Le rôle de la nutri­tion dans la pro­tec­tion ou l’émergence des patholo­gies telles que le can­cer, l’obésité, les mal­adies car­dio­vas­cu­laires ou encore le dia­bète est de mieux en mieux étudié. Les scores nutri­tion­nels ont pour objec­tif de nous aider à mieux choisir notre ali­men­ta­tion, mais il faut bien recon­naître qu’on ne sait pas tou­jours trop com­ment s’en servir.

Le Programme National Nutrition Santé : un guide

Le Pro­gramme Nation­al Nutri­tion San­té (PNNS), élaboré en 2001, puis pro­longé en 2006 et 2011, a pour but d’améliorer l’état de san­té de l’ensemble de la pop­u­la­tion en agis­sant sur la nutri­tion. Ses recom­man­da­tions se divisent en 2 grandes ori­en­ta­tions : ce qu’il faut aug­menter et ce qu’il faut dimin­uer ou éviter.

A aug­menter : les fruits et légumes, au moins 5 por­tions par jour, idéale­ment 3 légumes et 2 fruits (ça peut être les mêmes, une pomme à midi et une pomme le soir, même s’il vaut mieux vari­er, c’est vrai), une por­tion représen­tant env­i­ron 80 à 100g de pro­duit (une demi-cuil­lère à café, ça ne compte pas !). Aug­menter aus­si les légu­mineuses et les céréales com­plètes, rich­es en fibres. A réduire en revanche : l’alcool, les bois­sons sucrées, les ali­ments gras, salés, sucrés, le sel et les pro­duits ultra-trans­for­més. A tout cela s’ajoute (bien que ce ne soit pas de la nutri­tion) la pra­tique d’une activ­ité physique régulière.

Des scores pour aider à s’y retrouver

On le voit, les recom­man­da­tions sont claires, mais pas si faciles à suiv­re quand on n’est pas un expert de la diété­tique ! Beau­coup de ques­tions se posent à cha­cun au fur et à mesure de ses repas ou de ses achats. S’il est rel­a­tive­ment facile de gér­er les pro­duits non trans­for­més (une orange, 100g de chou-fleur ou de lait), c’est beau­coup plus com­pliqué dès qu’il s’agit de pro­duits trans­for­més (des madeleines, des lasagnes…) car tout dépend de la recette du fab­ri­cant.

D’où l’idée de sim­pli­fi­er la vie des citoyens en don­nant des indi­ca­tions sup­plé­men­taires sur les pro­duits de con­som­ma­tion eux-mêmes. Car savoir décrypter les éti­quettes des pro­duits n’est pas non plus une mince affaire. Un petit « truc » à con­naître : la liste des ingré­di­ents est classée selon la pro­por­tion con­tenue dans l’aliment. En clair, plus le sel par exem­ple, appa­raît tôt dans la liste des ingré­di­ents, plus il y en a. Cela aide de le savoir, mais cela ne suf­fit pas.

A la recherche d’un système intuitif

Plusieurs sys­tèmes graphiques ont été testés, et c’est le Nutri-Score qui a été retenu.

Grâce à une let­tre et à une couleur, il posi­tionne les pro­duits trans­for­més en 5 niveaux allant du plus favor­able sur le plan nutri­tion­nel (classé A, vert), au moins favor­able (classé E, rouge).

Mis au point par des équipes de recherche inter­na­tionales, ce score prend en compte la teneur en nutri­ments et ali­ments à favoris­er (fibres, pro­téines, fruits et légumes…) et en nutri­ments à lim­iter (énergie, acides gras sat­urés, sucres, sel…).

À part les herbes aro­ma­tiques, thés, cafés et lev­ures, tous les pro­duits trans­for­més et bois­sons sont con­cernés par le Nutri-Score.

Son objec­tif est non seule­ment d’aider les con­som­ma­teurs à choisir leur ali­men­ta­tion, mais aus­si d’encourager les entre­pris­es agroal­i­men­taires à amélior­er la qual­ité nutri­tion­nelle de leurs pro­duits pour avoir un meilleur score.

Le Nutri-Score a été conçu par San­té Publique France d’après les travaux de Serge Her­cberg, l’Ans­es et le Haut Con­seil de San­té Publique. En France, depuis 2017, il reste fac­ul­tatif mais en 2020, plus de 500 entre­pris­es l’utilisent (représen­tant env­i­ron la moitié des ventes d’al­i­ments trans­for­més).

Son intérêt a été con­fir­mé lors d’une étude pub­liée en 2020 dans le British Med­ical Jour­nal, en analysant le mode d’alimentation déclaré de plus de 500 000 européens et leur taux de mor­tal­ité sur 17 ans. Une sur­mor­tal­ité de 7% a été retrou­vée chez les 20 % d’européens dont le régime ali­men­taire avait le plus mau­vais Nutri-Score (par rap­port à ceux qui avaient le meilleur). Le Nutri-Score est ain­si en passe de trou­ver sa place dans notre vie quo­ti­di­enne, 93% des Français l’identifiant bien et 94% y étant favor­ables. De plus, nos voisins européens suiv­ent, la Bel­gique, l’Allemagne, la Suisse l’ont déjà adop­té, bien­tôt suiv­is de l’Espagne, des Pays-Bas et du Lux­em­bourg.

Quid des autres scores ?

Testés en par­al­lèles du Nutri-score par un comité sci­en­tifique en 2017, celui-ci a con­clu en faveur du Nutri-score avec une amélio­ra­tion (certes faible, mais sig­ni­fica­tive) des choix ali­men­taires des con­som­ma­teurs.

Le « SENS », Sys­tème d’Etiquetage Nutri­tion­nel Sim­pli­fié était égale­ment un classe­ment par couleurs des ali­ments selon la recom­man­da­tion de leur con­som­ma­tion (en con­som­mer très sou­vent-vert, sou­vent-bleu, régulière­ment peu-orange et occa­sion­nelle­ment-rouge).

Le « Nutri-Repère », le “Traf­fic Lights” indi­quaient la con­tri­bu­tion en pour­cent­age et quan­tité d’une por­tion d’aliment aux apports nutri­tion­nels jour­naliers con­seil­lés en énergie, matières grass­es dont acides gras sat­urés, sucres et sel, mais s’avèrent un peu com­pliqués en pra­tique.

Un dernier logo con­ceptuelle­ment proche, l’Evolved Nutri­tion Label, imag­iné par des acteurs de l’industrie agro-ali­men­taire n’a pas fait la preuve de sa per­ti­nence.

Le score NOVA pour le degré de transformation

Un autre score s’intéresse plus spé­ci­fique­ment au car­ac­tère trans­for­mé ou ultra-trans­for­mé des ali­ments, le score NOVA.  Il a été démon­tré qu’une ali­men­ta­tion riche en ali­ments ultra-trans­for­més était asso­ciée à plus de mal­adies chroniques.

Dans le rap­port “La Décen­nie des Nations-Unies pour la nutri­tion, la clas­si­fi­ca­tion ali­men­taire NOVA et le prob­lème de l’ul­tra-trans­for­ma­tion”, les auteurs plaident pour l’adoption de ce sys­tème de notes de 1 à 4. Les pro­duits ali­men­taires sont classés en fonc­tion du degré de trans­for­ma­tion subi : de 1 (ali­ments non trans­for­més ou très peu), 2 (ingré­di­ents culi­naires), 3 (ali­ments trans­for­més) à 4 (ali­ments et bois­sons ultra-trans­for­més). NOVA 4 cor­re­spond ain­si à des ali­ments ultra-trans­for­més indus­trielle­ment ou con­tenant des addi­tifs ou autres dans leur com­po­si­tion. Son prin­ci­pal écueil est qu’il n’est pas présent sur les embal­lages et qu’il faut donc faire la démarche de le con­sul­ter sur Inter­net.

Et en pratique ?

En pra­tique, le plus impor­tant est tout d’abord d’essayer de suiv­re les recom­man­da­tions du PNNS le plus pos­si­ble (5 por­tions de fruits et légumes…). Puis com­par­er les Nutri-Scores des pro­duits entre lesquels on hésite, et choisir sys­té­ma­tique­ment celui qui a le meilleur score : un A plutôt qu’un B, un B plutôt qu’un C… Eviter ensuite ceux qui ont un score E ou se sou­venir qu’il fau­dra en lim­iter la con­som­ma­tion.

Pour aller plus loin, on peut égale­ment rechercher le score Nova de l’aliment en ques­tion et choisir celui dont le score est le plus bas. Les ali­ments les moins trans­for­més sont aus­si bien sou­vent ceux qui ont le moins d’ingrédients dans leur com­po­si­tion. 

Sources