour autant, réguler ne doit pas sig­ni­fi­er uni­formiser ni décourager. La recon­nais­sance spé­ci­fique des cen­tres dis­posant d’un plateau tech­nique et inter­venant en com­plé­men­tar­ité des urgences est essen­tielle car ils appor­tent un ser­vice glob­al à la pop­u­la­tion. La plan­i­fi­ca­tion par les ARS doit garan­tir la cohérence de l’offre sans bris­er des dynamiques vertueuses.

Dans un con­texte de pénurie médi­cale et de ten­sion hos­pi­tal­ière, cass­er ces ser­vices reviendrait à affaib­lir la réponse apportée à des mil­lions de patients. La lis­i­bil­ité est néces­saire mais n’ajoutons pas une feuille de plus au mille­feuille.

Frédérique Gama
Prési­dente de la FHP-MCO