16 années ont été néces­saires pour met­tre en place la tar­i­fi­ca­tion à l’activité, depuis l’expérimentation du PMSI par 16 clin­iques en 1989 au big bang du 1er mars 2005.

En 2018, le gou­verne­ment annonçait une grande réforme du finance­ment des étab­lisse­ments inscrite dans une stratégie de trans­for­ma­tion du sys­tème de san­té. Les bonnes inten­tions butent aujourd’hui sur les con­stats de réal­ité.

Les 700 GHM de 2005 sont devenus 2 600 et cette part de finance­ment à l’activité se dilue au prof­it d’un mille-feuille de MIGAC et de finance­ments for­faitaires dont seuls les experts réus­sis­sent encore à suiv­re le fil. L’esprit de la réforme d’hier n’a déjà plus cours alors que le déploiement de la réforme de demain est à peine esquis­sé.

Les objec­tifs sont partagés — « dévelop­per la préven­tion, assur­er un stan­dard élevé de qual­ité, rechercher une plus grande per­ti­nence des soins et des par­cours de prise en charge et pren­dre le temps d’une meilleure coor­di­na­tion » -, les moyens pour les attein­dre sont à définir et à partager.

Si cha­cun com­prend que le suc­cès de réformes tient à leur mise en place pro­gres­sive, dont la co-con­struc­tion doit se faire avec les acteurs con­cernés, emboîter sans fin des déci­sions de report ou de sus­pen­sion à des péri­odes d’expérimentation et de tran­si­tion, ren­dent les années à venir peu lis­i­bles.

Pour­tant, l’innovation ne peut plus atten­dre un dis­posi­tif RIHN dépassé, la qual­ité l’accélération de l’IFAQ, pas plus les patholo­gies chroniques ne peu­vent atten­dre leur for­fait final­isé, la nais­sance son pro­jet des 1 000 jours, les soins cri­tiques leurs nou­velles modal­ités d’autorisation et de finance­ment, l’activité de médecine son nou­veau mod­èle de finance­ment, sans par­ler des inno­va­tions chirur­gi­cales avec le robot, etc.

Le cap est don­né depuis trois ans. Une feuille de route unique, claire, com­prenant les dif­férentes étapes, assor­tie de mesures d’accompagnement est désor­mais impéra­tive, au risque d’affaiblir la néces­saire adhé­sion à une réforme dont tous les acteurs s’ac­cor­dent sur l’am­bi­tion.

Frédérique Gama
Prési­dente de la FHP-MCO