Le finance­ment des for­ma­tions d’IBODE et la mise en œuvre des mesures tran­si­toires illus­trent ces dossiers qui cumu­lent les dif­fi­cultés et exi­gent per­sévérance et sens des respon­s­abil­ités. Il aura fal­lu dix années pour aboutir à une solu­tion régle­men­taire fais­able et réal­iste, per­me­t­tant enfin de déploy­er des mesures prag­ma­tiques. Nous nous félici­tons de cette issue, même si nous regret­tons le temps per­du. Le résul­tat est néan­moins là, et il con­stitue une avancée atten­due pour la con­for­mité régle­men­taire des blocs opéra­toires.

Le con­trat d’engagement signé en 2025 prévoit un accom­pa­g­ne­ment financier des­tiné à sup­port­er le coût des for­ma­tions. Cette dis­po­si­tion fig­ure dans la troisième cir­cu­laire budgé­taire rel­a­tive à 2025. Nous remer­cions le min­istère de la San­té d’avoir respec­té ses engage­ments, même si l’enveloppe de 5,4 mil­lions d’euros, répar­tie entre les 18 ARS au pro­ra­ta du nom­bre d’infirmiers en soins généraux salariés, demeure très insuff­isante au regard des besoins. Nous deman­dons qu’en 2026, cette dota­tion soit sig­ni­fica­tive­ment reval­orisée.

À court terme, ce finance­ment doit per­me­t­tre l’envoi en for­ma­tion com­plé­men­taire des infir­miers autorisés à exercer au bloc opéra­toire dans le cadre du dis­posi­tif tran­si­toire. À plus long terme, il a voca­tion à soutenir la for­ma­tion IBODE, en for­ma­tion ini­tiale comme en for­ma­tion con­tin­ue, et à réduire les charges sup­port­ées par les étab­lisse­ments, qu’il s’agisse des frais péd­a­gogiques ou du rem­place­ment des pro­fes­sion­nels absents.

La 3e cir­cu­laire budgé­taire 2025 acte que 70 % de l’enveloppe soient con­sacrés aux mesures tran­si­toires afin d’assurer la mise en con­for­mité des blocs opéra­toires, et 30 % au finance­ment des for­ma­tions IBODE, dans un strict équili­bre entre secteurs pub­lic et privé, tel que prévu par la DGOS. Or, dans de nom­breuses régions, l’absence de con­cer­ta­tion et l’apparition de critères d’allocation spé­ci­fiques locaux éloignés de l’objet ini­tial de l’enveloppe frag­ilisent l’objectif d’intérêt général.

La méth­ode de bon sens est pour­tant claire : répar­tir les crédits au pro­ra­ta du nom­bre de pro­fes­sion­nels effec­tive­ment engagés en for­ma­tion en 2025, qu’il s’agisse des mesures tran­si­toires ou de la for­ma­tion IBODE, dans le respect des ori­en­ta­tions de la cir­cu­laire. Cer­taines ARS ont su adopter cette démarche. Il est temps de la généralis­er et d’anticiper les besoins 2026, dès à présent, par une enquête auprès des étab­lisse­ments. Les enjeux de qual­ité et de sécu­rité des soins sont trop impor­tants pour se sat­is­faire d’une logique pure­ment admin­is­tra­tive d’allocation budgé­taire.

Frédérique Gama
Prési­dente de la FHP-MCO