Mal­adie chronique du squelette à l’origine de frac­tures lour­des, l’ostéoporose n’a jamais été aus­si préoc­cu­pante face aux per­spec­tives d’allongement de l’espérance de vie.

A la dif­férence de l’arthrose qui touche les artic­u­la­tions, l’ostéoporose est une mal­adie dégénéra­tive du tis­su osseux qui touche le squelette. Cette mal­adie chronique inval­i­dante touche dans la grande majorité des cas les femmes, après la ménopause.

Qu’est-ce que l’ostéoporose ?

L’ostéo­porose est car­ac­térisée par une grande fragilité du squelette. Cette affec­tion altère la masse osseuse ain­si que l’architecture osseuse et entraîne de plus grands risques de frac­tures chez le sujet touché.

L’ostéoporose est due à un déséquili­bre entre les ostéoblastes — cel­lules qui solid­i­fient l’os — et les ostéo­clastes, cel­lules respon­s­ables de la résorp­tion osseuse. Quand les ostéoblastes sont dom­i­nants et que l’équilibre est rompu, appa­rais­sent alors les pre­miers signes de la mal­adie. Les risques de frac­tures sont dès lors impor­tants : col du fémur, vertèbres, poignets, etc.

L’ostéoporose touche avant tout les femmes

Selon l’Institut nation­al de la san­té et de la recherche médi­cale (INSERM), l’ostéo­porose touche env­i­ron 200 mil­lions de per­son­nes dans le monde. C’est une mal­adie deux à trois fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes, mais elle prend des formes plus graves chez les sujets mas­culins.

Selon Inserm, en France, on estime que 39% des femmes de 65 ans en souf­friraient et après 85 ans, on atteint les 70% avec des risques très élevés de frac­tures. 377 000 frac­tures osseuses seraient imputa­bles à l’ostéoporose chaque année. Si les hommes sont moins touchés, ils sont égale­ment 13 à 15% à en souf­frir.

Les enfants sont très excep­tion­nelle­ment atteints par cette mal­adie.

  • Principaux facteurs

Le risque d’ostéo­porose est d’au­tant plus mar­qué que les fac­teurs favorisants se cumu­lent.

    • L’âge supérieur à 65 ans
    • Le sexe : touche les deux sex­es, mais les femmes sont plus exposées.
    • Des antécé­dents de frac­ture surtout sur­venus lors d’un trau­ma­tisme min­ime
    • Une ménopause pré­coce avant 40 ans
    • Une carence d’apport en cal­ci­um et en vit­a­mine D et un ensoleille­ment réduit
    • Une activ­ité physique très réduite
    • Un faible gabar­it avec un Index de masse cor­porel < à 19 kg / m2
    • Un tabag­isme et une con­som­ma­tion trop impor­tante d’alcool
    • Cer­taines mal­adies, notam­ment endocrini­ennes ou des rhu­ma­tismes, comme la pol­yarthrite rhu­ma­toïde
    • Cer­tains traite­ments favorisent l’ostéoporose. C’est le cas des cor­ti­coïdes ou cor­ti­sone.

Diagnostics et évolution de l’ostéoporose

L’ostéoporose ne peut mal­heureuse­ment pas être diag­nos­tiquée très en amont. Elle passe sou­vent inaperçue. Comme nous l’avons dit, cer­taines prédis­po­si­tions peu­vent toute­fois alert­er. Et, dans la très grande majorité des cas, une frac­ture qui ne serait pas liée à un choc vio­lent est un signe majeur. Deux sit­u­a­tions per­me­t­tent de la détecter.

  • L’ostéodensitométrie

Aus­si appelé den­sit­o­métrie osseuse, l’ostéodensitométrie est un exa­m­en radi­ologique sécu­ri­taire, indo­lore et rapi­de per­me­t­tant de mesur­er la den­sité minérale osseuse (DMO).

Cette mesure est effec­tuée sur deux par­ties du corps : le rachis et le col du fémur. Plus la DMO est faible, plus le risque de frac­tures est élevé.

Des out­ils infor­ma­tiques com­plé­men­taires exis­tent, en par­ti­c­uli­er l’outil FRAX®. Dévelop­pé par l’OMS, ce mod­èle infor­ma­tique per­met d’évaluer les risques de frac­tures des patients de plus de 40 ans.

  • Les fractures

Les frac­tures observées au cours de l’ostéo­porose sont générale­ment de 3 types : les frac­tures du poignet, les frac­tures du col du fémur et les frac­tures de la colonne vertébrale.

Vivre avec l’ostéoporose

L’ostéoporose est une mal­adie grave, en rai­son des frac­tures qu’elle entraîne. Les com­pli­ca­tions peu­vent être lour­des de con­séquences : douleurs, perte de l’autonomie.

Le dépistage, la préven­tion et le traite­ment de cette mal­adie ont une impor­tance pri­mor­diale dans un but de san­té publique.

S’il est impos­si­ble de mod­i­fi­er cer­tains fac­teurs de risque d’ostéoporose – l’âge, le sexe féminin, la géné­tique (antécé­dents famil­i­aux d’ostéoporose) – il est pos­si­ble d’agir sur beau­coup d’autres, notam­ment par l’observation de bonnes règles d’hygiène de vie.

La pra­tique d’une activ­ité physique régulière con­tribue à min­imiser l’impact de l’ostéoporose.

Sur­veiller son ali­men­ta­tion, en s’assurant qu’elle com­porte un apport suff­isant en cal­ci­um et en vit­a­mine D, joue un rôle impor­tant. La vit­a­mine D est égale­ment pro­duite par l’épi­derme à la suite à une expo­si­tion mod­érée au soleil.

L’arrêt du tabac, une con­som­ma­tion mod­érée d’alcool et le main­tien d’un poids équili­bré par rap­port à sa taille sont, enfin, des fac­teurs qui sou­ti­en­nent une meilleure défense face aux risques que présente l’ostéoporose

Le suivi médical

Une fois diag­nos­tiquée, l’ostéoporose doit être traitée par un anti-ostéo­poro­tique spé­ci­fique adap­té. L’ob­jec­tif du traite­ment est d’éviter la sur­v­enue de frac­tures en ren­forçant la solid­ité du tis­su osseux. Il existe dif­férents types de traite­ments adap­tés aux fac­teurs de risque de la per­son­ne. Les médica­ments les plus fréquem­ment pre­scrits sont des biphos­pho­nates. Le traite­ment est assez long.

Cepen­dant, ce traite­ment ne doit jamais faire nég­liger la préven­tion des chutes :

  • Cor­rec­tion de l’acuité visuelle,
  • Traite­ment de trou­bles neu­ro­mus­cu­laires ou orthopédiques,
  • Action sur l’environnement domes­tique du patient,
  • Pré­cau­tions par­ti­c­ulières avec les traite­ments pou­vant altér­er la vig­i­lance tels que les som­nifères ou les tran­quil­lisants.

L’ostéoporose n’est pas, à pro­pre­ment par­ler, une mal­adie mortelle. Cepen­dant, elle con­tribue à forte­ment dimin­uer l’espérance de vie par ses com­pli­ca­tions : les frac­tures.
Il est pos­si­ble de prévenir cette mal­adie en ren­forçant son ossa­t­ure grâce à une activ­ité physique régulière et à une ali­men­ta­tion équili­brée riche en cal­ci­um et en vit­a­mine D. Des com­plé­ments sont d’ailleurs sou­vent pre­scrits en cas de carences, même légères.

Sources