
Céline MOUNIER, directrice de la Direction de l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins (DAQSS) de la HAS
Vous avez été nommée en décembre 2025 directrice de la Direction de l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins (DAQSS) de la HAS. Quels retours tirez-vous des 5ᵉ et 6ᵉ cycles de certification ?
En prenant mes fonctions à la tête de la DAQSS, j’ai rejoint des équipes d’experts très investis dans leurs missions et notamment dans la certification des établissements de santé. La certification est un référentiel indépendant et un levier essentiel d’amélioration des pratiques et de la qualité des soins au sein des établissements. Les objectifs du référentiel sont compris et acceptés par les personnels soignants et administratifs, avec lesquels nous cheminons, grâce au professionnalisme des équipes d’experts-visiteurs, vers un processus continu d’amélioration. La préparation de la visite de certification demeure chronophage cependant, le respect mutuel, le dialogue constant et la co-construction garantissent une bonne appropriation de la méthode et l’amélioration effective des pratiques.
Le 5e cycle de certification des établissements de santé est achevé : 2 100 décisions de certification ont été rendues. En 2025, dans le cadre du 6e cycle, plus de 300 visites ont déjà été réalisées depuis le mois de septembre, dont 147 dans des établissements de santé privés, et 34 résultats définitifs ont été publiés.
Être certifié, c’est répondre aux exigences d’un référentiel à la méthodologie reconnue.
Les attentes relatives aux nouveaux critères du 6ᵉ cycle de certification sont-elles satisfaisantes ?
Il est prématuré de tirer des enseignements définitifs du 6ᵉ cycle de certification. Toutefois, dans le cadre des ajustements annuels du référentiel, des évolutions sont d’ores et déjà envisagées pour janvier 2027. Les travaux débuteront au printemps 2026 et porteront notamment sur les risques psychosociaux, l’aide à mourir ou encore la prévention des addictions, des thématiques dont les établissements de santé se sont saisis.
Quels autres points d’actualité de la DAQSS retenir ?
La mission numérique en santé de la HAS va publier au 2e trimestre des recommandations sur le bon usage des systèmes d’intelligence artificielle en contexte de soins, en partenariat avec la CNIL. Ce document, bientôt accessible en consultation publique, vise à clarifier les obligations des professionnels de santé et des établissements, à les outiller et à leur fournir des recommandations de bonnes pratiques.
Sur un tout autre sujet, une réflexion est actuellement menée sur les indicateurs relatifs aux événements indésirables, notamment les événements indésirables graves associés aux soins. La HAS travaille à proposer un recueil de déclarations de qualité afin d’optimiser l’analyse de ces événements. Comme chaque année, un courrier aux établissements de santé listant les mesures des indicateurs de qualité et de sécurité des soins prévues par la HAS faisant l’objet d’un recueil national en 2026 leur a été adressé.
Parmi les nouveautés figurent des indicateurs évalués à travers le prisme de l’expérience patient, portant sur l’hygiène des mains, sur l’expérience rapportée par les patients pris en charge dans les structures d’urgence et en maternité. La HAS attache une importance particulière à la participation des établissements à cette évaluation. Elle les encourage à diffuser les questionnaires auprès des patients, puis à les déposer sur la plateforme dédiée.
Crédit photo : DR ANSM