Demande his­torique de la pro­fes­sion, la pluri­an­nu­al­ité des ressources, actuelle­ment en négo­ci­a­tion en vue de la sig­na­ture d’un pro­to­cole, doit offrir une vis­i­bil­ité véri­ta­ble­ment attrac­tive pour pré­par­er et assur­er l’avenir de nos struc­tures. Gér­er, inve­stir, innover deman­dent un temps long. Se pro­jeter à trois ans per­met de s’engager auprès de ses prati­ciens et de ses salariés, et d’oser ensem­ble dévelop­per des pro­jets pour faire évoluer nos métiers et assur­er la néces­saire trans­for­ma­tion du sys­tème de san­té.

Pluri­an­nu­al­ité ou pas, les enjeux fon­da­men­taux de la cam­pagne tar­i­faire demeurent lorsque nous sommes face à une enveloppe prédéfinie annuelle­ment, l’ONDAM Hos­pi­tal­ier. Le rythme de crois­sance du vol­ume d’activité baisse régulière­ment depuis 2016. L’objectif est donc de fix­er au plus juste les évo­lu­tions prévi­sion­nelles du vol­ume de soins pour 2020 et les années à venir, afin d’assurer la néces­saire aug­men­ta­tion des ressources des étab­lisse­ments de san­té. Définir des vol­umes sur des bases his­toriques ne répond plus à notre envi­ron­nement et revient à les suré­val­uer, au détri­ment des tar­ifs des GHS qui finan­cent les soins. Il faut « chang­er de logi­ciel » en s’appuyant sur des mod­èles prospec­tifs.

Nos autres deman­des con­sis­tent à accom­pa­g­n­er les évo­lu­tions de nos métiers, les activ­ités qui ont besoin d’un juste finance­ment, et achev­er les réformes en cours.

Accom­pa­g­n­er l’évolution de nos métiers, c’est tout d’abord con­tin­uer à soutenir le développe­ment des activ­ités de soins ambu­la­toires et les actions visant à mieux pren­dre en compte les impacts des procé­dures RAAC sur les durées de séjour. C’est égale­ment pour­suiv­re la néces­saire réforme du finance­ment de l’innovation, le dis­posi­tif RIHN, dont les modal­ités sont en théorie lis­i­bles, mais en pra­tique insuff­isantes et insta­bles, à l’image des déci­sions pris­es en novem­bre 2019. C’est enfin con­tribuer à faire en sorte que les démarch­es de per­ti­nence soient avant tout des démarch­es par­tic­i­pa­tives d’information, de for­ma­tion et d’échanges entre pro­fes­sion­nels de san­té sur leurs pra­tiques en général, et non un proces­sus coerci­tif.

Soutenir les activ­ités de soins qui ont besoin d’un juste finance­ment, c’est pro­mou­voir la reval­ori­sa­tion de l’obstétrique, tou­jours forte­ment pénal­isée par une sous-éval­u­a­tion de principe du tarif de la césari­enne, ou bien encore les unités de soins de pal­li­at­ifs. C’est égale­ment imag­in­er pour les activ­ités de dial­yse un autre sché­ma et une autre per­spec­tive que la baisse sys­té­ma­tique qui a con­duit à dimin­uer les tar­ifs en cen­tre lourd de 20 % en 10 ans. C’est enfin porter les retours d’expérience que vos médecins DIM nous remon­tent annuelle­ment afin de cor­riger des anom­alies dans la tar­i­fi­ca­tion, les pra­tiques des années passées ayant mon­tré une écoute tant de la part de la Direc­tion Générale de l’Offre de Soins que de l’ATIH.

Achev­er les réformes en cours est enfin un point essen­tiel de la prochaine cam­pagne tar­i­faire. Cela con­cerne la réforme du finance­ment des trans­ports, avec la prise en compte des dis­tances dans la déter­mi­na­tion du mon­tant des sup­plé­ments, ain­si que la réforme du finance­ment à la qual­ité. Compte tenu des mon­tants en jeu, le dis­posi­tif IFAQ doit inté­gr­er un mécan­isme d’allocations de ressources men­su­al­isées et une rémunéra­tion dis­tincte en fonc­tion du score observé. Enfin, nous devons col­lec­tive­ment achev­er les travaux sur l’instruction fron­tière de 2010, renom­mée « Instruc­tion rel­a­tive à la gra­da­tion des pris­es en charge ambu­la­toires réal­isées au sein des étab­lisse­ments de san­té » dans la per­spec­tive d’une appli­ca­tion au 1er mars 2020.

Au regard des sommes con­sid­érables accordées récem­ment par l’État au seul secteur pub­lic, nous défendrons avec con­vic­tion, argu­ments à l’appui, ces deman­des qui nous sem­blent plus que légitimes, et nous fer­ons preuve d’une très grande vig­i­lance afin de garan­tir des déci­sions d’allocations de ressources équita­bles entre acteurs hos­pi­tal­iers en 2020 mais aus­si en 2021 et 2022.

Ségolène Ben­hamou
Prési­dente de la FHP-MCO