Dr Olivi­er JOURDAIN, prési­dent de la Con­férence médi­cale d’établissement de l’hospitalisation privée (CME HP)

Le 24 mai 2024, vous avez été élu à la prési­dence de la CME HP. Quelle était votre moti­va­tion à vous présen­ter ?

La CME HP a vu le jour en 1996, suite à la créa­tion des con­férences médi­cales d’établissements privés prévues par la loi hos­pi­tal­ière de 1991. La CME HP siège dans de mul­ti­ples organ­ismes régionaux et nationaux.

Prési­dent de CME depuis 10 ans, j’ai acquis une cul­ture juridique et admin­is­tra­tive qui m’a per­mis de fédér­er les prési­dents de CME en Nou­velle Aquitaine. En 2019, les médecins du groupe Elsan m’ont nom­mé prési­dent des prési­dents de CME des étab­lisse­ments du groupe afin de flu­id­i­fi­er la com­mu­ni­ca­tion entre les médecins et les direc­tions. Ces expéri­ences m’ont amené à can­di­dater pour un man­dat d’un an afin de pro­pos­er à la CME HP une stratégie sur une base élec­torale struc­turée.

Quels sont les élé­ments clefs de cette réor­gan­i­sa­tion ?

Notre pre­mière action sera la mise à jour du fichi­er des prési­dents de CME pour struc­tur­er notre action et nom­mer des représen­tants dans les organ­ismes qui nous octroient des sièges. La parole des médecins doit être portée dans les instances. Rapi­de­ment nous lis­terons et hiérar­chis­erons les sièges dont nous dis­posons dans les com­mis­sions et organ­ismes et nous désignerons des représen­tants. À la Con­férence nationale de san­té et au Comité de con­cer­ta­tion pour la qual­ité et la sécu­rité des soins (CCQSS), les représen­tants ont d’ores et déjà été nom­més.

Les crises que le secteur de la san­té tra­verse démon­trent la néces­sité d’une con­cer­ta­tion. Ce que nous avons obtenu le ven­dre­di 28 mai 2024, est le résul­tat d’une stratégie com­mune entre les médecins, les syn­di­cats et la FHP. Il faut donc met­tre en place une coor­di­na­tion de nos actions sur le moyen et long terme. Une organ­i­sa­tion struc­turée à froid nous per­me­t­trait d’être encore plus effi­cace. C’est pourquoi, des out­ils de gou­ver­nance doivent être mis à la dis­po­si­tion des prési­dents de CME et des direc­tions d’établissements. Des ren­con­tres struc­turées entre la prési­dence des CME et la FHP doivent être pro­gram­mées. Les travaux du Comité de liai­son et d’ac­tion de l’hos­pi­tal­i­sa­tion privée (CLAHP) qui regroupe syn­di­cats, FHP et CME et établit des modal­ités de fonc­tion­nement entre direc­tions et médecins des étab­lisse­ments de san­té privés sont réac­tivés. L’idée n’est pas de chang­er les organ­i­sa­tions qui fonc­tion­nent mais de fournir des out­ils là où cela est néces­saire. Les modal­ités de fonc­tion­nement que nous pro­poserons pour le MCO seront adap­tées au PSY et au SMR.

Par ailleurs, l’im­age véhiculée par la san­té privée est finan­cière, alors que nous sommes un véri­ta­ble acteur de san­té publique. Il incombe aux médecins de démon­tr­er l’ampleur des réal­i­sa­tions et de leur engage­ment. Sur le ter­rain, pour les PRS et la PDSES notam­ment, nous deman­dons des pro­jets médi­caux co-con­stru­its selon les spé­cial­ités et les ter­ri­toires. Nous refu­sons la ges­tion admin­istrée et non con­certée qui est mor­tifère à court terme. Les CME appor­tent une con­nais­sance du ter­rain. Sans ce partage de vues, les médecins déser­tent les ter­ri­toires et les étab­lisse­ments de san­té publics.