Le don et la trans­plan­ta­tion d’or­ganes con­siste à prélever un organe sur un don­neur et à le plac­er chirur­gi­cale­ment sur un receveur dont l’or­gane est défail­lant. Les organes qui peu­vent être don­nés com­pren­nent entre autres le foie, les reins, le pan­créas et le cœur.

La trans­plan­ta­tion d’or­ganes est actuelle­ment con­sid­érée comme l’une des grandes avancées de la médecine mod­erne même si, mal­heureuse­ment, le besoin en don­neurs d’or­ganes dépasse de loin le nom­bre d’organes don­nés à l’échelle mon­di­ale.

Effec­tive­ment, les besoins en gref­fons ont con­sid­érable­ment aug­men­té en France de 2006 à 2017 (de 12 512 à 23 828 deman­des) et c’est la rai­son pour laque­lle les spé­cial­istes redou­blent d’efforts pour ten­ter d’améliorer la sit­u­a­tion.

Don d’organes : les parties concernées

Les organes entiers pou­vant être trans­plan­tés com­pren­nent le foie, le rein, le pan­créas, le cœur, le poumon, l’intestin, la cornée et l’oreille moyenne.

Les os, la peau, la moelle osseuse, les valves car­diaques et le tis­su con­jonc­tif peu­vent égale­ment faire l’objet d’un don.

Lorsque la greffe implique plusieurs struc­tures pou­vant inclure la peau, l’utérus, les os, les mus­cles, les vais­seaux san­guins, les nerfs et le tis­su con­jonc­tif, on par­le d’allogreffes com­pos­ites vas­cu­lar­isées.

Qui peut devenir donneur d’organes ?

Les per­son­nes de tout âge peu­vent se con­sid­ér­er comme des don­neurs poten­tiels même de son vivant. Mais 92% des dons d’organes ou de tis­sus vien­nent d’une per­son­ne décédée.

Per­me­t­tre le prélève­ment de ses organes ou de ses tis­sus après son décès est un acte de générosité et de sol­i­dar­ité. Ce geste per­met de sauver des vies.

Depuis la loi du 22 décem­bre 1976 (loi Caillavet), cha­cun est pré­sumé don­neur, sauf en cas de refus exprimé de son vivant.

Lorsqu’une per­son­ne décède, elle est éval­uée pour l’ad­mis­si­bil­ité du don­neur en fonc­tion de ses antécé­dents médi­caux et de son âge. L’or­gan­isme d’ap­pro­vi­sion­nement en organes déter­mine l’ap­ti­tude médi­cale au don.

Les principaux enjeux de la recherche de la greffe d’organe

  • Augmenter le nombre de greffons disponibles

5 273 greffes ont été pos­si­bles grâce à 1 392 don­neurs décédés et 521 don­neurs vivants. Par rap­port à 2020, il y a eu une hausse de 19,3% du nom­bre total de greffes en France et ce mal­gré une année 2020 mar­quée par le covid 19.

Mal­gré cette aug­men­ta­tion, le nom­bre de deman­deurs d’organes reste plus impor­tant que le nom­bre de receveurs.

Le milieu sci­en­tifique pro­pose alors de faire face à cette pénurie d’or­ganes par l’élar­gisse­ment des critères d’éligibilité d’or­ganes pour le don comme l’ac­cep­ta­tion de don­neurs âgés et présen­tant cer­tains fac­teurs de risque.

  • Favoriser des conditions de transplantation optimales

La con­ser­va­tion du gref­fon durant les étapes de la trans­plan­ta­tion joue un rôle majeur dans le suc­cès du proces­sus. Après avoir été prélevé sur son don­neur, l’or­gane sujet à la trans­plan­ta­tion est privé d’oxygène et de nutri­ments. Les études en cours s’in­téressent à dévelop­per des machines capa­bles de main­tenir dans l’organe une cir­cu­la­tion d’un liq­uide pour ain­si favoris­er sa préser­va­tion avant trans­plan­ta­tion. Un pro­to­type promet­teur est actuelle­ment en cours mis en place par une équipe médi­cale française.

  • Organes cultivés en laboratoire

Des chercheurs souhait­ent met­tre au point une nou­velle tech­nique qui pour­rait un jour leur per­me­t­tre de cul­tiv­er en lab­o­ra­toire des organes humains entière­ment fonc­tion­nels.

Jusqu’à présent, les rem­place­ments d’or­ganes pro­duits en lab­o­ra­toire n’ex­is­tent que dans la sci­ence-fic­tion. Les chercheurs éval­u­ent aujourd’hui que pour dévelop­per avec suc­cès des organes et des tis­sus, il doit y avoir un échafaudage 3D biologique­ment com­pat­i­ble qui con­tient tous les mes­sages biochim­iques dans la con­fig­u­ra­tion cor­recte pour déclencher la for­ma­tion de l’or­gane ou du tis­su souhaité.

  • Atténuer la réaction de rejet du greffon par le receveur.

L’organisme de la per­son­ne gref­fée réag­it pos­i­tive­ment ou néga­tive­ment en dévelop­pant une réac­tion immu­ni­taire au gref­fon.

La recherche pri­orise donc de dévelop­per des mar­queurs qui per­me­t­tent un dépistage rapi­de de la réac­tion de rejet du gref­fon, en vue de la pren­dre en charge le plus rapi­de­ment pos­si­ble.

En France, un plan ministériel pour le prélèvement et la greffe d’organes et de tissus de 2022–2026.

Ce nou­veau plan établit les pri­or­ités pour accroître le don et la trans­plan­ta­tion d’or­ganes et de tis­sus au cours des cinq prochaines années.

Voici quelques exem­ples de ces objec­tifs quan­ti­tat­ifs :

  • Aug­menter à 65 le nom­bre des étab­lisse­ments de san­té ayant con­clu une con­ven­tion pour le pro­to­cole Maas­tricht III en 2026 en vue d’obtenir une hausse de 15ֵ% de nom­bre de greffes à par­tir de gref­fons issus de ce pro­to­cole
  • 20% de greffes rénales réal­isés à par­tir de don­neurs vivants
  • Obtenir une durée d’ischémie froide moyenne pour la greffe rénale 10 heures en 2026.

Au niveau quan­ti­tatif, le plan greffe (le qua­trième) met en avant plusieurs inno­va­tions :

  • Garan­tir la mobil­i­sa­tion des infir­mières en pra­tique avancée pour assur­er la pro­fes­sion­nal­i­sa­tion des coor­di­na­tions hos­pi­tal­ières de prélève­ment et faciliter le suivi des patients gref­fés, en com­plé­ment de la sys­té­ma­ti­sa­tion des audits et du ren­force­ment de la for­ma­tion.
  • Le développe­ment du prélève­ment mul­ti-sources pour con­tre­car­rer la baisse ten­dan­cielle du nom­bre de sujets en état de mort encéphalique.
  • La révi­sion des modal­ités de finance­ment de l’activité de prélève­ment et de greffe, dans un sens plus inci­tatif, pour assur­er l’attractivité de la fil­ière (notam­ment une meilleure rémunéra­tion des astreintes chirur­gi­cales, et la redéf­i­ni­tion du tarif des prélève­ments de rein sur don­neur vivant pour mieux val­oris­er le coût de l’occupation des blocs opéra­toires).

En par­al­lèle, pour le prélève­ment comme pour la greffe, le plan prévoit de ren­forcer la trans­parence des finance­ments fléchés, en recom­man­dant la tenue, dans chaque étab­lisse­ment de san­té autorisé, d’un dia­logue de ges­tion dédié à ces activ­ités.

La créa­tion d’indicateurs de per­for­mance con­cer­nant l’organisation de la fil­ière du prélève­ment et de la greffe dans les étab­lisse­ments autorisés, de manière à sus­citer de l’émulation entre ceux-ci et mobilis­er leurs direc­tions.

La créa­tion d’un éch­e­lon région­al du pilotage de l’activité de prélève­ment et de greffe impli­quant les agences régionales de san­té (ARS), dans le but de met­tre en phase les mesures envis­agées avec les spé­ci­ficités de chaque con­texte local.

Les nou­velles mesures définies pour la péri­ode 2022 – 2026 seront soutenues par un finance­ment de 210 mil­lions d’€, ce qui réé­val­ue à 2 mil­liards d’€ le mon­tant des engage­ments en faveur du prélève­ment de de la greffe d’organes (soit une hausse de plus de 10 % par rap­port au bud­get habituelle­ment alloué).

Sources :