Soins cri­tiques : recom­man­da­tions de la Cour des comptes

La Cour recom­mande une gou­ver­nance qui inclue le secteur privé, une offre qui réponde au vieil­lisse­ment de la pop­u­la­tion, des mod­ules dédiés à la for­ma­tion ini­tiale des infir­miers, un nou­veau mod­èle de finance­ment pour obtenir une T2A neu­tre.

Dans le tome 1 « Réan­i­ma­tion et soins cri­tiques en général » du Rap­port pub­lic annuel pub­lié le 18 mars 2021, la Cour a cherché à éval­uer dans quelle mesure l’organisation des soins cri­tiques en France a per­mis de répon­dre effi­cace­ment à la demande. « Si la mobil­i­sa­tion sans précé­dent du secteur des soins cri­tiques durant la crise a per­mis de faire face à l’urgence, avec cepen­dant des con­séquences à long terme incon­nues en ter­mes de san­té publique, ces ser­vices étaient mal pré­parés à affron­ter une telle sit­u­a­tion. Ce con­stat appelle des ré­formes struc­turelles », annonce la Cour.

Elle émet 5 recom­man­da­tions :

  1. éval­uer, en ter­mes de san­té publique, les con­séquences des dépro­gram­ma­tions chirur­gi­cales et des trans­ferts de patients durant l’épidémie de covid 19 ;
  2. déter­min­er au niveau nation­al un mod­èle d’organisation et de coor­di­na­tion des soins cri­tiques et son mode de gou­ver­nance, qui soit en mesure d’inclure les struc­tures publiques et privées ;
  3. éval­uer l’impact du vieil­lisse­ment de la pop­u­la­tion sur les besoins d’hospitalisation en soins cri­tiques à long terme et aug­menter l’offre en con­séquence, en con­ser­vant la logique, ini­tiée par le décret de 2002, de plateaux tech­niques de grande taille, en cor­rigeant les iné­galités ter­ri­to­ri­ales et en visant un ren­force­ment des effec­tifs des per­son­nels médi­caux selon la dou­ble voie d’accès (médecins anes­thé­sistes-réan­i­ma­teurs et médecins inten­sivistes-réan­i­ma­teurs) ;
  4. révis­er le plan de for­ma­tion ini­tiale des infirmier(e)s de soins généraux en inté­grant des mod­ules spé­ci­fiques de for­ma­tion théorique et pra­tique aux soins cri­tiques et recon­naître les com­pé­tences acquis­es par une qual­i­fi­ca­tion recon­nue d’infirmier(e)s en réan­i­ma­tion, non oblig­a­toire pour exercer dans ce secteur ;
  5. déter­min­er un nou­veau mod­èle de finance­ment des soins cri­tiques afin de garan­tir la neu­tralité de la tar­i­fi­ca­tion à l’activité.

Au 31 décem­bre 2019, la France comp­tait 19 580 lits de soins cri­tiques adultes et enfants, dont 5 433 dédiés à la réan­i­ma­tion, 8 192 à la sur­veil­lance con­tin­ue et 5 955 aux soins inten­sifs. Bien que les soins cri­tiques ne con­stituent qu’une faible pro­por­tion des séjours hos­pi­tal­iers (4,3 % du total), ils représen­tent à eux seuls 20 % des journées réalisées en hos­pi­tal­i­sa­tion com­plète, du fait de durées de séjours longues. Les soins cri­tiques rassem­blent près de 54 000 équiv­a­lents temps plein de per­son­nels médi­caux et para­médi­caux et représen­tent une dépense de près de 7,2 Md€ (con­tre 6,6 Md€ en 2014), dont 3,3 Md€ con­sacrés à la réan­i­ma­tion.

E‑satis pour l’HAD

La HAS ren­force la démarche qual­ité de l’HAD via l’expérimentation de l’outil e‑satis. Un dossier dédié est ouvert sur son site : présen­ta­tion de la plate­forme, fiche tech­nique (critères des patients, process de dépôt) , etc.

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