La FHP-MCO, fédéra­tion des clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie, obstétrique, se félicite de la posi­tion affir­mée par le Pre­mier min­istre François Fil­lon en faveur de la pour­suite de la con­ver­gence des tar­ifs hos­pi­tal­iers des secteurs publics et privés en vue de son aboutisse­ment en 2018.

“Le Pre­mier Min­istre a rap­pelé l’ob­jec­tif fixé par la loi de faire aboutir le proces­sus de con­ver­gence tar­i­faire d’i­ci 2018. Il a égale­ment souligné que le finance­ment des hôpi­taux ne pou­vait pas être fondé — pour repren­dre son expres­sion — sur ‘des dota­tions for­faitaire et arbi­traires, décon­nec­tées de toute notion d’ac­tiv­ité médi­cale’ et nous nous en félici­tons”, affirme Lamine Ghar­bi, prési­dent de la FHP-MCO, qui regroupe quelque 600 clin­iques et hôpi­taux privés en France.

“Nous dis­ons main­tenant au Pre­mier min­istre : chiche ! Il faut sor­tir des belles for­mules et pass­er de la parole aux actes. L’aligne­ment des tar­ifs des presta­tions hos­pi­tal­ières du pub­lic sur ceux du secteur le plus effi­cient, c’est-à-dire le privé, per­me­t­trait à l’as­sur­ance mal­adie de réalis­er au moins 7 mil­liards d’é­conomies, comme l’a rap­pelé la Cour des Comptes. Quand on voit l’é­tat de nos finances publiques et le gon­fle­ment inex­orable de la dette sociale, on se demande pourquoi seule­ment 100 mil­lions d’eu­ros sont prévus dans le Pro­jet de loi de finance­ment de la sécu­rité sociale pour 2012. C’est net­te­ment insuff­isant. Il faudrait être sur un objec­tif annuel d’un mil­liard par an d’économies pour espér­er voir la con­ver­gence des tar­ifs réal­isée en 2018. Au rythme actuel, elle ne sera pas achevée avant la fin du siè­cle”, pour­suit le prési­dent de la FHP-MCO.

La FHP-MCO rap­pelle que la con­ver­gence tar­i­faire est une mesure d’équité élé­men­taire pour met­tre un terme à la dis­crim­i­na­tion dont sont vic­times les clin­iques et hôpi­taux privés, dont les tar­ifs de rem­bourse­ment par la Sécu­rité sociale pour une même presta­tion de soins (par exem­ple une la pose d’une pro­thèse de la hanche ou une césari­enne) sont de 22% inférieurs en moyenne à ceux de l’hôpital pub­lic.

A con­trario, cela sig­ni­fie que les hôpi­taux publics coû­tent 28% de plus à la Sécu­rité sociale — et donc à la col­lec­tiv­ité — pour délivr­er les mêmes presta­tions de soins.

La FHP-MCO demande au gou­verne­ment de s’at­ta­quer enfin aux dépens­es en met­tant un terme aux dys­fonc­tion­nements et aux gaspillages des ressources et autres irrégu­lar­ités dans les hôpi­taux publics, dont les rap­ports des Cham­bres régionales des comptes se font régulière­ment l’é­cho. “Il n’est que de voir le dernier rap­port acca­blant de la CRC ([1]) sur la ges­tion calami­teuse des hôpi­taux de Mar­seille (AP-HM) – 1,2 mil­liard d’eu­ros de dette pour un bud­get de fonc­tion­nement équiv­a­lent – le fias­co des marchés infor­ma­tiques entouré de pra­tiques dou­teuses ([2]) et les primes irrégulières ver­sées aux per­son­nels, pour être tout sim­ple­ment effaré de la façon dont l’ar­gent des coti­sants soci­aux est gaspillé de façon éhon­tée”, s’indigne Lamine Ghar­bi.

La FHP-MCO con­tin­ue de réclamer un grand plan de per­for­mance à l’hôpital qui vise à une plus grande effi­cience du secteur hos­pi­tal­ier pub­lic.


([1] ) Voir notam­ment “Le gouf­fre des hôpi­taux de Mar­seille”, dans le dernier numéro de Objec­tif Méditer­ranée, novem­bre 2011, p.24.

([2]) “AP-HM: ce que coûte son fias­co infor­ma­tique”, La Provence, 16 mai 2011.