(com­mu­niqué de presse)

La FHP-MCO, fédéra­tion des clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie, obstétrique (MCO), et l’U­nion nationale des médecins spé­cial­istes con­fédérés (UMESPE) expri­ment leurs plus vives inquié­tudes quant au pro­jet du gou­verne­ment de réformer le dis­posi­tif de per­ma­nence des soins en étab­lisse­ments de san­té (PDSES).

“Les clin­iques et hôpi­taux privés MCO dis­posent de 134 ser­vices d’ur­gences sur le ter­ri­toire nation­al et y accueil­lent chaque année 2,2 mil­lions de patients, avec un haut niveau de qual­ité de prise en charge. Les étab­lisse­ments con­tribuent donc d’une manière essen­tielle à la per­ma­nence des soins de manière, qui est une mis­sion d’in­térêt général. Or la réduc­tion prévue de l’en­veloppe budgé­taire, qui est légitime au nom d’une ratio­nal­i­sa­tion néces­saire, ne saurait se faire au détri­ment du secteur privé. Il va fal­loir d’abord restruc­tur­er le dis­posi­tif dans les étab­lisse­ments publics pour y sup­primer les redon­dances inutiles”, déclar­ent Lamine Ghar­bi, prési­dent de la FHP-MCO, qui regroupe quelque 600 étab­lisse­ments privés MCO, et le Dr Jean-François Rey, prési­dent de l’U­nion nationale des médecins spé­cial­istes con­fédérés (UMESPE), pre­mier syn­di­cat de médecins spé­cial­istes libéraux.

La réforme en cours du dis­posi­tif de per­ma­nence des soins prévoit une baisse de l’en­veloppe budgé­taire glob­ale. Des lignes de garde et d’as­treinte devront donc être sup­primées.

Pour la FHP-MCO et l’UME­SPE, il faut avant tout ren­dre le dis­posi­tif plus effi­cient.  Les gains de pro­duc­tiv­ité ne se situent pas au sein du secteur privé, qui ne se voit pas déjà appli­quer une juste rémunéra­tion pour l’ensemble de ses lignes d’astreintes. Seules trois lignes font l’objet d’un finance­ment (trau­ma­tolo­gie, vis­cérale et anesthésie). A con­trario, de nom­breuses lignes de gardes et astreintes dans le secteur pub­lic méri­tent une analyse affinée d’étude d’opportunité.

Les deux fédéra­tions esti­ment essen­tiel et incon­tourn­able le main­tien dans les ser­vices d’ur­gence des clin­iques et hôpi­taux privés des trois lignes d’as­treintes médi­cales (orthopédie, vis­céral, anesthé­siste).

“On peut tou­jours amélior­er les choses au plan local mais quand on sait que dans cer­tains CHU, il y a trois orthopédistes de garde la même nuit, il y cer­taine­ment un gain d’ef­fi­cience à réalis­er de ce côté”, fait remar­quer Lamine Ghar­bi. “Mieux encore, il con­vient de pou­voir élargir le nom­bre de spé­cial­ités éli­gi­bles à cette rémunéra­tion. Nous rap­pelons que le secteur privé est déjà le par­ent pau­vre du dis­posi­tif, avec un mon­tant nation­al con­sacré au secteur privé de l’ordre de 60 mil­lions d’euros con­tre 760 mil­lions d’euros dans le secteur pub­lic”.

“Cette réforme pré­pare une mutu­al­i­sa­tion des urgences au prof­it exclusif des ser­vices hos­pi­tal­iers publics”, craint de son côté le Dr Jean-François Rey. “Le libre choix des patients de son prati­cien et de son étab­lisse­ment doit être main­tenu, y com­pris lorsqu’on par­le des urgences. Il faut offrir, par bassin de pop­u­la­tion, des pos­si­bil­ités d’ac­cueil dans les étab­lisse­ments de soins publics mais égale­ment dans les étab­lisse­ments de soins privés”, insiste le Dr Rey.

Dans cer­taines régions, les agences régionales de san­té (ARS) prévoient de remet­tre en cause la total­ité ou la qua­si-total­ité de la per­ma­nence des soins en nuit pro­fonde des étab­lisse­ments privés.

“Con­crète­ment, cela veut dire, ce qui veut dire que des patients qui arriveront aux urgences de nos clin­iques à deux heures du matin devront être redirigés vers d’autres étab­lisse­ments”, prévient Lamine Ghar­bi.