Faire marcher un tétraplégique, élim­in­er les trem­ble­ments d’un malade Parkin­son grâce à un boiti­er implan­té dans le cerveau, telles sont les ambi­tions affichés par un lab­o­ra­toire grenoblois.

Révo­lu­tion­ner la face de la médecine ?

Con­stru­ite en 2008, Cli­natec est une clin­ique unique en son genre, fruit d’un triple parte­nar­i­at entre le CEA, le CHU de Greno­ble et l’Inserm où les chercheurs tes­teront dès 2013, l’implantation de nan­otech­nolo­gies dans le cerveau humain. L’ARS a délivré en 2010 une autori­sa­tion pour son ouver­ture. Un arrêté daté du 16 avril 2012 autorise, quant à lui, l’activité du cen­tre en tant que « lieu de recherche bio­médi­cales dédiées aux appli­ca­tions des micro-nan­otech­nolo­gies à la médecine ».

L’ambition affichée de Cli­natec est de révo­lu­tion­ner la face de la médecine.  La cinquan­taine de médecins, de biol­o­gistes et d’ingénieurs espère ain­si un jour traiter l’épilepsie, les trou­bles men­taux, les trou­bles obses­sion­nels com­pul­sifs (TOC) ou encore les symp­tômes de la mal­adie de Parkin­son.

Les chercheurs de Cli­natec tra­vailleront prin­ci­pale­ment sur la neu­rostim­u­la­tion, l’administration local­isée de médica­ments (grâce à des pom­pes situées dans le corps par exem­ple) ou la sup­pléance fonc­tion­nelle (les machines prenant le relais de fonc­tions défail­lantes). Ils pour­raient se pencher égale­ment sur la stim­u­la­tion mag­né­tique pour lut­ter con­tre la dépres­sion.

Les pre­miers « patients volon­taires » devraient arriv­er entre févri­er et mars 2013, une fois que l’Agence nationale de sécu­rité du médica­ment et des pro­duits de san­té (ANSM ex AFSSAPS) et un Comité de pro­tec­tion des per­son­nes (CPP) auront don­né leur feu vert, comme le prévoit la loi sur la recherche bio­médi­cale.

Des détracteurs deman­deurs d’une plus grande trans­parence

Cette ini­tia­tive attise tous les curiosités et cristallise les craintes.

Ain­si pour l’Union syn­di­cale de la Psy­chi­a­trie, un des prin­ci­paux détracteurs du pro­jet,  « Cli­natec con­stitue man­i­feste­ment un pas de plus dans une fuite en avant tech­no-sci­en­tiste qui n’a d’autre final­ité que de con­trôler les pop­u­la­tions en réduisant l’homme à son cerveau, à son com­porte­ment, à son util­ité, à sa docil­ité ».

Le col­lec­tif « Pièces et main d’œuvre » y voit, quant à lui, une « porte ouverte vers la pro­duc­tion de robots humains ».

Les détracteurs exi­gent donc davan­tage de trans­parence sur ce pro­jet qui nav­igue pour l’instant entre secret défense et secret indus­triel.

Pour François Berg­er, Directeur du cen­tre « les citoyens ont peur ». Il  avance l’organisation de con­férences pour don­ner aux chercheurs « la pos­si­bil­ité  d’éduquer des citoyens » sur le sujet.

Révo­lu­tion ou dérive sci­en­tifique, l’avenir nous le dira…