Égale­ment appelé « AVF », l’algie vas­cu­laire de la face est une mal­adie mécon­nue pour le grand pub­lic. Elle se car­ac­térise par des douleurs vives au niveau du vis­age et prin­ci­pale­ment près des yeux. À quoi est dû ce trou­ble ? Com­ment le pren­dre en charge pour soulager les patients ? Faisons le point.

Qu’entendons-nous par « algie vasculaire de la face » ?

L’AVF est une douleur d’origine neu­ro-vas­cu­laire. C’est la forme la plus sévère de céphalées. La douleur, à la fois vive et aiguë, appa­raît générale­ment de façon uni­latérale et d’un seul côté du vis­age. Elle se pro­duirait en rai­son d’un dys­fonc­tion­nement d’origine géné­tique de l’hypothalamus, qui provo­querait l’activation de la douleur. Les per­son­nes touchées ont fait face à des années d’errance de diag­nos­tic en rai­son de ce mal, peu con­nu et donc peu repéré lors des con­sul­ta­tions. Les partages d’expériences de patients ont per­mis pro­gres­sive­ment de col­lecter des don­nées et petit à petit, de mieux cern­er les symp­tômes, pour une meilleure prise en charge glob­ale.

L’Al­gie Vas­cu­laire de la Face se présente sous deux formes :

- Une forme épisodique (dans 80% des cas) : Les crises ont lieu sur une péri­ode don­née (plusieurs semaines d’affilées) avec des péri­odes de répit, allant de quelques mois à quelques années.

- Une forme chronique (dans 10 à 20% des cas) : Les crises sont récur­rentes (depuis plusieurs mois) et sans péri­ode de rémis­sion.

Selon les sta­tis­tiques de l’Assurance Mal­adie, 120 000 per­son­nes en seraient atteintes. Cette patholo­gie altère grande­ment la qual­ité de vie de ceux qui en souf­frent. La crise appa­rais­sant en quelques min­utes et pou­vant attein­dre une inten­sité extrême de douleur, il est dif­fi­cile de vivre avec cette patholo­gie au quo­ti­di­en.

11 symptômes associés :

  • Une sen­sa­tion de broiement au niveau de l’œil.
  • Un gon­fle­ment de la par­tie con­cernée du vis­age.
  • Des lar­moiements.
  • Une con­ges­tion et/ou un écoule­ment nasal.
  • Un œdème et/ou un affaisse­ment de la paupière.
  • Des rougeurs local­isées.
  • Un début de con­jonc­tivite.
  • Un œdème de la paupière.
  • Une sen­sa­tion de brûlure et de picote­ments.
  • Une sen­si­bil­ité à la lumière.
  • Une douleur telle­ment intense, qu’elle est qua­si insup­port­able.

Dans les formes les plus sévères, cette douleur peut égale­ment s’ac­com­pa­g­n­er du syn­drome appelé « Claude Bernard-Horner » qui com­prend une chute de la paupière du même côté, un œil ren­tré ain­si qu’une pupille con­trac­tée.

Une crise peut dur­er de quelques min­utes à plusieurs heures. La douleur est si aiguë qu’elle s’accompagne très sou­vent de pen­sées sui­cidaires. La fréquence des crises est égale­ment très vari­able. Elles peu­vent se repro­duire pen­dant plusieurs mois d’af­filée et être suiv­ies d’une péri­ode d’accalmie de plusieurs ou années dans le meilleur des cas. 

Qui est concerné par cette pathologie ?

Si pen­dant de nom­breuses années, cette mal­adie a été très dif­fi­cile à com­pren­dre et à diag­nos­ti­quer, les recherch­es effec­tuées per­me­t­tent aujourd’hui de définir cer­tains fac­teurs pré­dom­i­nants à pren­dre en compte.

La pop­u­la­tion con­sid­érée à risque com­prend notam­ment :

  • Les per­son­nes âgées entre 20 et 30 ans sont les plus exposées.
  • Les hommes sont plus à risque que les femmes.
  • La con­som­ma­tion d’alcool con­stitue un fac­teur de risque.
  • Un som­meil irréguli­er.
  • Le stress.
  • La con­som­ma­tion de tabac exposerait égale­ment les fumeurs.

 Comment la dépister pour mieux la prendre en charge ?

L’établissement du diag­nos­tic est fait par un neu­ro­logue. Pour dépis­ter une Algie Vas­cu­laire de la Face, dif­férents critères sont analysés, à savoir :

  • 1er critère : Le patient doit avoir subi au moins 5 crises.
  • 2e critère : La douleur doit être local­isée sur une par­tie du vis­age, vio­lente et dur­er entre 15 min­utes et 3 heures env­i­ron.
  • 3e critère : La douleur doit être asso­ciée avec au moins un des signes suiv­ants : lar­moiement ou nar­ine bouchée ou écoule­ment nasal, tran­spi­ra­tion du front et de la face ou encore une chute de la paupière, un œdème de la paupière ain­si qu’une pupille con­trac­tée.
  • 4e critère : La fréquence des crises doit se situer en moyenne entre 1 à 8 par jour.
  • 5e critère : L’ex­a­m­en clin­ique et neu­rologique ne sug­gèrent pas que la mal­adie soit liée à un désor­dre organique.

Si le diag­nos­tic repose essen­tielle­ment sur la descrip­tion des symp­tômes par le patient, un exa­m­en clin­ique est réal­isé ain­si qu’une IRM (imagerie par réso­nance mag­né­tique) de la tête afin d’exclure une toute autre cause comme une tumeur ou une autre anom­alie par exem­ple qui entraîn­eraient des maux de tête liés.

Quel est le traitement préconisé ?

La prise en charge repose essen­tielle­ment sur la ges­tion, voire la sup­pres­sion de la douleur. Pour y par­venir, il est alors néces­saire de déter­min­er le point de départ de la crise (tête, tempe, œil, etc.).

2 solu­tions pour soulager la douleur intense :

  • La prise d’oxygène avec un masque facial.
  • La prise de médica­ments pour en réduire l’intensité :
    • L’injection d’antidouleurs (une sub­stance anti-migraineuse) avec un sty­lo auto-injecteur. Elle per­met de réduire la taille des vais­seaux san­guins dans le cerveau anor­male­ment dilatés par l’al­gie.
    • L’inhalation d’un anesthésique local par voie nasale.
    • La prise de médica­ments con­tenant des pro­duits stupé­fi­ants.
    • La prise d’anti-inflammatoires.

Lors que ces traite­ments s’avèrent inef­fi­caces, il peut être envis­agé une inter­ven­tion chirur­gi­cale qui con­siste à « décom­press­er » la zone respon­s­able de la crise et donc de la douleur ou à effectuer une neu­rostim­u­la­tion d’un nerf ou d’un gan­glion à l’origine du mal. Toute cette alter­na­tive est encore en phase expéri­men­tale mais s’avère promet­teuse et por­teuse d’espoir pour de nom­breux malades souf­frants de crises sévères.

Comment prévenir une crise ?

Un traite­ment sur le long terme est req­uis afin de prévenir la sur­v­enue de nou­velles crises et si pos­si­ble de les espac­er le plus pos­si­ble. Le choix des médica­ments ain­si que leur dosage est déter­miné par le type des crises subies, leur fréquence et leur inten­sité. 

Sources :