His­torique­ment, la liste en sus per­met d’accompagner l’innovation néces­saire à la prise en charge des patients, en rémunérant des pro­duits onéreux non inté­grables, donc non inté­grés dans les GHS. Cette bril­lante idée s’est heurtée en 2023 à des objec­tifs d’économies incom­pat­i­bles avec la garantie de l’accès à ces médica­ments et dis­posi­tifs médi­caux, pour une thérapeu­tique adap­tée aux besoins des patients. De plus, la déci­sion tem­porelle de radi­a­tion de la liste en sus est essen­tielle afin de préserv­er les étab­lisse­ments les plus précurseurs, qui sont pénal­isés en cas de radi­a­tion pré­maturée. Alors que la posi­tion des fédéra­tions est req­uise d’ici fin mai sur la radi­a­tion de cer­tains médica­ments et DM de la liste en sus, il est bon de rap­pel­er quelques points.

L’absence d’intégration du coût de ces pro­duits de la liste en sus dans les tar­ifs est insouten­able économique­ment. De telles déci­sions pure­ment compt­a­bles et sans aucun fonde­ment médi­cal, con­duisent de fait les étab­lisse­ments de san­té à assumer le coût très élevé de ces pro­duits sur leurs bud­gets actuels, s’ils le peu­vent, et par con­séquent à en lim­iter dras­tique­ment l’usage, con­damnés à être dans une sit­u­a­tion insup­port­able vis-à-vis des patients. Évi­tons qu’en silence, une nou­velle caté­gorie de médica­ments et de dis­posi­tifs médi­caux, ne fig­u­rant pas sur la liste en sus et non inté­grée dans les tar­ifs, soit sim­ple­ment à la charge des étab­lisse­ments de san­té. L’innovation doit être soutenue et la poli­tique du « ni-ni » ne peut relever que d’une poli­tique de san­té publique robuste, et ce d’autant que l’environnement est infla­tion­niste. Notre inquié­tude est légitime­ment forte au regard des événe­ments du début de l’année 2023, alors même que jusqu’à présent les pro­duits de la liste en sus radiés avaient été inté­grés dans les tar­ifs des GHS. Ce fut le cas pour les cataractes et autres chimio­thérapies.

Trois principes sont à préserv­er : une ges­tion pluri­an­nuelle de l’évolution de la liste est indis­pens­able pour préserv­er une vis­i­bil­ité des man­agers — c’est acquis pour 2024, mais ce n’est pas suff­isant. C’est en 2023 que nous devons aus­si envis­ager le pro­gramme pour 2025 et 2026 ; un pro­duit n’est radié que lorsqu’il est arrivé à matu­rité de développe­ment de sa pra­tique ; une com­pen­sa­tion totale du mon­tant radié est inté­grée au sein des tar­ifs des GHS.

Plusieurs let­tres com­munes en inter­fédéra­tions ont été portées en ce début d’année 2023. Les dif­fi­cultés ren­con­trées sont iden­tiques pour tous. Il est urgent de redonner son sens pre­mier à cette liste en sus.

 

Frédérique Gama

Prési­dente de la FHP-MCO