Mais où le prési­dent Hol­lande va-t-il trou­ver 50 mil­liards d’eu­ros ? Les experts, dont la Cour des comptes, s’ac­cor­dent à point­er en pre­mier lieu le gise­ment d’é­conomies poten­tielles dans le secteur de la san­té et la gabe­gie du mille-feuilles des col­lec­tiv­ités ter­ri­to­ri­ales. Deux dossiers ultra­sen­si­bles en pleine cam­pagne munic­i­pale. Touche pas à mon hôpi­tal, s’écrie le maire, égale­ment prési­dent du con­seil de sur­veil­lance. Un DG d’ARS par trop dévoué à la défense des deniers et de l’in­térêt publics vient d’en faire les frais, c’est dire ! Touche pas à mes man­dats… des efforts, oui, mais pour les autres. Puisse le récent séjour améri­cain de notre prési­dent lui rap­pel­er com­bi­en Barak Oba­ma s’est bat­tu pour garan­tir à 40 mil­lions d’Améri­cains une sécu­rité sociale alors que nos gou­verne­ments suc­ces­sifs lais­sent périr la nôtre. Puis­sent nos décideurs ne pas per­dre de vue nos hori­zons et défendre les grandes valeurs de sol­i­dar­ité, d’équité et de lib­erté qui nous sont chères. Le non-choix (qui reste un choix !) ou celui à la petite semaine sont les plus coû­teux d’en­tre tous. Au pied du mur, notre secteur a pris une déci­sion grave, pénal­isante, en menaçant de sup­primer les stages d’infirmier(e)s. Sur le ter­rain, nous le savons, vous faites œuvre péd­a­gogique auprès des écoles et des jeunes infirmier(e)s pour les con­va­in­cre qu’une sol­i­dar­ité des acteurs est notre salut. Cer­tains ont reçu des let­tres de sou­tien, d’autres de colère. Nos étab­lisse­ments MCO, SSR, psy ont prou­vé leur esprit d’équipe. L’hos­pi­tal­i­sa­tion privée mérite une médaille d’or après avoir sur­mon­té une bonne quin­zaine d’an­nées d’ef­forts. Touche plus à ma clin­ique !

Lamine GHARBI
Prési­dent du syn­di­cat nation­al FHP-MCO 

 

© Marc Fer­sten

 

Mobil­i­sa­tion des clin­iques… et des infir­mières
C’est con­trainte et for­cée que la pro­fes­sion men­ace de l’ar­rêt des stages d’infirmier(e)s à par­tir du 1er mars. En réac­tion, des organ­i­sa­tions d’infirmier(e)s s’élèvent con­tre cette « prise en otage », mes­sage relayé par les médias pro­fes­sion­nels et la presse régionale, mais qui ont par là même exposé aus­si les enjeux de notre secteur. Nous rap­pelons tous que le gou­verne­ment, seul, est respon­s­able et coupable de cette sit­u­a­tion. La balle est dans son camp et nous atten­dons dans les heures, les jours qui vien­nent, ses répons­es à nos deman­des. Intox : cer­taines organ­i­sa­tions lais­sent enten­dre que, sans sta­giaires, la qual­ité des soins dimin­uerait ! Nous ne seri­ons sim­ple­ment pas aux normes si nous comp­tions sur les sta­giaires pour assur­er la qual­ité et la sécu­rité des soins. À l’in­verse, cer­taines écoles ont man­i­festé spon­tané­ment leur sou­tien : « Sur notre ter­ri­toire, nous entretenons d’ex­cel­lentes rela­tions avec nos écoles d’in­fir­mières. Elles ont com­pris nos enjeux et, spon­tané­ment, ont décroché leur télé­phone pour nous exprimer leur sou­tien. Bien qu’elles recon­nais­saient ne pas pou­voir fonc­tion­ner sans nous, elles nous ont exprimé leur volon­té de con­tin­uer à tra­vailler ensem­ble », déclare Franck Zani­bel­la­to, directeur de la clin­ique de Tour­nan-en-Bry (77). Au comp­teur, 820 étab­lisse­ments sont mobil­isés, soit 80 % du secteur et plus présicé­ment : 74 % MCO, 74 % SSR, 87 % psy.

Les sages-femmes ne désar­ment pas
Elles récla­ment tou­jours haut et fort un statut de prati­cien hos­pi­tal­ier. Selon les organ­isa­teurs, elles étaient entre 2 000 et 5 000 à man­i­fester encore dans les rues de Paris. Leur col­lec­tif souligne « la par­tial­ité des représen­tants du min­istère dans ces réu­nions […]. Depuis le début, ils sem­blent avoir décidé ‘ce qui est bien’ pour les sages-femmes, igno­rant la reven­di­ca­tion de la majorité des sages-femmes en grève depuis qua­tre mois, leur niant la com­pé­tence de décider pour elles-mêmes ».

Le tiers payant général­isé : un dossier miné
La général­i­sa­tion du tiers payant est prévue d’i­ci à 2017 (seuls 35% de médecins le pra­tiquent aujour­d’hui). « Elle con­tribuera à un meilleur accès aux soins, en par­ti­c­uli­er pour les trop nom­breux ménages pour lesquels l’a­vance de frais - avant rem­bourse­ment — con­stitue un frein » répète la min­istre Marisol Touraine. La base ne partage pas cet engoue­ment : 69 % des prati­ciens con­sid­éraient qu’il s’agis­sait « plutôt d’une mau­vaise chose » et 60 % assur­aient ne pas faire con­fi­ance à la min­istre (sondage IFOP/Quotidien du Médecin, jan­vi­er 2014). Aujour­d’hui, tou­jours aucune réponse sur les modal­ités de paiement des prati­ciens. La CSMF plaide pour un paiement dif­féré, après le rem­bourse­ment ver­sé, et souhait­erait réserv­er le tiers payant aux seuls patients pré­caires. La FMF, comme l’UFML, y voient un instru­ment de chan­tage de l’as­sur­ance mal­adie auprès des médecins. La Mutu­al­ité française y voit « un véri­ta­ble révéla­teur des dépasse­ments d’hono­raires ».

Christophe Jacquinet, DG d’ARS démis de ces fonc­tions
Mr Jacquinet, DG de l’ARS Rhône-Alpes, était démis de ses fonc­tions en Con­seil des min­istres le 14 févri­er. Il reve­nait sur les raisons de son évic­tion dans une inter­view auprès d’APM, puis Hos­pimé­dia pour dénon­cer un «limo­geage poli­tique » alors que des désac­cords s’é­taient fait jour entre l’ARS et de grands élus locaux de l’actuelle majorité. Il déclare notam­ment avoir été désavoué sur trois dossiers où le critère prépondérant de déci­sion était un critère poli­tique l’in­vestisse­ment de 200 mil­lions d’eu­ros pour la mod­erni­sa­tion des Hos­pices civils de Lyon sur lequel il voulait y regarder à deux fois, la fer­me­ture de la mater­nité de Die, l’ad­min­is­tra­tion pro­vi­soire du CH de Roanne. «Ce dont souf­fre fon­da­men­tale­ment le sys­tème de san­té actuel, […] c’est d’abord d’un manque chronique de déci­sions effi­caces et sincères de la part des autorités de tutelles et de régu­la­tion », déclare-t-il.

Boost­er les CRUCQ
Claire Com­pagnon a été chargée par le gou­verne­ment d’une mis­sion sur la démoc­ra­tie san­i­taire. Elle estime à 16,5 mil­lions d’eu­ros le besoin annuel du finance­ment de la démoc­ra­tie san­i­taire. Pour l’an II de la Démoc­ra­tie san­i­taire,185 pages et 9 recom­man­da­tions :

  1. met­tre en place un mécan­isme de con­cer­ta­tion oblig­a­toire au cœur des déci­sions de san­té
  2. posi­tion­ner les représen­tants des usagers dans les lieux de déci­sions
  3. met­tre en œuvre une com­mis­sion des usagers au sein des étab­lisse­ments de san­té à la hau­teur des enjeux de qual­ité, de sécu­rité, des soins et de respect des droits
  4. favoris­er le tra­vail en com­mun entre usagers et soignants au plus près du malade
  5. dévelop­per une poli­tique de for­ma­tion et de recherche en faveur de la par­tic­i­pa­tion des usagers à des­ti­na­tion des pro­fes­sion­nels et des représen­tants des usagers
  6. inscrire la représen­ta­tion des usagers au niveau d’un ter­ri­toire et garan­tir l’effectivité de leurs droits
  7. per­me­t­tre aux plus vul­nérables de s’impliquer dans les mécan­ismes de par­tic­i­pa­tion au sys­tème de san­té et garan­tir ain­si l’effectivité de leurs droits
  8. démoc­ra­tie par­tic­i­pa­tive et dia­logue avec les acteurs de la société civile : se dot­er des out­ils d’une citoyen­neté active
  9. don­ner les moyens de la par­tic­i­pa­tion aux usagers et aux citoyens

Un nou­veau Medi­a­tor© ?
La revue médi­cale indépen­dante Pre­scrire a appelé au retrait des médica­ments à base d’an­tiémé­tique dom­péri­done (Motil­i­um© — John­son & John­son -, Peridys© / Biperidys© — Pierre Fab­re -, autres mar­ques et génériques) en rai­son de risques car­diaques élevés, notam­ment de mort subite. La revue Pre­scrireéval­ue qu’en­tre 25 et 120 décès en 2012 ont été imputa­bles en France à ce pro­duit appar­en­té aux neu­rolep­tiques.

Le SML et l’U­NAPL inter­pel­lent les can­di­dats aux munic­i­pales
À l’ap­proche des élec­tions munic­i­pales, le SML pub­lie une « Let­tre ouverte aux élec­tions munic­i­pales du 20 mars 2014 » et pose la ques­tion suiv­ante : « Êtes-vous favor­able au main­tien d’une offre libérale de prox­im­ité, respec­tée et enten­due et pour laque­lle des investisse­ments suff­isants seront déployés tant au niveau nation­al que local, tout en garan­tis­sant son indépen­dance de déci­sion et de fonc­tion­nement ? ». Même si la san­té est décidée au niveau nation­al « les édiles locaux jouent un rôle de pre­mier plan » déclare le SML. La récente enquête Harris/UNAPL de son côté mon­tre que 74% des pro­fes­sions libérales con­sid­èrent que le pro­gramme économique des can­di­dats jouera un rôle impor­tant dans leur choix d’un can­di­dat.

Le développe­ment durable : gage de maîtrise des dépens­es et d’amélio­ra­tion con­tin­ue

L’optimisation des dépens­es par une démarche de « respon­s­abil­ité sociale des organ­i­sa­tions » (RSO) traduit le con­cept du développe­ment durable dans nos organ­i­sa­tions. Elle néces­site out­ils, indi­ca­teurs, exper­tis­es, dont s’est doté le C2DS qui tra­vaille à la con­struc­tion avec l’AFNOR d’une décli­nai­son sec­to­rielle de L’ISO 26000. Soyez les pre­miers étab­lisse­ments à vous y engager. Con­tact :Marc Wasilews­ki.