
Samuel KOWALCZYK, président de la FHP Normandie et directeur territoire Bretagne, Pays de la Loire, Normandie chez ELSAN
Dans quel contexte avez-vous été élu président de la FHP Normandie en décembre 2025 ?
Mon élection intervient dans un contexte particulièrement préoccupant pour le secteur de la santé. La FHP Normandie s’inquiète de la dégradation des indicateurs économiques, des incertitudes qui pèsent sur le secteur de la santé et des attaques contre la médecine libérale qui s’adressent aux professionnels de santé et aux établissements. Aujourd’hui, près de 50 % des établissements privés de santé sont déficitaires. Ils sont confrontés à des perspectives incertaines : sans plan pluriannuel et sans politique de santé claire.
Pour autant, l’année 2025 a également permis de défendre plusieurs dossiers majeurs, notamment en matière d’autorisations en cancérologie ou en SMR, ainsi que de porter les problématiques de fond des activités structurellement sous-financées comme l’obstétrique, les urgences ou encore les soins critiques.
La FHP Normandie se doit d’être un relais fidèle de la réalité du terrain auprès de l’Agence régionale de santé (ARS). Il est de notre responsabilité de solliciter l’ARS afin d’accompagner les transformations nécessaires, mais aussi de soutenir les établissements face à des besoins ou des difficultés ponctuelles.
Quels sont les dossiers que vous souhaitez prioritairement défendre ?
Les offres de soins des secteurs public et privé sont complémentaires. En Normandie, les établissements privés assurent près de 50 % de l’activité chirurgicale, 74 % de la chirurgie ambulatoire, près de la moitié de la prise en charge en cancérologie et 37 % du SMR. La France est dotée d’un modèle de santé fondé sur la complémentarité entre secteurs public et privé. Ce modèle doit être préservé, la médecine libérale contribue pleinement aux missions de service public : permanence des soins, accueil des urgences, actions de dépistage, entre autres.
En 2026, nous poursuivrons la démarche engagée dès 2024 auprès des élus locaux et nationaux – maires, députés et sénateurs – afin d’expliquer concrètement les difficultés de notre secteur en lien notamment avec un financement de nos activités de soins devenu caduque et insuffisant pour permettre les investissements nécessaires. À l’occasion du vote du PLFSS, la FHP Normandie a ainsi pris le temps de démontrer la pertinence et l’utilité de nos missions, malgré un sous-financement de l’inflation, de l’innovation et de la transformation de l’offre de soins face au vieillissement de la population.
Garantir une prise en charge de qualité et sécurisée suppose de disposer de ressources humaines suffisantes, de capacités d’investissement et d’une appropriation des technologies innovantes. Ces investissements nécessitent des moyens financiers, mais aussi une visibilité du système sur plusieurs années.
Si nous voulons que les Français continuent à bénéficier d’un système de soins performant, nous devons collectivement nous poser les bonnes questions. C’est dans cet esprit que les réunions bilatérales régulières avec l’ARS seront poursuivies. La FHP Normandie continuera par ailleurs d’accompagner individuellement chaque établissement du territoire, que ce soit pour défendre un projet ou pour trouver des solutions aux difficultés rencontrées.