La FHP-MCO dénonce avec la plus grande vigueur la promesse du can­di­dat social­iste François Hol­lande de met­tre un terme au proces­sus de con­ver­gence tar­i­faire dès 2013, s’il était élu prési­dent de la République.

« L’arrêt de la con­ver­gence tar­i­faire serait une grave erreur économique qui priverait le pays d’un poten­tiel d’économies de 7 mil­liards d’euros par an. Sachant que l’assurance-maladie accu­mule depuis 24 ans des déficits colos­saux qui représen­tent en cumulé plus de 130 mil­liards d’euros et qui gon­flent la dette sociale, ce serait une mar­que d’irresponsabilité suprême de la part de quelqu’un qui dit vouloir redress­er les comptes publics », déclare Lamine Ghar­bi, prési­dent de la FHP-MCO.

La FHP-MCO regroupe 600 clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie et obstétrique qui représen­tent 30% des capac­ités d’hospitalisation MCO en France, 58% de la chirurgie et près d’une nais­sance sur trois.

« Les Français ont le droit de savoir qu’aujourd’hui les clin­iques rem­plis­sent leur mis­sion de san­té en soignant 8 mil­lions de patients chaque année à un coût moin­dre pour la col­lec­tiv­ité que les hôpi­taux publics. Nier cette réal­ité là, c’est faire pay­er aux Français l’inefficience du sys­tème, alors que la réal­i­sa­tion de la con­ver­gence des tar­ifs est une mesure d’équité qui per­me­t­trait à elle seule de remet­tre pra­tique­ment l’assurance-maladie à l’équilibre », ajoute le prési­dent de la FHP-MCO.

Pour une même presta­tion de soin, les hôpi­taux publics sont rem­boursés par la Sécu­rité sociale en moyenne 28% de plus que les clin­iques. Ils touchent en plus une enveloppe budgé­taire dite MIGAC de 8,3 mil­liards d’euros cen­sée financer les mis­sions d’intérêt général de l’hôpital (for­ma­tion, recherche, etc.). Le proces­sus d’alignement des tar­ifs les plus élevés – ceux des hôpi­taux publics – vers ceux des clin­iques doit, selon la loi, aboutir en 2018.

« Si l’on est dans un mod­èle de tar­i­fi­ca­tion à l’activité – ce que François Hol­lande dit ne pas vouloir remet­tre en cause – c’est une ques­tion de principe et d’égalité juridique que les tar­ifs payés pas l’assurance-maladie par exem­ple pour une pro­thèse de hanche soient les mêmes dans les deux secteurs. Or aujourd’hui, un hôpi­tal est rem­boursé 6.457 € pour une pro­thèse de hanche, tan­dis qu’une clin­ique touche 5.492 €, soit un écart de 965 €. Pourquoi ? Qu’est-ce qui jus­ti­fie un tel écart, alors qu’il s’agit d’une opéra­tion rigoureuse­ment iden­tique ? Rien », affirme le prési­dent de la FHP-MCO.

La FHP-MCO dénonce depuis des années ce finance­ment dis­crim­i­na­toire, con­traire au droit com­mu­nau­taire. Une plainte con­tre la France a été déposée devant la direc­tion générale de la con­cur­rence de la Com­mis­sion européenne au sujet de ce mécan­isme d’aides d’Etat illé­gales.

Pour la FHP-MCO, le can­di­dat social­iste devrait s’attaquer plutôt aux inef­fi­ciences de l’hôpital pub­lic, dont les carences organ­i­sa­tion­nelles, les man­que­ments en matière de ges­tion, la gabe­gie et les gaspillages sont dénon­cés régulière­ment par les rap­ports offi­ciels des Cham­bres régionales des comptes, de la Cour des comptes, et de l’IGAS.

« Les clin­iques par­ticipent au ser­vice pub­lic de la san­té et démon­trent chaque jour que l’on peut alli­er effi­cac­ité et qual­ité des soins, et ce au meilleur coût pour la col­lec­tiv­ité », ajoute Lamine Ghar­bi. « Si l’hôpital ne s’en sort pas – il a accu­mulé près de trois mil­liards d’euros de déficit au cours des cinq dernières années, avec une dette qui a explosé, à 24 mil­liards d’euros – ce n’est pas parce qu’il est mal doté finan­cière­ment. Mais parce qu’il est inca­pable, de par sa lour­deur bureau­cra­tique, sa sur­charge admin­is­tra­tive et sa rigid­ité organ­i­sa­tion­nelle, de s’adapter aux réels besoins en matière de san­té. Il doit appren­dre, comme le font les clin­iques, à opti­miser son fonc­tion­nement, à faire mieux avec moins ».

« Ce n’est pas parce que l’on est un ser­vice pub­lic que l’on doit gaspiller l’argent des con­tribuables, sans avoir de comptes à ren­dre. Dans le con­texte de crise des finances publiques que nous con­nais­sons, ce n’est plus pos­si­ble », con­clut le prési­dent de la FHP-MCO.