La FHP dévoile ses propo­si­tions

« Acteurs de san­té et Français : une volon­té com­mune, un hori­zon partagé ! Après la crise, les propo­si­tions de l’hospitalisation privée pour l’avenir de la san­té » : la FHP présen­tait la semaine dernière ses propo­si­tions en cinq axes dans le cadre du « Ségur de la San­té ».

Rap­port des comptes de la sécu : un ONDAM à + 6,5 %

Le rap­port affiche pour 2019 un dé­ficit inférieur de 3,5 Md€ aux esti­ma­tions. Pour 2020, le déficit s’élèverait à 52 Md€, deux fois supérieur à celui de 2010. L’augmentation de l’ONDAM serait d’un niveau jamais atteint depuis 2000.

Lire des extraits de la syn­thèse du rap­port « Les comptes de la Sécu­rité Sociale, juin 2020 »

Hygiène des bâ­ti­ments ouverts au pub­lic

Le Comité pour le développe­ment durable en san­té (C2DS) regrette un retour à une dés­in­fec­tion chim­ique au mépris d’une logique de base d’hygiène, du code de l’environnement, et du respect des milieux air et eau.

Les innom­brables recom­man­da­tions d’organisations publiques nationales et régionales s’abattent sur les pro­fes­sion­nels de san­té comme sur ceux d’établissements rece­vant du pub­lic. Pri­mum Non Nocere, fil­iale d’expertise du Comité pour le développe­ment durable en san­té, les a recen­sées et com­parées. Elles sont com­plex­es, par­fois inco­hérentes ou con­tra­dic­toires.

Les pro­fes­sion­nels de san­té sont for­més et rom­pus aux pra­tiques d’hygiène et dis­posent d’experts hygiénistes au sein des étab­lisse­ments hos­pi­tal­iers. Les bonnes pra­tiques en milieu hos­pi­tal­ier devraient inspir­er les autres secteurs économiques.

Dés­in­fecter aveuglé­ment : une bal­ance bénéfice/risque non respec­tée

Une con­fu­sion est entretenue entre le net­toy­age et la dés­in­fec­tion. Une ques­tion pour­tant pri­mor­diale à se pos­er pour respecter la bal­ance bénéfice/risque, alpha et omé­ga d’une démarche en san­té.

« Il faut rap­pel­er que dans un hôpi­tal, seul le sol des blocs opéra­toires jus­ti­fie une dés­in­fec­tion, tous les autres sols peu­vent sim­ple­ment être net­toyés. Or, nous assis­tons actuelle­ment à des dés­in­fec­tions mas­sives inutiles dans des lieux publics : écoles, rues, Ehpad, etc. La peur et la dés­in­for­ma­tion génèrent la général­i­sa­tion d’une dés­in­fec­tion chim­ique mas­sive aux con­séquences humaines et envi­ron­nemen­tales délétères. Il faut stop­per cette destruc­tion micro­bi­ologique», rap­pelle le Dr Philippe Caren­co, médecin hygiéniste.

Les déter­gents et les savons sont effi­caces pour inac­tiv­er le virus du Covid, parce que son enveloppe est con­sti­tuée d’une mem­brane lipidique.

Pour le virus de la grippe par exem­ple (virus aus­si envelop­pé), il est démon­tré que le savon­nage act­if est plus rapi­de­ment effi­cace pour détru­ire le virus sur les mains que la sim­ple appli­ca­tion d’al­cool sans frot­tage. Il est fort prob­a­ble qu’il en soit de même pour le coro­n­avirus.

Impact de la dés­in­fec­tion : développe­ment de bac­téries mul­ti-résis­tantes

Le min­istère de la San­té lançait il y a plus de 10 ans la cam­pagne « Les antibi­o­tiques, c’est pas automa­tique » sur le bon usage des antibi­o­tiques pour lut­ter con­tre les effets d’antibiorésistance, c’est à dire l’adaptation des bac­téries aux attaques antibi­o­tiques qui met­tent en échec le ou les traite­ments. Cette résis­tance entraîne de nom­breux prob­lèmes de san­té publique car des patholo­gies évolu­ent vers des formes plus sévères. Elle génère des bac­téries mul­ti-résis­tantes (BMR) qui sont la cause de 25 000 décès par an (source INSERM).

Les mêmes effets délétères d’une util­i­sa­tion inten­sive des dés­in­fec­tants, alors qu’ils ne sont pas tou­jours néces­saires, sont prévis­i­bles et font crain­dre le ren­force­ment de la muta­tion des bac­téries et virus.

« Les fon­da­men­taux de la san­té publique – une bal­ance bénéfice/risque de chaque geste et action – sont oubliés dans cette folle fuite en avant. De même que « Les antibi­o­tiques, c’est pas automa­tique », la dés­in­fec­tion ne doit pas devenir une oblig­a­tion. À court terme, nous devons déjà être très vig­i­lants sur la san­té des per­son­nes qui utilisent ces pro­duits. Cer­tains étab­lisse­ments se sont vu pro­pos­er des dés­in­fec­tants avec des allé­ga­tions com­mer­ciales con­tre le Coro­n­avirus, qui con­ti­en­nent des sub­stances recon­nues dan­gereuses pour la san­té comme des CMR (can­cérogènes, mutagènes et repro­tox­iques) et/ou des per­tur­ba­teurs endocriniens », souligne Olivi­er Toma, fon­da­teur de l’agence Pri­mum Non Nocere et admin­is­tra­teur du C2DS.

Le rejet des dés­in­fec­tants dans les milieux naturels est règle­men­té par le code de l’Environnement 

L’article L.1331–10 du code de la San­té publique pré­cise : « Tout déverse­ment d’eaux usées non domes­tiques dans les égouts publics doit être préal­able­ment autorisé par la col­lec­tiv­ité com­pé­tente et à laque­lle appar­ti­en­nent les ouvrages qui seront emprun­tés par ces eaux usées avant de rejoin­dre le milieu naturel. »

L’article L.216–6 du code de l’Environnement prévoit 2 ans d’emprisonnement et 75 000€ d’amende pour les con­trevenants.

Des recom­man­da­tions con­tra­dic­toires

Le Haut Con­seil en san­té publique (HCSP) recom­mande les dés­in­fec­tants, mais l’Institut nation­al de recherche et sécu­rité (INRS) ou le min­istère du Tra­vail, dans le pro­to­cole de décon­fine­ment pour les entre­pris­es par exem­ple, con­seil­lent les déter­gents comme viru­cide, en par­ti­c­uli­er dans le cas où le virus est dit « envelop­pé », ce qui est le cas du Covid-19.

« Une analyse bénéfice/risque doit être appliquée pour les milieux hébergeant des per­son­nes sen­si­bles (petite enfance, péri­na­tal­ité, per­son­nes allergiques) afin de décider du choix de la méth­ode de net­toy­age, pen­dant l’épidémie de Covid-19, comme au long cours. Les « sim­ples » déter­gents sont effi­caces aus­si parce qu’ils sont appliqués avec une action mécanique, le frot­te­ment par exem­ple. Comme à l’hôpital, les sols des écoles, des crèch­es, des Ehpad ou des restau­rants peu­vent être sim­ple­ment net­toyés et non dés­in­fec­tés », analyse le Dr Caren­co.

Pas de dés­in­fec­tion sans net­toy­age préal­able à l’aide d’un déter­gent

L’état de pro­preté de la sur­face con­di­tionne la qual­ité de la dés­in­fec­tion ultérieure. Il s’agit en effet d’éliminer les matières organiques et les ger­mes présents (bac­téries, virus, champignons).

De plus, la dés­in­fec­tion est une opéra­tion au résul­tat éphémère : 2 heures en moyenne seule­ment.

Ensuite, les bac­téries recolonisent naturelle­ment le milieu (elles n’ont pas for­cé­ment besoin d’un hôte pour sur­vivre), et les virus égale­ment par le touch­er, le pos­til­lon­nage, etc. 

Si une dés­in­fec­tion s’impose : com­ment dés­in­fecter ?

 La dés­in­fec­tion mécanique, par­faite­ment effi­cace, perd du ter­rain face au tout chim­ique, dont 3 indus­triels déti­en­nent 97 % du marché.

La dés­in­fec­tion peut se faire de manière mécanique, ther­mique ou chim­ique.

Dés­in­fec­tion mécanique/thermique
Des étab­lisse­ments hos­pi­tal­iers utilisent par exem­ple la vapeur recom­mandée par la Société française d’hygiène hos­pi­tal­ière (SF2H) , les ultra­vi­o­lets, et la micro-fibre en com­plé­ment.

Les déter­gents

Les déter­gents sont issus soit de la biolo­gie — ils sont appelés alors pro­bi­o­tiques et sont pro­duits par plusieurs entre­pris­es français­es -; soit issus du pét­role, ils coû­tent moins chers et 97 % du marché sont entre les mains de trois entre­pris­es inter­na­tionales Unilever/Procter&Gamble/Ecolab.

« Les indus­triels du pét­role expliquent que la dés­in­fec­tion est indis­pens­able comme ceux du plas­tique cherchent à nous con­va­in­cre que les sur­faces plas­tiques sont plus hygiéniques. Nous revenons en arrière et per­dons 15 ans de con­nais­sances et de bonnes pra­tiques ! Cette dés­in­for­ma­tion est dan­gereuse et est cau­tion­née par l’État qui cherche à ras­sur­er la pop­u­la­tion, même au mépris du code de l’Environnement ou en présence de fortes con­tra­dic­tions. Reprenons nos esprits, analysons la sit­u­a­tion et assurons l’hygiène indis­pens­able en pri­or­ité avec des pro­duits adap­tés et fab­riqués en France », explique Olivi­er Toma, fon­da­teur de PNN.

Quels sont les impacts envi­ron­nemen­taux de cette fuite en avant ?

Les dés­in­fec­tants puis­sants, util­isés de façon déraison­née, sont déver­sés directe­ment dans l’environnement. Une pra­tique haute­ment nuis­i­ble et totale­ment dis­pro­por­tion­née dans l’immense majorité des cas.

L’air intérieur se charge en com­posés organiques volatils issus de ces pro­duits et sa qual­ité est forte­ment impactée. Elle est « un enjeu majeur de san­té publique » pour l’ANSES.

La qual­ité de l’eau, et en pre­mier lieu sa pota­bil­ité via le retour inéluctable des eaux usées, est égale­ment impactée. « La jav­el (hypochlo­rite de sodi­um) est util­isée pour ren­dre l’eau potable or sa sur­con­som­ma­tion actuelle met en péril son appro­vi­sion­nement pour pota­bilis­er l’eau brute. De plus, les rejets de dés­in­fec­tants dans les eaux usées altèrent le fonc­tion­nement des sta­tions d’épuration qui utilisent des bac­téries pour épur­er les égouts. Les rejets au milieu naturel s’ajoutent aux dés­in­fec­tants répan­dus hors de tout réseau d’assainissement sur les voiries, les park­ings, les milieux extérieurs, et l’ensemble provoque un déséquili­bre de la micro­faune et de la flo­re des milieux naturels récep­teurs, allant jusqu’à favoris­er la résis­tance bac­téri­enne aux antibi­o­tiques », explique le Dr Caren­co.

Enfin, les cen­tres antipoi­son con­sta­tent une aug­men­ta­tion des appels de la pop­u­la­tion.

Quelle est la posi­tion des mul­ti­ples admin­is­tra­tions en charge de ce sujet ?

Le C2DS et l’agence Pri­mum Non Nocere s’inquiètent du silence de nom­breuses agences et admin­is­tra­tions publiques con­cernées par ce sujet.

Quelle est la posi­tion du min­istère de la Tran­si­tion écologique et sol­idaire sur les recom­man­da­tions offi­cielles qui entraî­nent le non respect du code de l’Environnement ?

Quelle est la posi­tion des agences régionales de san­té qui s’enquièrent de la présence de pes­ti­cides dans l’eau mais ne s’intéressent pas à celle des bio­cides ?

Que dis­ent les organ­ismes chargés de la ges­tion et la qual­ité de l’eau ?

La « police de l’eau » s’appuie sur des réseaux d’alertes et de mesures et des lab­o­ra­toires d’analyses (chimie, physique, tox­i­colo­gie, éco­tox­i­colo­gie, hydrolo­gie, hydrogéolo­gie…).

Qu’en dis­ent les 6 Agences de l’eau, la Direc­tion départe­men­tale des ter­ri­toires (DDT), l’Office nation­al de l’eau et des milieux aqua­tiques (ONEMA), l’Office nation­al de la chas­se et de la faune sauvage (ONCFS), la Mis­sion inter-ser­vices de l’eau et de la nature (MISEN) pôle de coor­di­na­tion, ain­si que les maires ?

Qui sommes-nous ?

Comité pour le Développe­ment Durable en San­té (C2DS)

Asso­ci­a­tion de loi 1901, le Comité pour le développe­ment durable en san­té (C2DS) fédère plus de 500 étab­lisse­ments san­i­taires et médi­co-soci­aux de tout type d’activité et de tout statut juridique, engagés ou souhai­tant s’engager dans une dé­marche de développe­ment durable. Il met à dis­po­si­tion de ses adhérents de l’information, des out­ils opéra­tionnels et de mobil­i­sa­tion, et des for­ma­tions.

Pri­mum Non Nocere®

L’agence PNN est une des pre­mières entre­pris­es à mis­sion depuis la loi Pacte en jan­vi­er 2020. Elle est fidèle à sa rai­son d’être inscrite dans ses statuts :« pro­mou­voir un développe­ment pérenne préser­vant l’environnement et la san­té de cha­cun ». PNN est une agence de con­seil et d’accompagnement en développe­ment durable et en san­té envi­ron­nemen­tale notam­ment dans les secteurs san­i­taire et médi­co-social depuis 10 ans.

Com­mu­niqué de presse, Comité pour le développe­ment durable en san­té (C2DS)/
Pri­mum Non Nocere (PNN), le 18 juin 2020

Con­tact presse – C2DS, 06 98 53 24 12
https://www.c2ds.eu / http://primum-non-nocere.fr


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