Quelques mots du Prési­dent de la République ont suf­fi à relancer les débats sur la T2A. Elle n’est pour­tant qu’un out­il tech­nique au ser­vice des arbi­trages poli­tiques de finance­ment, à l’image de la sous tar­i­fi­ca­tion volon­taire des césari­ennes. N’oublions pas que la T2A a per­mis au payeur de con­naître les presta­tions de soins qu’il finance. En 2021, avec un ONDAM hos­pi­tal­ier de 96,42 mil­liards, la T2A représente 59,8 % des dépens­es, soit près de 40 mil­liards financés hors T2A. À not­er, les enveloppes MIGAC pèsent 12 mil­liards d’euros en 2021, en aug­men­ta­tion de 8 mil­liards depuis 2005 et sont fléchées à 99 % vers le secteur Ex-DGF, sans pour autant avoir des règles d’allocation claire­ment établies. Il faut y ajouter les finance­ments assurés par le FIR d’un mon­tant de 4,3 mil­liards, hors ONDAM hos­pi­tal­ier, qui vient ali­menter de nom­breux finance­ments des étab­lisse­ments de san­té (MIG can­cérolo­gie, PDSES…).

Pour­tant, main­tenir le lien entre les activ­ités et leurs finance­ments est majeur. Pour preuve, la pour­suite de la garantie de finance­ment a don­né lieu à des débats nom­breux sur ses impacts quant à la reprise d’activité dans les étab­lisse­ments de san­té en 2022.

Si la dota­tion glob­ale est claire­ment inadap­tée, la T2A peut effec­tive­ment être inter­rogée sur sa per­ti­nence con­cer­nant la prise en charge des patients atteints de patholo­gies chroniques. De même, ce mod­èle de finance­ment T2A peut faire l’objet d’aménagements pour les par­cours de soins, en mater­nité par exem­ple, la médecine poly­va­lente, géri­a­trique, les soins pal­li­at­ifs, les soins cri­tiques. Sur tous ces points, nous serons force de propo­si­tion pour des amé­nage­ments.

Qu’attend-on du mod­èle économique du sys­tème hos­pi­tal­ier ? Qu’il offre une vis­i­bil­ité pluri­an­nuelle aux acteurs de san­té, qu’il prenne en compte l’évolution des coûts hos­pi­tal­iers notam­ment ceux relat­ifs à l’énergie, aux achats médi­caux, et la hausse néces­saire des salaires, et qu’il finance la qual­ité et intè­gre les inno­va­tions comme la robo­t­ique ou les inno­va­tions organ­i­sa­tion­nelles nées de l’article 51.

Alors l’outil T2A est-il en cause ou bien est-ce son util­i­sa­tion ? La T2A est-elle la rai­son de tous nos maux, ou faut-il s’attaquer à d’autres sujets : la taille de l’enveloppe de finance­ment, les pra­tiques de prise en charge alter­na­tives, les poli­tiques tar­i­faires du gou­verne­ment, la pénurie de per­son­nels qual­i­fiés, la région­al­i­sa­tion accélérée des finance­ments, etc. ?

Pour amélior­er de façon con­tin­ue notre sys­tème, avec méth­ode expéri­men­tons pour tester, éval­u­ons pour généralis­er (ou pas), posons l’équité, le bon sens et le prag­ma­tisme comme des valeurs car­di­nales.

Frédérique Gama
Prési­dente de la FHP-MCO