L’année 2026 demeure par­ti­c­ulière­ment dif­fi­cile pour nos étab­lisse­ments, con­fron­tés à la fois à l’insuffisance per­sis­tante des ressources et aux incer­ti­tudes liées à la mise en œuvre des nou­veaux régimes d’autorisation, comme en can­cérolo­gie dans cer­taines régions. Cette sit­u­a­tion frag­ilise durable­ment notre secteur, alors même qu’aujourd’hui une clin­ique sur deux est en sit­u­a­tion défici­taire.

À l’occasion de la Journée des métiers organ­isée jeu­di dernier, nous sol­lici­tions des éclairages sur le finance­ment de notre sys­tème de san­té. Les représen­tants du min­istère de la San­té, des Familles, de l’Autonomie et des Per­son­nes hand­i­capées ont présen­té plusieurs dis­posi­tifs issus des expéri­men­ta­tions de l’article 51 appelés à inté­gr­er pro­gres­sive­ment le droit com­mun. Par­mi eux, les Par­cours coor­don­nés ren­for­cés (PCR), dont le déploiement reposera sur une adhé­sion volon­taire et une prise en compte indi­vid­u­al­isée des besoins des patients. D’autres ini­tia­tives, telles que PEPS ou IPEP, encour­a­gent de nou­velles formes d’organisation des soins, cer­taines ayant déjà reçu un avis favor­able pour une général­i­sa­tion encadrée.

Ces évo­lu­tions con­stituent des sig­naux encour­ageants pour pren­dre en compte les évo­lu­tions des pra­tiques de prise en charge. Ces évo­lu­tions mon­trent aus­si que les ini­tia­tives de ter­rain sont une source d’inspiration indé­ni­able pour faire évoluer nos dis­posi­tifs exis­tants. Toute­fois, les nom­breuses inter­ro­ga­tions exprimées lors des échanges rap­pel­lent que le pas­sage de l’expérimentation à la général­i­sa­tion reste un exer­ci­ce com­plexe. Une solu­tion éprou­vée locale­ment peut-elle être trans­posée à l’ensemble du ter­ri­toire ? À quel coût ? Com­ment adapter les sys­tèmes d’information, faire évoluer les nomen­cla­tures et les clas­si­fi­ca­tions, ou encore réduire les délais admin­is­trat­ifs alors que les pro­fes­sion­nels de ter­rain atten­dent des répons­es con­crètes et rapi­des ? Nous con­venons que l’exercice n’est pas sim­ple mais cela ne doit empêch­er la prise en compte des ini­tia­tives du ter­rain.

Nous ne sous-esti­mons ni l’ampleur des déficits publics, ni la néces­sité de préserv­er la souten­abil­ité de notre sys­tème de pro­tec­tion sociale. Mais il est désor­mais indis­pens­able de dépass­er une logique de ges­tion à court terme. Les con­stats sont large­ment partagés, les enjeux claire­ment iden­ti­fiés et l’urgence d’agir fait désor­mais con­sen­sus.

Les étab­lisse­ments de san­té, les prati­ciens et l’ensemble des pro­fes­sion­nels sont prêts à pren­dre leur part dans les trans­for­ma­tions néces­saires. Il est urgent de dis­pos­er de mod­èles de finance­ment effi­cients sur le plan médi­co-économique. Et cela doit s’effectuer en appor­tant la vis­i­bil­ité, la sta­bil­ité et la con­fi­ance indis­pens­ables à leur engage­ment. C’est à cette con­di­tion que nous pour­rons con­cili­er inno­va­tion, qual­ité des pris­es en charge, accès aux soins et péren­nité de notre mod­èle de san­té, au béné­fice de tous nos conci­toyens.

Je tiens à remerci­er l’ensemble des inter­venants, insti­tu­tion­nels et étab­lisse­ments adhérents, mais aus­si les par­tic­i­pants à notre 8e Journée des métiers qui a été l’occasion de ten­ter d’apporter un éclairage sur l’avenir à court et moyen terme des étab­lisse­ments de san­té privés.

Frédérique Gama
Prési­dente de la FHP-MCO