Christophe JACQUINET, directeur général du biocluster Infectious Diseases Cluster, ancien directeur général de deux Agences régionales de santé et cofondateur du think tank La Fabrique de la Santé

Pouvez-vous présenter le biocluster Infectious Diseases Cluster (ID Cluster) ?

Dans le cadre du plan d’in­vestisse­ment France 2030, le volet san­té a prévu la créa­tion de cinq bio­clus­ters thé­ma­tiques, tels que défi­nis dans l’appel à man­i­fes­ta­tion d’intérêt lancé en 2022.

Le ID Clus­ter est une struc­ture d’identification et d’accélération de l’innovation dans le domaine des mal­adies infec­tieuses et des pandémies. Il est né de la con­ver­gence entre les enjeux de san­té publique portés par l’État, les parte­naires insti­tu­tion­nels, les indus­triels et les organ­ismes de for­ma­tion et de recherche, notam­ment les uni­ver­sités.

Le ID Clus­ter a été fondé par dix acteurs : Lyon­biopôle, bio­Mérieux, Sanofi, Ceva San­té Ani­male, les Hos­pices Civils de Lyon, l’Institut Pas­teur, l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS), l’Assistance Publique – Hôpi­taux de Paris (AP-HP), ain­si que les uni­ver­sités Lyon 1 et Paris Cité.

Ces parte­naires ont porté la can­di­da­ture du bio­clus­ter autour de deux thé­ma­tiques cen­trales : les mal­adies infec­tieuses émer­gentes (MIE), et la résis­tance antimi­cro­bi­enne (AMR).

Les activ­ités du bio­clus­ter ont offi­cielle­ment démar­ré le 1er mai dernier. Depuis ma nom­i­na­tion comme pré­fig­u­ra­teur en avril 2024, nous avons mené des dis­cus­sions qui ont abouti à des accords financiers entre l’État et les trois indus­triels fon­da­teurs, cofi­nanceurs du dis­posi­tif.

Quelle est la mission du biocluster ?

Notre mis­sion est d’être un accéléra­teur d’innovation dans le domaine des mal­adies infec­tieuses. Nous pré­parons la France, en lien avec l’Union européenne, à faire face aux prochaines pandémies.

Nous dis­tin­guons deux grands types de pandémies : la pandémie silen­cieuse, déjà à l’œuvre, liée à la résis­tance antimi­cro­bi­enne. Elle touche par­ti­c­ulière­ment les pays à revenu faible ou inter­mé­di­aire, mais le risque existe égale­ment en France et, la pandémie émer­gente, provo­quée par de nou­velles mal­adies infec­tieuses.

Le bio­clus­ter a pour mis­sion d’accélérer l’émergence de solu­tions et de pro­duits inno­vants selon qua­tre pro­grammes : la sur­veil­lance épidémi­ologique, le développe­ment de con­tre-mesures médi­cales notam­ment les vac­cins, la préven­tion et le diag­nos­tic.

Nous avons déjà iden­ti­fié une ving­taine de pro­jets en cours. Chaque pro­jet est éval­ué par un comité d’ex­perts com­posé de douze mem­bres*, chargé d’en véri­fi­er l’éligibilité sci­en­tifique et tech­nique. Une fois validé, ID Clus­ter inter­vient pour en accélér­er le développe­ment, avec l’objectif de faire pass­er le pro­jet du stade de pro­to­type non indus­tri­al­is­able à celui de pro­to­type validé puis mis sur le marché, dans un délai inférieur à qua­tre ans. Ces pro­jets seront financés par France 2030 par des aides de qua­tre et sept mil­lions d’euros.

*Prési­dent : François LACOSTE, Insti­tut Mérieux. Mem­bres : Pao­la ARIMONDO, Insti­tut Pas­teur et CNRS, Isabelle FUGIER, Sanofi, Del­phine GUYON-GELLIN, Osi­vax, Xavier LESCURE, AP-HP et UPC, Dim­itri LAVILETTE, Ciri, Jean-François LLITJOS, Bio­Mérieux, Eric QUÉMÉNEUR, France Vac­cins, Hervé RAOUL, ANRS-MIE, Gilles SALVAT, Ans­es, Édouard TIMSIT, Céva san­té ani­male

Présen­ta­tion du bio­clus­ter ID clus­ter