Touchant un adulte sur trois en France, l’hypertension artérielle est la maladie cardiovasculaire la plus fréquente. Souvent silencieuse, elle expose à de graves complications comme l’accident vasculaire cérébral (AVC) ou l’infarctus si elle n’est pas prise en charge correctement. Zoom sur les facteurs déclencheurs et les traitements à mettre en place pour contrôler sa tension.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 44% des adultes hypertendus ignorent qu’ils le sont, car cette pathologie ne provoque généralement aucun symptôme perceptible à ses débuts. Comprendre ses mécanismes et ses conséquences constitue donc un enjeu majeur de prévention et de santé publique.
Qu’est-ce que l’hypertension artérielle ?
À chaque battement, le cœur propulse le sang dans les artères pour irriguer l’ensemble de l’organisme. Cette circulation sanguine exerce une pression contre les parois de vos vaisseaux, comparable à l’eau qui circule dans un tuyau d’arrosage. Lorsque cette pression est trop forte, on parle alors d’hypertension artérielle ou « HTA ».
Parmi les facteurs qui augmentent le risque d’avoir une pression artérielle élevée figurent :
- Un âge avancé ;
- Le surpoids ou l’obésité ;
- Le manque d’activité physique ;
- Une alimentation riche en sel ;
- Une consommation excessive d’alcool.
Comment se mesure la pression artérielle ?
La pression artérielle se mesure à l’aide d’un tensiomètre, un appareil que l’on installe autour du bras tel un brassard et que l’on gonfle afin d’obtenir une mesure à deux chiffres.
- Le premier chiffre appelé pression systolique, correspond au moment où le cœur se contracte et éjecte le sang.
- Le second chiffre, la pression diastolique, mesure la pression lorsque le cœur se relâche entre deux battements.
Quand parle-t-on d’hypertension artérielle ?
Une pression artérielle normale se situe généralement en dessous de 120/80 mmHg. On diagnostique une hypertension artérielle lorsque les mesures révèlent de façon répétée des valeurs égales ou supérieures à 140/90 mmHg au cabinet médical, ou 135/85 mmHg lors d’une automesure à domicile.
Attention ! Une seule mesure élevée ne suffit pas à poser le diagnostic : la pression artérielle varie naturellement au cours de la journée, augmentant lors d’un effort physique, d’une émotion ou d’un stress, et diminuant au repos ou pendant le sommeil. Le diagnostic repose donc sur plusieurs mesures réalisées à différents moments.
Les différents types d’hypertension artérielle
Il existe deux types d’hypertension artérielle :
- L’hypertension artérielle dite « primaire » ou « essentielle » : elle représente 90 à 95% des cas. Dans cette forme, aucune cause précise n’est identifiable, mais plusieurs facteurs de risque se conjuguent : hérédité familiale, âge avancé, surpoids, consommation excessive de sel, sédentarité, stress chronique, consommation d’alcool ou tabagisme.
- L’hypertension dite « secondaire » : moins fréquente, elle résulte d’une cause médicale identifiable comme une maladie rénale, des troubles hormonaux, une apnée du sommeil, des malformations vasculaires ou la prise de certains médicaments.
Pourquoi l’hypertension est-elle dangereuse ?
L’hypertension artérielle force le cœur à travailler plus intensément pour propulser le sang. À long terme, cette surcharge entraîne un épaississement du muscle cardiaque qui peut évoluer vers une insuffisance cardiaque. Simultanément, la pression excessive fragilise et rigidifie les artères, favorisant l’athérosclérose (dépôts de plaques de cholestérol) augmentant considérablement le risque d’accident vasculaire cérébral et d’infarctus du myocarde.
L’hypertension peut également endommager les petits vaisseaux au niveau des yeux, pouvant conduire à des troubles visuels voire à la cécité dans les cas les plus sévères. L’HTA est également responsable dans près d’un cas sur deux, de maladie rénale chronique. Elle entraîne en effet des lésions des petites artères qui détruisent peu à peu les glomérules rénaux et altèrent le fonctionnement des reins.
Quelles mesures hygiéno-diététiques adopter en cas d’HTA ?
En cas d’hypertension artérielle, il est nécessaire d’adapter son mode de vie en adoptant certaines mesures :
- Réduire sa consommation de sel constitue la mesure la plus efficace : se limiter à 5–6 grammes quotidiens en évitant les aliments transformés riches en sodium dissimulé.
- Privilégier la cuisine maison et rehausser les plats avec des épices, des herbes aromatiques et des aromates. Enrichir son alimentation en fruits, légumes, céréales complètes et produits laitiers allégés tout en réduisant les graisses saturées.
- Maintenir un poids santé soulage considérablement le système cardiovasculaire.
- Pratiquer une activité physique régulière adaptée à ses capacités, idéalement trente minutes de marche rapide cinq jours par semaine. Cette pratique renforce le cœur et assouplit les artères.
- Limiter sa consommation d’alcool et cesser de fumer car ces substances augmentent la pression artérielle et endommagent les vaisseaux sanguins.
- Apprendre à gérer son stress par des techniques de relaxation, la méditation, le yoga ou toute activité apaisante.
Ces ajustements combinés contribuent activement à abaisser significativement la tension.
Traitements médicamenteux
Lorsque les mesures hygiéno-diététiques ne suffisent pas à normaliser la tension, un traitement médicamenteux devient indispensable.
Cinq classes d’antihypertenseurs sont privilégiées :
- Les diurétiques : ils favorisent l’élimination d’eau et de sel par les reins et diminuent le volume de liquide qui circule dans les artères, abaissant ainsi la pression qui s’exerce sur leur paroi.
- Les bêtabloquants : Ils entraînent une baisse de la tension artérielle, un ralentissement de la fréquence cardiaque et une diminution de la force de contraction du cœur.
- Les inhibiteurs calciques : ils freinent l’entrée du calcium dans les muscles responsables de la contraction des artères. Ils entraînent la baisse de la tension artérielle par relâchement des artères. Ils sont également utilisés pour traiter l’angine de poitrine.
- Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) : ils bloquent la production de l’angiotensine II, une hormone produite par le rein à partir d’une protéine présente dans le sang.
- Les antagonistes de l’angiotensine II : ils bloquent l’action de l’angiotensine II, en se liant à ses récepteurs présents à la surface des vaisseaux sanguins. Ils empêchent ainsi la contraction des vaisseaux sanguins et luttent contre l’augmentation de la pression artérielle.
Un suivi régulier est indispensable
Un contrôle régulier de la pression artérielle s’avère indispensable lorsque l’on est hypertendu. Il consiste idéalement à effectuer des automesures à domicile selon un protocole précis. Des consultations médicales périodiques permettent d’ajuster les traitements et de dépister précocement d’éventuelles complications.
Céline KERUZORE
Sources :
https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/hypertension
https://www.fedecardio.org/je-m-informe/la-tension-arterielle/
https://www.larevuedupraticien.fr/article/hypertension-arterielle-essentielle
https://www.vidal.fr/maladies/coeur-circulation-veines/hypertension-arterielle/prevention.html
https://www.vidal.fr/maladies/coeur-circulation-veines/hypertension-arterielle/medicaments.html