Dr Catherine Grenier, directrice de l’Amélioration de la qualité et de la sécurité des soins — Anne Chevrier, cheffe du service de Certification des établissements de santé à la Haute autorité de santé 

Com­ment est né le nou­veau référen­tiel de cer­ti­fi­ca­tion ?

La nou­velle cer­ti­fi­ca­tion a néces­sité un impor­tant tra­vail en amont :  la HAS a pris le temps néces­saire pour co-con­stru­ire ce référen­tiel, avec des pro­fes­sion­nels de san­té et des représen­tants des usagers. Nous avons organ­isé qua­tre journées de sémi­naire avec près de 250 per­son­nes. Le tra­vail pro­duit iden­ti­fi­ant les critères retenus pour l’évaluation de la qual­ité des soins a été livré à nos par­ties prenantes, notam­ment les fédéra­tions d’établissements… Puis nous avons pris en compte les remar­ques et les deman­des de mod­i­fi­ca­tions, pour aboutir à ce référen­tiel de cer­ti­fi­ca­tion.

Quels sont les enjeux de cette nou­velle cer­ti­fi­ca­tion ?

Un des pre­miers enjeux, forte­ment porté par le col­lège de la HAS, est qu’il soit cen­tré sur la prise en charge du patient. Cela fait 20 ans que nous pro­mou­vons la démarche qual­ité dans les étab­lisse­ments, mais aujourd’hui, nous leur deman­dons de faire un pas de côté pour se recen­tr­er sur le ser­vice réelle­ment ren­du aux patients au sein de l’établissement qui les prend en charge.

Cette ques­tion doit, en sus d’être un sujet de l’administration, devenir un sujet des équipes de soin. C’est pour cette rai­son que nous avons pris soin de par­ler aux équipes avec leur lan­gage, de « déjar­goner ». Nous avons ciblé qua­tre enjeux : l’engagement du patient, le tra­vail en équipe, la cul­ture du résul­tat et de la per­ti­nence – il ne s’agit pas de juger de la per­ti­nence d’une pre­scrip­tion, mais de voir si les équipes s’emparent des résul­tats et se mobilisent pour les amélior­er –, et enfin, l’adaptation aux évo­lu­tions du sys­tème de san­té, ce qui per­met égale­ment de mesur­er le tra­vail de parte­nar­i­at avec les autres pro­fes­sion­nels de la san­té et la cohérence des par­cours de soin au sein du ter­ri­toire.

Nous avons égale­ment mis en place une trans­parence totale sur les méth­odes lors de la vis­ite. Notre but est d’amener les équipes à utilis­er le référen­tiel toute l’année, de manière respon­s­able, comme un out­il d’autoévaluation.

Vous avez donc tra­vail­lé à ren­dre les procé­dures plus claires, pour que les étab­lisse­ments puis­sent se les appro­prier ?

Nous avons mis en place une trans­parence totale sur les méth­odes d’évaluation lors de la vis­ite. Notre but est d’amener les équipes à utilis­er ce référen­tiel toute l’année, comme un out­il d’auto-évaluation. L’objectif est que notre référen­tiel liste les exi­gences qui éma­nent des recom­man­da­tions de bonnes pra­tiques. Il four­nit de vrais repères de mise en œuvre.

Car la mise en œuvre d’une recom­man­da­tion ne se décrète pas et la seule rédac­tion d’une procé­dure ne suf­fit pas à la mise en œuvre effec­tive. Ces bonnes pra­tiques ne sont pas nou­velles, cer­taines exis­tent depuis des années, et sont au cœur de la pra­tique. Même si la vis­ite reste un temps d’évaluation, nous souhaitons avant tout que la cul­ture qual­ité partagée avec les pro­fes­sion­nels de ter­rain au quo­ti­di­en. Nous faisons appel aux équipes et à leur sens de la respon­s­abil­i­sa­tion. Quand les étab­lisse­ments tra­vail­lent sur le référen­tiel, ils ne tra­vail­lent pas unique­ment pour obtenir leur cer­ti­fi­ca­tion mais aus­si pour amélior­er la qual­ité de leur tra­vail.

Enfin, nous avons beau­coup sim­pli­fié les procé­dures et sim­pli­fié la déci­sion. Avant, les résul­tats n’étaient pas tou­jours com­pris par les pro­fes­sion­nels et les patients. Main­tenant, ils sont plus clairs : on peut être cer­ti­fié, cer­ti­fié avec men­tion, et si on ne l’est pas, une vis­ite com­plète est repro­gram­mée. En plus de la sim­pli­fi­ca­tion, nous avons égale­ment mené un vrai tra­vail de com­mu­ni­ca­tion pour que les pro­fes­sion­nels s’emparent de la cer­ti­fi­ca­tion. Les out­ils sont très divers : fich­es péd­a­gogiques, vidéos, out­ils d’appropriation du référen­tiel… Il y a un seul manuel, le même pour tout le monde de 20 à 30 pages. Et même, pour les plus pressés, un sup­port de 4 pages. Notre but est de touch­er tous les pro­fes­sion­nels en étab­lisse­ment, et en par­ti­c­uli­er les équipes de soins. Parce que les exi­gences liées à leur pra­tique doivent être com­pris­es par l’ensemble de l’équipe de soin. Le vrai enjeu, c’est l’engagement des soignants comme celui des patients.