Mal­adie infan­tile très con­tagieuse, la rouge­ole fait par­tie des mal­adies « oubliées » qui revi­en­nent toute­fois en force ces dernières années. Pour quelles raisons ? Quelles sont les par­tic­u­lar­ités de la rouge­ole ? Com­ment la prévenir ? Voici nos répons­es.

Une recrudescence de cas en France… 

En 2023, plus de 306 000 cas ont été déclarés dans le monde soit +79% par rap­port à 2022. La prin­ci­pale rai­son expli­quant ce phénomène : la pandémie de COVID-19. Celle-ci a entraîné un recul de la sur­veil­lance et de la vac­ci­na­tion ces dernières années. La baisse des taux de vac­ci­na­tion et la réduc­tion des activ­ités de sur­veil­lance à tra­vers le monde ont ren­du des mil­lions d’enfants vul­nérables à des mal­adies évita­bles comme la rouge­ole, même en France.

La France fait par­tie des pays touchés avec en 2023 :

  • 7 foy­ers épidémiques (dont qua­tre liés à des cas importés) décomp­tés, le plus impor­tant en Auvergne-Rhône-Alpes avec 64 cas. Ils ont con­cerné des étab­lisse­ments sco­laires, des cer­cles famil­i­aux, ain­si que des ser­vices hos­pi­tal­iers don­nant lieu à des cas noso­co­mi­aux.
  • 117 cas de rouge­ole, dont 31 importés.
  • 27 hos­pi­tal­i­sa­tions en France, dont deux en réan­i­ma­tion, essen­tielle­ment des enfants de moins de 5 ans et des adultes de plus de 30 ans.
  • 12 cas avec com­pli­ca­tion, prin­ci­pale­ment des pneu­mopathies. Aucun décès n’a été rap­porté.

Plus glob­ale­ment, le bilan épidémi­ologique 2023 dévoilé par San­té Publique France, indique une hausse impor­tante des cas ayant été mul­ti­pliés par 8 par rap­port à l’année précé­dente. La France a ain­si enreg­istré sur l’année 2023 « une hausse notable des cas importés » dont plus de la moitié non vac­cinée, ce qui a entraîné « des chaînes de trans­mis­sion ». L’âge médi­an des cas était de 12 ans, plus élevé que les années antérieures, en lien avec le foy­er chez des col­légiens.

L’OMS lance une alerte face à la recrudescence des cas de rougeole

Depuis le début de l’an­née 2024, les don­nées épidémi­ologiques nationales et fran­cili­ennes mon­trent une forte aug­men­ta­tion du nom­bre de cas de rouge­ole en France et en Île-de-France.

Selon l’OMS, il est essen­tiel de réa­gir rapi­de­ment à l’épidémie de rouge­ole, car le nom­bre de cas enreg­istrés cette année devrait bien­tôt dépass­er le nom­bre total de cas recen­sés en 2023. Selon les dernières sta­tis­tiques disponibles, le nom­bre total de cas de rouge­ole offi­cielle­ment noti­fiés pour 45 des 53 pays de la Région européenne de l’OMS au cours des 3 pre­miers mois de l’année 2024 est de 56 634, avec 4 décès.

Qu’est-ce que la rougeole ?

La rouge­ole est un mor­bil­livirus de la famille des Paramyx­oviri­dae. Il appar­tient à la même famille que le virus des oreil­lons. Mal­adie virale res­pi­ra­toire très contagieuse,la mal­adie survient générale­ment chez les per­son­nes non ou mal vac­cinées. Si elle peut touch­er n’importe qui, elle est toute­fois plus fréquente chez les enfants. Très con­tagieuse, une per­son­ne con­t­a­m­inée par la rouge­ole peut infecter entre 15 et 20 per­son­nes.

Le plus sou­vent bénigne, le risque de com­pli­ca­tions con­cerne prin­ci­pale­ment les nour­ris­sons, les femmes enceintes, les per­son­nes souf­frant de mal­nu­tri­tion ou de déficit immu­ni­taire.

Elle peut en effet entraîn­er des com­pli­ca­tions sérieuses chez les malades comme :

  • Une diar­rhée sévère ;
  • Des infec­tions auric­u­laires ;
  • Une céc­ité ;
  • Une encéphalite (une infec­tion cau­sant un gon­fle­ment du cerveau pou­vant entraîn­er des lésions cérébrales) ;
  • Des prob­lèmes res­pi­ra­toires graves comme une pneu­monie.

En France, en 2019, 2 636 cas ont été sig­nalés ce qui fait de la France le pays d’Europe avec le plus grand nom­bre de cas déclarés. Face à la recrude­s­cence des cas sur le ter­ri­toire, depuis 2005, toute per­son­ne con­t­a­m­inée doit oblig­a­toire­ment être sig­nalée par son médecin aux autorités san­i­taires.

Comment se transmet cette maladie ?

Très con­tagieuse, le virus infecte l’appareil res­pi­ra­toire, puis se propage dans tout l’organisme. La rouge­ole se trans­met prin­ci­pale­ment par voie aéri­enne par :

  • Des gout­telettes de salive en sus­pen­sion dans l’air ;
  • Un con­tact direct avec les sécré­tions de per­son­nes infec­tées ;
  • En touchant des objets ou des sur­faces con­t­a­m­inés.

Les pre­miers signes de la rouge­ole peu­vent appa­raître 10 à 12 jours après avoir été exposé au virus.

Les symptômes de la rougeole

  • Un écoule­ment nasal (rhi­nite) ;
  • Une con­jonc­tivite ;
  • De la toux ;
  • Une fatigue impor­tante ;
  • Une forte fièvre (supérieure à 39–40°C).

Après 3 à 4 jours, une érup­tion cutanée survient. Elle se car­ac­térise par l’apparition de petites tach­es rouges sur l’ensemble du corps. Ces plaques appa­rais­sent d’abord sur le vis­age, der­rière les oreilles, sur le front, sur les joues, puis sur le cou et le haut du corps. Elles descen­dent pro­gres­sive­ment jusqu’aux pieds. 

Comment la traiter ?

Il n’existe pas de traite­ment spé­ci­fique con­tre le virus. Seuls les symp­tômes peu­vent être soulagés avec :

  • Du paracé­ta­mol pour faire baiss­er la fièvre ;
  • Des lavages de nez pour net­toy­er les fos­s­es nasales ;
  • Du sérum phys­i­ologique pour net­toy­er les yeux.

La plu­part des per­son­nes atteintes guéris­sent générale­ment en deux à trois semaines. Une fois con­trac­té, le malade est par la suite immu­nisé à vie con­tre le virus de la rouge­ole.

La vaccination protège de la rougeole

Selon Vac­ci­na­tion Info Ser­vice, le taux de cou­ver­ture vac­ci­nale reste insuff­isant en France, ce qui explique que le virus con­tin­ue à cir­culer dans le pays. Pour­tant la vac­ci­na­tion con­tre la rouge­ole pro­tège de la mal­adie dans près de 100% des cas après deux dos­es de vac­cin. Se faire vac­cin­er est le meilleur moyen de s’en pro­téger.

Selon San­té Publique France, la France béné­fi­cie en effet d’une cou­ver­ture vac­ci­nale main­tenue à un niveau élevé chez les nour­ris­sons du fait de l’obligation vac­ci­nale mise en place en 2018. Chez les adultes âgés de 18 à 35 ans, la cou­ver­ture vac­ci­nale est quant à elle estimée à 90,4% (baromètre 2021). Bien qu’élevée, elle reste toute­fois en dessous de l’objectif fixé.

Tous les enfants, ado­les­cents et jeunes adultes nés après 1980 doivent être vac­cinés con­tre la rouge­ole. Elle com­prend :

  • Chez les nour­ris­sons : une pre­mière dose à 12 mois et une sec­onde dose entre 16 et 18 mois ;
  • Chez les per­son­nes nées à par­tir de 1980 et âgées d’au moins 12 mois quels que soient les antécé­dents vis-à-vis des trois mal­adies (rouge­ole, oreil­lons, rubéole — ROR) : deux dos­es en respec­tant un délai min­i­mum d’un mois entre les deux dos­es ;
  • Chez les per­son­nes nées avant 1980, non vac­cinées et sans antécé­dent con­nu de rouge­ole, la vac­ci­na­tion avec une dose de vac­cin triva­lent ROR est forte­ment recom­mandée, sans con­trôle sérologique préal­able.

Pour encourager la vaccination, un partenariat a été mis en place contre la rougeole et la rubéole

Faisant par­ti du « Pro­gramme pour la vac­ci­na­tion à l’horizon 2030 », ce parte­nar­i­at est dirigé par la Croix-Rouge améri­caine, la Fon­da­tion pour les Nations Unies, les Cen­ters for Dis­ease Con­trol and Pre­ven­tion (CDC), Gavi, l’Alliance du Vac­cin, la Fon­da­tion Bill and Melin­da French Gates, l’UNICEF et l’OMS.

Lancé en 2001 sous le nom d’Initiative con­tre la rouge­ole et la rubéole, le parte­nar­i­at a été redy­namisé et a pour objec­tif de garan­tir qu’aucun enfant ne meure de la rouge­ole ou ne naisse avec le syn­drome de rubéole con­géni­tale. Ce dis­posi­tif aide les pays à plan­i­fi­er, financer et mesur­er les efforts visant à élim­in­er défini­tive­ment la rouge­ole et la rubéole. 

Sources :