Orientations nationales pour la déclinaison des parcours d’interruption spontanée de grossesse

La loi n°2023–567 du 7 juil­let 2023 visant à favoris­er l’ac­com­pa­g­ne­ment psy­chologique des femmes vic­times de fausse couche a créé un arti­cle L. 2122–6 au sein du code de la san­té publique prévoy­ant qu’à compter du 1er sep­tem­bre 2024 « Chaque agence régionale de san­té met en place un par­cours qui asso­cie des pro­fes­sion­nels médi­caux et des psy­cho­logues hos­pi­tal­iers et libéraux, dans le cadre d’une approche pluridis­ci­plinaire visant à mieux accom­pa­g­n­er les femmes et, le cas échéant, leur parte­naire con­fron­tés à une inter­rup­tion spon­tanée de grossesse. […] »

Ce par­cours, visant à sys­té­ma­tis­er l’in­for­ma­tion des femmes et, le cas échéant, de leur parte­naire sur le phénomène d’in­ter­rup­tion spon­tanée de grossesse, sur les pos­si­bil­ités de traite­ment ou d’in­ter­ven­tion et sur les dis­posi­tifs de suivi médi­cal et d’ac­com­pa­g­ne­ment psy­chologique disponibles, a pour objec­tifs :

  • de dévelop­per la for­ma­tion des pro­fes­sion­nels médi­caux sur les con­séquences psy­chologiques des inter­rup­tions spon­tanées de grossesse ;
  • d’amélior­er l’ori­en­ta­tion des femmes et, le cas échéant, de leur parte­naire qui y sont con­fron­tés ;
  • de faciliter leur accès à un suivi psy­chologique ;
  • et d’amélior­er le suivi médi­cal des femmes qui ont subi une inter­rup­tion spon­tanée de grossesse.

A été pub­lié au Bul­letin offi­ciel du 14 août 2024 une note d’information n° DGOS/P1/2024/119 du 26 juil­let 2024 rel­a­tive aux ori­en­ta­tions nationales pour la décli­nai­son des par­cours d’interruption spon­tanée de grossesse prévus par la loi n° 2023–567 du 7 juil­let 2023 visant à favoris­er l’ac­com­pa­g­ne­ment des cou­ples con­fron­tés à une inter­rup­tion spon­tanée de grossesse dite fausse couche.

Cette note d’information prévoit que « La mise en place des par­cours régionaux doit per­me­t­tre d’organiser l’offre locale, les rela­tions entre les acteurs ain­si que leur for­ma­tion et leur sen­si­bil­i­sa­tion pour assur­er aux femmes et, le cas échéant à leur parte­naire : »

  • un traite­ment bien­veil­lant et une réponse adap­tée à leurs besoins d’information ;
  • une homogénéité de traite­ment prenant en compte les élé­ments de com­plex­ité ou de fragilité par­ti­c­uliers de cer­tains par­cours ;
  • une coor­di­na­tion de la prise en charge.

Cet objec­tif peut se traduire à des actions au niveau région­al et au niveau des étab­lisse­ments de san­té. Au niveau région­al, tous les étab­lisse­ments de san­té autorisés à la gyné­colo­gie-obstétrique ont voca­tion à pren­dre en charge les inter­rup­tions spon­tanées de grossesse. La note d’information pré­cise qu’il peut être utile de recenser ceux qui ont dévelop­pé une offre spé­ci­fique : soit en ter­mes d’offre de con­sul­ta­tions dédiées, soit en ter­mes de com­plé­tude de l’offre (accès pos­si­ble par exem­ple, en intra hos­pi­tal­ier, à un suivi par des psy­cho­logues).

Au niveau des étab­lisse­ments de san­té, ceux-ci peu­vent iden­ti­fi­er l’offre de prox­im­ité qui est par­tie prenante de ces par­cours au niveau de leur ter­ri­toire. La note d’information donne l’exemple suiv­ant : « Sur le plan de l’accompagnement psy­chologique […], il est utile que chaque étab­lisse­ment iden­ti­fie les psy­cho­logues libéraux volon­taires de son ter­ri­toire pour inter­venir en appui de la prise en charge des inter­rup­tions spon­tanées de grossesse et en dif­fuse la liste aux femmes à l’issue de leur pas­sage hos­pi­tal­ier. » Les com­mu­nautés pro­fes­sion­nelles ter­ri­to­ri­ales de san­té (CPTS) et les dis­posi­tifs spé­ci­fiques régionaux en péri­na­tal­ité (DSRP) peu­vent con­stituer une ressource à mobilis­er pour la struc­tura­tion du parte­nar­i­at ville-hôpi­tal (voir en ce sens la dépêche expert n°768 en date du 24 août 2023 rédigée à la suite de la pub­li­ca­tion au Bul­letin offi­ciel de l’instruction n° DGOS/R3/DGS/SP1/2023/122 du 3 août 2023 rel­a­tive à l’actualisation des mis­sions des dis­posi­tifs spé­ci­fiques régionaux en péri­na­tal­ité).

La struc­tura­tion de la prise en charge des inter­rup­tions spon­tanées de grossesse peut pass­er par l’élaboration, par chaque étab­lisse­ment de san­té autorisé à la gyné­colo­gie-obstétrique, de pro­to­coles pré­cisant les modal­ités de prise en charge médi­cale et psy­chologique à dif­fuser aux pro­fes­sion­nels mobil­isés en interne (gyné­co­logues, sages-femmes, psy­cho­logues, assis­tantes sociales, anesthé­sistes-réan­i­ma­teurs, etc.) mais égale­ment plus large­ment aux pro­fes­sion­nels de pre­mier recours dans le but de pris­es en charge partagées et de la mon­tée en com­pé­tence de tous.

Les ARS pour­ront accom­pa­g­n­er, le cas échéant par l’intermédiaire de leur DSRP, les amé­nage­ments d’organisation éventuelle­ment néces­saires pour opti­miser ces par­cours.

Une réflex­ion devra être con­duite locale­ment sur les besoins spé­ci­fiques des pro­fes­sion­nels du ter­ri­toire con­cer­nant les pris­es en charge des inter­rup­tions spon­tanées de grossesse et les moyens d’y répon­dre.

Nous vous invi­tons à pren­dre con­nais­sance de la total­ité de cette note d’information.

Thomas GRAFFIN (thomas.graffin.mco@fhp.fr) a la charge de ce dossier.

A télécharger

NOTE D’INFORMATION N° DGOS/P1/2024/119 du 26 juil­let 2024 rel­a­tive aux ori­en­ta­tions nationales pour la décli­nai­son des par­cours d’interruption spon­tanée de grossesse prévus par la loi n° 2023–567 du 7 juil­let 2023 visant à favoris­er l’ac­com­pa­g­ne­ment des cou­ples con­fron­tés à une inter­rup­tion spon­tanée de grossesse dite fausse couche