La FHP-MCO, syn­di­cat des clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) de la Fédéra­tion de l’hospitalisation privée, se félicite que la mis­sion par­lemen­taire sur le finance­ment de la Sécu­rité sociale (Mec­ss) réaf­firme le bien-fondé de l’outil de tar­i­fi­ca­tion à l’activité (T2A).

« La tar­i­fi­ca­tion à l’activité (T2A) doit rester la clé de voûte de notre sys­tème de san­té. C’est un mode de finance­ment mod­erne qui, même s’il peut sans doute être amélioré ici et là, per­met de cor­réler le finance­ment à l’activité réelle de soins. La T2A est trans­par­ente, équitable et effi­ciente », a déclaré Lamine Ghar­bi, prési­dent de la FHP-MCO, qui regroupe quelque 600 étab­lisse­ments.

Dans un rap­port pub­lié la semaine dernière prô­nant une réforme du finance­ment des hôpi­taux, la Mec­ss a pré­con­isé « une meilleure prise en compte de cer­taines activ­ités médi­cales, des mis­sions d’in­térêt général ain­si que des iné­gal­ités ter­ri­to­ri­ales de san­té ».

L’un des rap­por­teurs Jacky Le Menn (PS) a notam­ment estimé, au sujet de la T2A, qu’il était « néces­saire de revoir sa pra­tique et ses modal­ités d’ap­pli­ca­tion, notam­ment pour cou­vrir plus fidèle­ment les mis­sions de ser­vice pub­lic et les coûts fix­es ».

La FHP-MCO rap­pelle que les mis­sions de ser­vice pub­lic de l’hôpital pub­lic sont déjéà financées par des enveloppes budgé­taires sup­plé­men­taires de 8,5 mil­liards d’euros dites MIGAC (mis­sions d’intérêt général et d’aides à la con­trac­tu­al­i­sa­tion). Les étab­lisse­ments privés ne touchent que 1% de cette dota­tion.

« Avec 2.300 tar­ifs (GHS), la France est le pre­mier pays de l’OCDE en nom­bre de tar­ifs. Les activ­ités médi­cales sont donc très bien pris­es en compte par les tar­ifs, notam­ment selon les degrés de sévérité des patholo­gies et des patients. Il paraît peu oppor­tun d’en rajouter de nou­veaux. En revanche, ce qu’il faudrait sans doute revoir, ce sont les paramètres de fix­a­tion de ces tar­ifs, dont cer­tains sont inférieurs aux coûts de pro­duc­tion ou ne les cou­vrent qu’à grand peine », souligne Lamine Ghar­bi.

En ce qui con­cerne les MIGAC, ce sont les con­di­tions de trans­parence des attri­bu­tions de cette enveloppe glob­ale qu’il con­vient d’éclaircir. Les travaux menés par la Direc­tion générale de l’offre de soins (DGOS) actuelle­ment en cours au tra­vers du guide MIG qui est des­tiné aux Agences régionales de san­té vont dans le bon sens en deman­dant la jus­ti­fi­ca­tion préal­able au pre­mier euro des sommes allouées, con­for­mé­ment au droit com­mu­nau­taire européen.

En ce qui con­cerne les activ­ités pour lesquelles la T2A ne serait pas, selon la Mec­ss, adap­tée à cer­taines activ­ités, comme la réan­i­ma­tion ou les activ­ités réal­isées en zones peu dens­es ou isolées, la FHP-MCO sou­tient la mise en œuvre d’une réflex­ion visant à assur­er le main­tien d’une cou­ver­ture san­i­taire pour les activ­ités isolées.

« La ques­tion des activ­ités rares et de recours est déjà traitée et financée à tra­vers des enveloppes spé­ci­fiques (MERRI). Ce dis­posi­tif peut et doit être amélioré. Par ailleurs, la ques­tion des activ­ités isolées est un vrai prob­lème. On sait, par exem­ple, qu’une mater­nité ne peut com­mencer à équili­br­er ses coûts qu’à par­tir d’environ 1.000 à 1.200 accouche­ments par an. Pour la réan­i­ma­tion, le prob­lème ne tient pas tant à la T2A mais plutôt à la fix­a­tion du mon­tant du prix de journée qui est, comme cha­cun le con­state, aujourd’hui insuff­isant », affirme Thier­ry Béchu, délégué général de la FHP-MCO.

La FHP-MCO se dit égale­ment favor­able à la propo­si­tion de la Mec­ss de réin­té­gr­er au bud­get de l’Etat des activ­ités de recherche et d’enseignement. « Ce n’est pas au risque mal­adie de les financer », souligne Thier­ry Béchu.

Enfin, sur la prob­lé­ma­tique de la descrip­tion des activ­ités médi­cales, il faut effec­tive­ment que des out­ils, tels que la Clas­si­fi­ca­tion com­mune des actes médi­caux (CCAM) clin­ique, soient mise en œuvre afin d’améliorer la descrip­tion médi­cale.