Crise civil­i­sa­tion­nelle, cli­ma­tique ou du sys­tème de san­té français, l’époque est à l’incertitude. Pour la réduire, la ten­ta­tion est grande de (trop) régir, encadr­er et son corol­laire, stan­dard­is­er, pour le meilleur et pour le pire.

Notre mod­èle de finance­ment n’échappe pas à cet emballe­ment : il sera réfor­mé ! Quand, com­ment ? En l’absence de prémices de répons­es, affi­chons des principes. Gar­dons-nous tout d’abord de vouloir un mod­èle unique. Les ressorts médi­caux, soci­aux et économiques néces­saires pour soign­er une cataracte, acte unique et pro­gram­mé, ou une patholo­gie chronique, acte itératif, dif­fèrent grande­ment. De même, gar­dons-nous de rechercher la per­fec­tion, sat­is­faisante en théorie mais imprat­i­ca­ble dans la réal­ité. Le dossier des Ibode est à ce titre un exem­ple cuisant, ouvert en 2015, il reste tou­jours sans solu­tion en jan­vi­er 2023.

Alors, il nous fau­dra garder les pieds sur terre si nous voulons ren­forcer la robustesse et la per­ti­nence du mod­èle de finance­ment, notam­ment des mis­sions d’intérêt général de ser­vice pub­lic.

Cinq lignes direc­tri­ces doivent con­stituer les fon­da­tions des con­struc­tions à venir :

  • Trans­parence des règles d’allocation de ressources et des droits et devoirs de cha­cun, pro­fes­sion­nels et tutelles;
  • Équité de répar­ti­tion et par-delà, traite­ment équitable des pro­fes­sion­nels de san­té, quel que soit leur statut et les régions;
  • Recon­nais­sance de notre capac­ité à être un acteur de san­té publique à part entière et assur­er les mis­sions de ser­vice pub­lic;
  • Respect du droit interne et européen en prenant en compte des deman­des émis­es par tous les pro­fes­sion­nels bien au-delà du critère du statut juridique;
  • Éval­u­a­tion des allo­ca­tions de ressources octroyées pour s’assurer de leur per­ti­nence et de leur effi­cience.

Ce n’est pas la pre­mière fois qu’une réforme de finance­ment est lancée. Il y a 10 ans, en 2013, était lancé le CORETAH (comité de réforme de la tar­i­fi­ca­tion hos­pi­tal­ière) où, déjà, cer­tains sujets étaient mis sur la table de la réforme : ser­vice pub­lic hos­pi­tal­ier et créa­tion d’un ser­vice pub­lic ter­ri­to­r­i­al de san­té, pro­mo­tion des par­cours des patients et d’amélioration de l’articulation entre les acteurs, amélio­ra­tion de l’efficience et de la qualité/pertinence des actes et des pris­es en charge, amélio­ra­tion de la lis­i­bil­ité du mod­èle de finance­ment. Cer­tains sujets ont été déclinés en 2019 comme le par­cours patient pré-IRCT avec le for­fait MRC.

Comme en 2013, nous serons présents sur tous les sujets. Nous veillerons au prag­ma­tisme des mod­èles envis­agés !