Dominique PON est Directeur de la Clin­ique Pas­teur à Toulouse (31), lau­réat des trophées de la FHP 2011 dans la caté­gorie Ressources Humaines.

En quoi con­siste votre démarche ?
Notre étab­lisse­ment est glob­ale­ment très impliqué dans des démarch­es de développe­ment durable et nous souhaitions faire plus dans le volet social, notam­ment en direc­tion de nos per­son­nels soignants. Nous nous sommes donc intéressés au mod­èle d’établissement attrac­t­if ARIQ (Attrac­tion, Réten­tion, Impli­ca­tion des infir­mières et Qual­ité des soins) et aux idées man­agéri­ales et socié­tales des hôpi­taux « mag­né­tiques », forte­ment répan­dus au Cana­da et en Bel­gique. ARIQ nous a per­mis de béné­fici­er d’un référen­tiel pré-établi défi­ni autour de trois axes : le sens d’une mis­sion, le sup­port organ­i­sa­tion­nel apporté par l’institution à ses col­lab­o­ra­teurs et la stratégie d’ouverture vers l’extérieur et le con­cept d’hôpital mag­né­tique nous a per­mis de traduire dans les faits des con­cepts man­agéri­aux nova­teurs et béné­fiques pour les per­son­nels soignants.
Com­ment se traduit cette démarche dans les faits ?
Un hôpi­tal mag­né­tique a pour philoso­phie de favoris­er l’autonomie pro­fes­sion­nelle des infir­mières avec une ges­tion des unités décen­tral­isée et une capac­ité d’innovation encour­agée. Nous avons donc en pri­or­ité mis en place une hiérar­chie plate et un envi­ron­nement qui cherche à recon­naître le tra­vail de cha­cun et à respon­s­abilis­er les per­son­nels. Porté par la direc­trice adjointe en charge des ressources humaines, ce pro­jet a démar­ré il y a plus d’un an. Décloi­son­ner les caté­gories de pro­fes­sion­nels, favoris­er les échanges et l’entraide inter-ser­vices et avec les médecins a été souhaité en pri­or­ité par nos per­son­nels. Nous avons donc tous ensem­ble élaboré une charte de sol­i­dar­ité qui doit pou­voir con­tribuer à favoris­er le bien-être au tra­vail, la réduc­tion du stress, qui sont au demeu­rant des sujets d’actualité. 

Quels béné­fices en tirez-vous ?
Avant de par­ler des béné­fices, il faut par­ler des investisse­ments ! A titre per­son­nel, je m’astreins par exem­ple à faire le tour de tous les ser­vices régulière­ment, à ren­con­tr­er les équipes même celles de nuit, à avoir un con­tact direct avec les per­son­nels. L’absentéisme et le turnover sont des prob­lèmes récur­rents pour tous les étab­lisse­ments, et chez nous comme ailleurs, la pres­sion tar­i­faire pèse sur nos marges de manœu­vre en matière de poli­tique salar­i­ale, et génère un risque social per­ma­nent. Aus­si, nous souhaitons met­tre en place pro­gres­sive­ment une démarche « venant du ter­rain » qui nous pousse à con­cevoir dif­férem­ment notre tra­vail de man­ag­er et à met­tre plus encore de la valeur dans l’humain. Nous sommes con­va­in­cus que les béné­fices seront vis­i­bles sur le long terme, et nous espérons aus­si à plus courte échéance une amélio­ra­tion de la qual­ité de vie de nos soignants, de leur san­té. Comme n’importe quel étab­lisse­ment, nous sommes frag­iles, et il faut rester très hum­ble quand on par­le de résul­tat dans le domaine social. Mais je crois qu’il faut aus­si savoir se don­ner une ambi­tion. La nôtre est de souhaiter des équipes heureuses, soudées et disponibles pour les patients et qui nous res­teront fidèles.