Con­nais­sez-vous votre groupe san­guin ?

C’est une infor­ma­tion essen­tielle à laque­lle nous devri­ons tous pou­voir répon­dre car elle con­tient des infor­ma­tions essen­tielles à con­naître pour des sit­u­a­tions telles que les dons de sang, les trans­fu­sions de sang ou les grossess­es.

Il est égale­ment très utile de com­pren­dre le proces­sus de trans­mis­sion de ce dernier, une ques­tion très fréquem­ment posée lors des con­sul­ta­tions médi­cales.

Les différents groupes sanguins

Des molécules dis­tinctes appelées agglu­tinogènes (un type d’antigène) sont fixées à la sur­face des glob­ules rouges. Il existe deux types dif­férents d’ag­glu­tinogènes, le type “A” et le type “B”. Chaque type a des pro­priétés dif­férentes.

Le sys­tème de clas­si­fi­ca­tion des groupes san­guins ABO utilise la présence ou l’ab­sence de ces molécules pour class­er le sang en qua­tre types.

Un autre niveau de spé­ci­ficité est ajouté au groupe san­guin en exam­i­nant la présence ou l’ab­sence de la pro­téine Rh. Chaque groupe san­guin est soit posi­tif “+” (à la pro­téine Rh) soit négatif “-” (pas de pro­téine Rh).

Par exem­ple, une per­son­ne dont le groupe san­guin est “A posi­tif” (A +), a à la fois des pro­téines de type A et Rh à la sur­face de ses glob­ules rouges.

Examens pour déterminer son groupe sanguin

Un échan­til­lon de sang est néces­saire pour déter­min­er le groupe san­guin d’un indi­vidu. Le proces­sus de déter­mi­na­tion du groupe san­guin com­porte deux étapes :

  1. L’échan­til­lon est mélangé avec des anti­corps san­guins de type A et de type B et sur­veil­lé pour voir si les glob­ules rouges dans le sang s’ag­glu­ti­nent ou non.

S’il y a des cail­lots, cela sig­ni­fie que le sang réag­it avec l’un des anti­corps.

  1. C’est ce qu’on appelle la frappe inver­sée. Ici, le plas­ma san­guin (sans cel­lules) est mélangé avec du sang de type A ou de type B :
    • Les per­son­nes ayant du sang de type A ont des anti­corps de type B.
    • Les per­son­nes ayant du sang de type B ont des anti­corps de type A.
    • Les per­son­nes ayant du sang de type O ont à la fois des anti­corps de type A et de type B.

Pour déter­min­er si le sang est Rh posi­tif ou négatif, on exam­ine si le sang con­tient ou non des pro­téines à la sur­face des cel­lules. S’il y a des pro­téines à la sur­face de la cel­lule, ce serait Rh posi­tif et sinon, ce serait Rh négatif.

Groupes sanguins et compatibilité

Le groupe san­guin AB+ est con­nu sous le nom de récep­teur uni­versel : un indi­vidu de ce groupe san­guin peut recevoir n’im­porte quel autre groupe san­guin sans réac­tion.

Le groupe san­guin AB- peut recevoir les groupes san­guins A‑, B- ou O-; tout sang trans­fusé doit être Rh négatif pour éviter une réac­tion.

Le groupe san­guin A+ peut recevoir les groupes san­guins A+, A‑, O+ ou O-.

Le groupe san­guin A- peut recevoir les groupes san­guins A- et O-.

Le groupe sanguin, un héritage génétique

Tout le monde hérite de deux allèles du gène, un de chaque par­ent. La com­bi­nai­son de vos deux allèles déter­mine votre groupe san­guin.

Les molécules antigéniques A et B à la sur­face des glob­ules rouges sont fab­riquées par deux enzymes dif­férentes.

Ces deux enzymes sont codées par dif­férentes ver­sions, ou allèles, du même gène.

L’al­lèle A code pour une enzyme qui fab­rique l’antigène A et l’al­lèle B code pour une enzyme qui fab­rique l’antigène B. Une troisième ver­sion de ce gène, l’al­lèle O, code pour une pro­téine non fonc­tion­nelle ; il ne fait aucune molécule de sur­face.

Les groupes san­guins A et B sont co-dom­i­nants, donc si le père a le groupe san­guin AA et la mère a le groupe san­guin BB, l’en­fant aura un groupe san­guin AB.

Le groupe san­guin O est réces­sif, donc un enfant n’au­ra ce groupe san­guin que s’il reçoit deux gènes de groupe san­guin O de ses par­ents. Si les deux par­ents sont du groupe san­guin O, tous les enfants de la famille seront du groupe san­guin O. Cela peut égale­ment se pro­duire si les par­ents sont hétérozy­gotes pour l’al­lèle O : cela sig­ni­fie que la mère peut être du groupe san­guin A, mais son géno­type (les gènes qu’elle porte) sont en réal­ité AO. Dans ce cas, elle exprime l’antigène san­guin A, mais elle pos­sède égale­ment un gène du groupe san­guin O.

Si une femme pro­crée avec un autre por­teur AO hétérozy­gote, il y a une chance que l’un de leurs enfants hérite des deux gènes O et ait ensuite le groupe san­guin O. La prob­a­bil­ité que cette famille ait un enfant de groupe san­guin O est de 25 % — il y a 50 % de chances qu’ils aient un enfant de géno­type AO (qui aurait le groupe san­guin A) et 25 % de chances qu’ils aient un enfant avec le géno­type AA (groupe san­guin A).

Le groupe san­guin A est dom­i­nant sur le groupe san­guin O, donc toute per­son­ne qui a un gène A aura le groupe san­guin A, même si elle porte un gène de type O.

Le groupe san­guin B est dom­i­nant sur le groupe san­guin O, donc toute per­son­ne qui a un gène B aura le groupe san­guin B, même si elle porte un gène de type O.

Le fac­teur Rh est dom­i­nant, donc un par­ent qui a deux allèles pour le fac­teur Rh aura des enfants qui sont Rh posi­tifs. Si les par­ents sont hétérozy­gotes (ayant un allèle fac­teur Rh et un allèle Rh négatif), ils ont 25 % de chance d’avoir un enfant Rh négatif. Si les deux par­ents sont Rh négatif, tous leurs enfants seront Rh négatif.

Risque d’incompatibilité Rh pendant la grossesse

Il est extrême­ment impor­tant de tenir compte du fac­teur Rh de la mère pen­dant la grossesse.

Rh posi­tif est le groupe san­guin le plus courant. Le rhé­sus négatif est moins courant et donc cer­taines pré­cau­tions doivent être pris­es avec les femmes rhé­sus néga­tives pen­dant la grossesse.

Si leur parte­naire est Rh posi­tif, il est pos­si­ble que le bébé soit égale­ment Rh posi­tif, ce qui peut entraîn­er des com­pli­ca­tions pen­dant la grossesse. Cela se pro­duit si le sang de la mère et de l’en­fant entre en con­tact.

Bien que le sang de la mère ne se mélange pas habituelle­ment avec celui du bébé pen­dant la grossesse, cela peut arriv­er pen­dant l’ac­couche­ment

Dans ce cas de fig­ure, le sang Rh négatif de la mère peut inter­a­gir avec les anti­corps Rh de l’en­fant.

Ce n’est générale­ment pas un prob­lème lors d’une pre­mière grossesse, mais cela peut pos­er un prob­lème lors de grossess­es ultérieures, car les anti­corps pour­raient pénétr­er dans le pla­cen­ta et atta­quer les glob­ules rouges d’un futur bébé Rh posi­tif. Cela pour­rait provo­quer une anémie chez le fœtus qui pour­rait le tuer.

Les groupes sanguins sur le plan démographique

Les groupes san­guins vari­ent selon la région géo­graphique : les Scan­di­naves ont une forte prob­a­bil­ité d’être por­teurs du groupe san­guin A, tan­dis que ceux d’Asie cen­trale sont plus sus­cep­ti­bles d’être por­teurs du groupe san­guin B. Le groupe san­guin O est le groupe san­guin le plus répan­du dans le monde.

Selon le Nation­al Cen­ter for Biotech­nol­o­gy Infor­ma­tion (une ressource de biolo­gie molécu­laire financée par le gou­verne­ment), la répar­ti­tion des groupes san­guins par région est la suiv­ante :

  • Groupe sanguin A : Europe centrale et orientale

Le groupe san­guin A est courant en Europe cen­trale. Près de la moitié de la pop­u­la­tion du Dane­mark, de la Norvège, de l’Autriche et de l’Ukraine a ce groupe san­guin. Ce groupe san­guin se trou­ve égale­ment à des niveaux élevés chez de petits groupes de per­son­nes non appar­en­tées. Au Mon­tana, 80% de la tribu Black­foot appar­tient au groupe san­guin A.

  • Groupe sanguin B : Asie

Le groupe san­guin B est rare en Europe (env­i­ron 10% de la pop­u­la­tion), mais assez courant en Asie. Près de 25% de la pop­u­la­tion chi­noise présente ce groupe san­guin. Ce groupe san­guin est égale­ment assez courant en Inde et dans d’autres pays d’Asie cen­trale.

  • Groupe sanguin AB : Asie

Le groupe san­guin AB est le plus rare de tous. On le trou­ve dans jusqu’à 10% de la pop­u­la­tion au Japon, en Corée et en Chine, mais il est extrême­ment rare dans d’autres régions.

  • Groupe sanguin O : l’Amérique

Le groupe san­guin O est le plus répan­du dans le monde et est porté par de nom­breuses per­son­nes vivant en Amérique du Sud. C’est le groupe san­guin le plus courant chez les aborigènes aus­traliens, les celtes, ceux qui vivent en Europe occi­den­tale et aux États-Unis. 

  • Facteur Rh

La majorité des per­son­nes dans n’im­porte quelle région géo­graphique sont Rh posi­tif. Les Cau­casiens sont les plus sus­cep­ti­bles d’être Rhé­sus négat­ifs, avec env­i­ron 17 % des don­neurs de sang présen­tant un manque de cette pro­téine. Les Amérin­di­ens sont la deux­ième pro­por­tion la plus élevée de la pop­u­la­tion à tester comme Rh négatif : env­i­ron 10 % des don­neurs de cette pop­u­la­tion man­quent de cette pro­téine.

En France, les groupes les plus répan­dus sont A et O (44 % et 42 %), alors que les groupes B et AB ne représen­tent que respec­tive­ment 10 % et 4 % de la pop­u­la­tion.

Une Fabrication de sang universel ?

Le sci­en­tifique Stephen G. With­ers et son équipe, de l’U­ni­ver­sité de Colom­bie — Bri­tan­nique, ont expliqué com­ment con­ver­tir le sang du groupe A en O, en util­isant deux enzymes du micro­biote intesti­nal.

Si cette décou­verte pub­liée dans la revue Nature Micro­bi­ol­o­gy en juin 2021 était validée, cela con­duirait à un appro­vi­sion­nement accru du groupe san­guin uni­versel des don­neurs.

Sources: