risques et qualité

archives

Mesures du ministère sur la pandémie Grippe H1N1, 25 juin 2009


omme vous le savez, le Gou­verne­ment est par­ti­c­ulière­ment vig­i­lant sur l’évolution de la pandémie de la Grippe H1N1 ou dite Grippe A. De nom­breuses instances et groupes de tra­vail ont été mis en place au sein du Min­istère de la San­té, et notam­ment sur l’organisation des ser­vices de Réan­i­ma­tion. Le groupe de tra­vail « pris­es en charge spé­ci­fiques » d’Organigrippe dédié à la réan­i­ma­tion s’est donc réu­ni à 3 repris­es au cours du mois de juin.

Les travaux de ce groupe s’inscrivent dans une démarche plus générale de mise à jour du guide de recom­man­da­tions sur l’organisation des soins en sit­u­a­tion de pandémie grip­pale (avril 2007) et inté­grant les pris­es en charge ambu­la­toire, pré hos­pi­tal­ière et hos­pi­tal­ière. Cette démarche a débuté en octo­bre 2008 et doit aboutir à la redéf­i­ni­tion de l’ensemble des fich­es du guide.

La FHP-MCO a par­ticipé au groupe « pris­es en charge spé­ci­fiques » dont l’objectif est de prévoir les capac­ités néces­saires en réan­i­ma­tion en cas de pandémie grip­pale, notam­ment l’extension des capac­ités, les moyens humains et matériels néces­saires, et le finance­ment.

Plusieurs pré­con­i­sa­tions ont été faites :

1) en ce qui con­cerne les locaux

 
  • l’extension de capac­ités ne con­cerne que les étab­lisse­ments ayant une réan­i­ma­tion autorisée,
  • les don­nées épidémi­ologiques n’ayant pas été actu­al­isées depuis la grippe avi­aire, les travaux ont porté sur la pos­si­bil­ité de dou­ble­ment de ces capac­ités en cas de pandémie, en ten­ant compte de la dépro­gram­ma­tion de cer­taines activ­ités chirur­gi­cales per­me­t­tant ain­si de libér­er des places :

- en réan­i­ma­tion, mais ce nom­bre sera restreint, la dépro­gram­ma­tion ne libérant que peu de places de réan­i­ma­tion,
— en util­isant les SSPI libérées du fait de la dépro­gram­ma­tion,
— en con­ver­tis­sant les sur­veil­lances con­tin­ues en réan­i­ma­tion, tout en gar­dant cer­tains lits de sur­veil­lance con­tin­ue comme lits d’aval,
— en util­isant cer­taines unités de soins inten­sifs.

 
  • L’organisation des soins en réan­i­ma­tion en secteurs dis­tincts, haute et basse den­sité virale est pro­posée. Les zones de haute den­sité virale accueil­lent les patients grip­pés. Les équipes soignantes sont dédiées à chaque secteur afin de lim­iter la dif­fu­sion virale.

2) en ce qui con­cerne les moyens humains

 
  • le per­son­nel paramédi­cal doit être organ­isé en équipe com­prenant par exem­ple une IDE de réan­i­ma­tion encad­rant une ou deux IDE venant d’autres unités,
  • le per­son­nel médi­cal com­pren­dra un médecin réan­i­ma­teur aidé par un autre médecin pour 8 patients.
 

Ces réan­i­ma­teurs seront :

- En 1ère inten­tion : les médecins ayant une expéri­ence en réan­i­ma­tion (médecins prenant des grades en réan­i­ma­tion, internes ayant validé 2 semes­tres dans un ser­vice de réan­i­ma­tion).
— En 2ème inten­tion : les anesthé­sistes ou réan­i­ma­teurs retraités, et les anesthé­sistes d’autres étab­lisse­ments libérés du fait de la dépro­gram­ma­tion.

 
  • Dans tous les cas, il fau­dra tenir compte des patients hos­pi­tal­isés dans d’autres ser­vices que la réan­i­ma­tion et néces­si­tant donc des soins.
  • Il est néces­saire de prévoir des for­ma­tions « flash » sur l’hygiène pour les médecins et les paramédi­caux non habitués à la réan­i­ma­tion.
  • La Société de Réan­i­ma­tion de Langue Française (SRLF) pré­conise, pour les gestes tech­niques, une for­ma­tion «flash» afin de faciliter l’intégration des per­son­nels dans un milieu qu’ils ne con­nais­sent pas.
 

3) En ce qui con­cerne les matériels

 
  • Le dou­ble­ment des capac­ités en réan­i­ma­tion implique le dou­ble­ment des con­som­ma­bles et des pro­duits phar­ma­ceu­tiques.
  • Il est indis­pens­able de faire un état des lieux des res­pi­ra­teurs exis­tants et d’élaborer un cahi­er des charges ten­ant compte plus par­ti­c­ulière­ment de la per­for­mance des ven­ti­la­teurs, de leur main­te­nance, surtout en péri­ode de pandémie et de leur coût.

En con­clu­sion

 
  • Avant de pour­suiv­re les réflex­ions, il est néces­saire de faire un état des lieux : locaux, pos­si­bil­ité de sec­tori­sa­tion géo­graphique, nom­bre de lits instal­lés, de res­pi­ra­teurs, arrivée de flu­ides, moyens humains médi­caux et paramédi­caux.

La DHOS effectue actuelle­ment une enquête auprès des ARH sur les réan­i­ma­tions, les soins inten­sifs et les unités de sur­veil­lance con­tin­ue. Il a été décidé de com­pléter cette enquête par un ques­tion­naire sur les SSPI. Les répons­es à ces enquêtes devront par­venir au Min­istère pour le 30 juin et les résul­tats seront con­nus pour le 15 juil­let 2009.

 
  • la ques­tion du finance­ment a été abor­dée tant pour les étab­lisse­ments que pour les médecins du fait de la dépro­gram­ma­tion, un groupe a été con­sti­tué au sein du Min­istère sur ce sujet. En ce qui con­cerne le finance­ment des ven­ti­la­teurs, il est pro­posé une enveloppe affec­tée par étab­lisse­ment en fonc­tion des besoins issus de l’enquête.
  • La prochaine réu­nion aura lieu mi-juil­let pour la resti­tu­tion des enquête.

Je ne man­querai pas de vous tenir infor­més des suites de ces travaux.

Restant à votre écoute

Lamine GHARBI
Prési­dent FHP-MCO