La FHP-MCO, fédéra­tion des clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO), souhaite apporter une pré­ci­sion à la suite de la pub­li­ca­tion ce jour de l’enquête de l’hebdomadaire Le Point inti­t­ulée « Le scan­dale des hôpi­taux ».

« Nous salu­ons la pub­li­ca­tion de cette remar­quable enquête qui mon­tre, avec force détails, ce que nous dis­ons depuis des années, à savoir qu’il existe d’importantes marges d’efficience économique au sein des hôpi­taux publics. Toute­fois, nous sommes en désac­cord avec l’une des con­clu­sions de cette enquête et nous con­tin­uons d’affirmer qu’à périmètre d’activité com­pa­ra­ble, les clin­iques et les hôpi­taux accueil­lent les mêmes malades », déclare Lamine Ghar­bi, prési­dent de la FHP-MCO, qui regroupe quelque 600 clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie et obstétrique.

Selon le Point, qui cite des chiffres de la base de don­nées Hos­piDi­ag, les clin­iques et hôpi­taux privés accueilleraient seule­ment 16% des malades dits « lourds » (niveaux de sévérité 3 et 4), soit cinq fois moins que les hôpi­taux publics. « En don­nées brutes, certes, les chiffre sont exacts mais, à périmètre d’activité com­pa­ra­ble, ils ne traduisent que par­tielle­ment la réal­ité. Or l’explication de cet écart est sim­ple », souligne Lamine Ghar­bi.

En effet :

  1. La pro­por­tion de 16% de patients « lourds » traités dans les clin­iques et hôpi­taux privés est à rap­porter à la part de ces étab­lisse­ments dans l’offre de soins en France, soit 25%. Les deux chiffres ne sont donc pas si éloignés ;
  2. De plus, les clin­iques sont trib­u­taires des autori­sa­tions d’activité de soins délivrées par les agences régionales de san­té (ARS). Or elles n’obtiennent pas tou­jours le droit d’ouvrir tel ou tel ser­vice (par exem­ple en car­di­olo­gie, can­cérolo­gie, grands brûlés, réan­i­ma­tion, etc.). On ne peut donc pas leur reprocher de ne pas faire des activ­ités pour lesquelles elles n’ont pas reçu d’autorisations ;
  3. De même, s’il existe 600 clin­iques et hôpi­taux privés MCO en France, il n’y a que 134 ser­vices d’ur­gences privés et 228 cen­tres de réan­i­ma­tion, de soins inten­sifs et de sur­veil­lance con­tin­ue privés, là aus­si par manque d’autorisations accordées par les ARS ;
  4. Les clin­iques et hôpi­taux privés sont sou­vent ignorés par les SMUR/SAMU qui ne déposent que rarement les malades urgents (acci­den­tés de la route, car­di­olo­gie par exem­ple) dans les ser­vices d’urgence privés, même lorsqu’un étab­lisse­ment privé est le plus proche du lieu de l’accident et peut accueil­lir un poly­trau­ma­tisé grave.
  5. Les clin­iques et hôpi­taux privés n’ont pas le droit de réalis­er des greffes d’organes qui sont réservées aux seuls étab­lisse­ments publics.

Le prési­dent de la FHP-MCO de con­clure : “Dire que les clin­iques et hôpi­taux privés accueil­lent moins de patients « lourds » sans rap­pel­er ces élé­ments, reviendrait à faire croire que nos étab­lisse­ments ne veu­lent pas se charg­er de ces malades, alors que tout sim­ple­ment la plu­part du temps, soit nous ne dis­posons pas des autori­sa­tions d’activité néces­saires pour pou­voir les accueil­lir, soit ces malades ne nous sont pas adressés par les ser­vices du 15 ».