Le récent rap­port de l’Igas « Financer la qual­ité des soins dans les étab­lisse­ments de san­té : un levi­er pour redonner du sens aux soignants », pro­pose de recen­tr­er ce vecteur de finance­ment sur son objec­tif pre­mier : pro­mo­tion­ner un soin de haute qual­ité. Financer la qual­ité est une demande his­torique de notre pro­fes­sion, plus appuyée encore depuis 2012 dans la mise en œuvre du mod­èle de finance­ment à la qual­ité, en priv­ilé­giant depuis tou­jours une approche « pro­mo­tion­nelle » et non « com­pas­sion­nelle ». Cette ligne direc­trice demeure la colonne vertébrale de notre action syn­di­cale.

D’un inci­tatif financier, le dis­posi­tif Ifaq est devenu un com­par­ti­ment à part entière du finance­ment des étab­lisse­ments de san­té, doté d’une enveloppe de 700 mil­lions d’euros en 2022. Depuis, tous les étab­lisse­ments exerçant une activ­ité de MCO (y com­pris HAD et dial­yse), SSR et de psy­chi­a­trie, sont con­cernés et plébisci­tent la démarche.

Les 18 recom­man­da­tions de l’Igas, qui font suite à la réno­va­tion du dis­posi­tif en 2019, empor­tent notre adhé­sion pour cer­taines, mais pour d’autres, sus­ci­tent aus­si des ques­tions et de la pru­dence. Nous atten­dons du sens — des objec­tifs clairs de san­té publique -, de la sim­plic­ité et de la vis­i­bil­ité, et donc de la pluri­an­nu­al­ité car la qual­ité demande du temps.

Ain­si, répon­dre à des niveaux de qual­ité car­ac­térisés par les pou­voirs publics pour obtenir une rémunéra­tion sera préférable à une logique de « con­cours ». De même, une gra­da­tion de la rémunéra­tion pour val­oris­er l’effort réal­isé est une clé pour embar­quer les équipes. À l’inverse, impos­er trop de principes en enfer­mant le man­ag­er dans un car­can est pren­dre le risque d’une moin­dre appro­pri­a­tion, pire d’une mesure inadap­tée à cer­taines organ­i­sa­tions. Il fau­dra aus­si pren­dre en compte les hon­o­raires des médecins libéraux, acteurs majeurs de la qual­ité, dans une mécanique val­orisée au regard du poids économique. Et enfin, s’appuyer davan­tage sur la cer­ti­fi­ca­tion, qui traduit fidèle­ment et selon une approche mul­ti­fac­to­rielle les résul­tats obtenus en ter­mes de qual­ité des soins, est souhaitable tout en n’étant pas exclu­sive de toute autre mesure.

Financer la qual­ité doit per­me­t­tre d’embarquer l’ensemble des pro­fes­sion­nels des étab­lisse­ments de san­té et être por­teur de sens pour les soignants qui por­tent l’avenir du sys­tème hos­pi­tal­ier. Le suc­cès du nou­veau dis­posi­tif de finance­ment à la qual­ité, Ifaq et autres com­posantes ciblées sur des activ­ités de soins (urgences, MRC…), dépen­dra de son car­ac­tère robuste, sim­ple, ambitieux, et con­certé avec l’ensemble des acteurs.