Le PLFSS 2020 dis­cuté en séance publique d’hi­er

Les séna­teurs ont remis leur copie (16 propo­si­tions) et la com­mis­sion des Affaires sociales a adop­té 66 amende­ments. Le marathon par­lemen­taire du PLFSS 2020 démarre.

Il s’achèvera courant décem­bre avec l’adoption défini­tive du bud­get alloué aux dépens­es de san­té.

Chaque année, le vote de l’Ondam par le Par­lement accom­pa­gne le débat sur le pilotage et la régu­la­tion d’une dépense de soins dynamique, passée de 90 mil­liards d’euros dans la pre­mière LFSS pour 1997 à 200 mil­liards d’euros pour 2019, soit plus de 8 % du PIB, rap­pel­lent les séna­teurs. Ils ont adop­té « 16 propo­si­tions pour ren­forcer la trans­parence et la lis­i­bil­ité de cet objec­tif de dépens­es afin d’en amélior­er le suivi par le Par­lement, et pour l’inscrire dans un cadre pluri­an­nuel et une réflex­ion prospec­tive sur la dépense de san­té et son évo­lu­tion ».

La com­mis­sion des Affaires sociales a validé 66 amende­ments, après l’examen de près de 500 déclarés recev­ables, sur un total d’en­v­i­ron un mil­li­er déposés par les députés. Des amende­ments éventuelle­ment pro­posés par le gou­verne­ment pour­ront encore être dis­cutés dans l’hémicycle.

« L’État met la Sécu­rité sociale en déficit en 2019 »

Selon l’économiste Frédéric Bizard, la non-com­pen­sa­tion par l’É­tat de quelque 4 mil­liards d’eu­ros de recettes fait bas­culer le bud­get la Sécu­rité sociale dans le rouge.

En élim­i­nant l’im­pact de la con­jonc­ture sur la sit­u­a­tion des finances publiques, les comptes de la Sécu­rité sociale doivent être à l’équili­bre, affime-t-il dans une tri­bune pub­liée dans Les Echos.

La con­struc­tion du plan d’é­conomies en san­té de 4,2 mil­liards d’eu­ros est « dés­espéré­ment conçue à par­tir des mêmes ratios par les ordi­na­teurs de Bercy entre les secteurs depuis dix ans. On rabote pour 76 % sur les prix et les moyens et on fait de l’ef­fi­cience pour 24 % ».

Entre 2009 et 2018, les prix ont bais­sé en moyenne de 0,3 % chaque année et les vol­umes ont aug­men­té de 2,4 % par an. Cette poli­tique défla­tion­niste en san­té depuis dix ans a paupérisé le sys­tème et donne le sen­ti­ment aux soignants d’être sur une sorte de « radeau de la ‘Méduse’ ».
Frédéric Bizard est écon­o­miste, pro­fesseur affil­ié à l’ESCP Europe et prési­dent de l’In­sti­tut San­té.

DREES : Le paysage hos­pi­tal­ier se trans­forme

La DREES observe en 2018 une baisse du nom­bre d’hôpitaux. 4,2 % des lits d’hospitalisation ont été fer­més et le nom­bre de places sans nuitées enreg­istre + 7,4 %, con­séquence du développe­ment des alter­na­tives à l’hospitalisation com­plète.

La France compte 3 036 struc­tures hos­pi­tal­ières dont 1 356 hôpi­taux publics, 681 étab­lisse­ments privés à but non lucratif et 999 clin­iques privées. Le nom­bre de sites publics a bais­sé de 4,2 % entre 2013 et 2018 et privés de 1,3 %, tan­dis que le nom­bre d’établissements privés à but non lucratif est resté sta­ble.

Depuis 2013, 17 500 lits ont fer­mé, soit un recul de 4,2 % en 5 ans alors que 5 300 places ont été créées (+7,4 %). Cette réor­gan­i­sa­tion s’explique en par­tie par l’évolution des modes de prise en charge vers davan­tage d’hospitalisation à temps par­tiel, notam­ment en MCO. Les capacités d’HAD ont pro­gressé de 3,4 % entre 2017 et 2018.

Entre 2013 et 2016, le nom­bre de salles d’intervention (chirur­gi­cale, clas­sique, ambu­la­toire) ou d’exploration (imagerie, actes d’obstétrique hors salles de tra­vail, actes d’endoscopie) a dimin­ué de 6,2 %. Cette ten­dance s’explique en par­tie par la réor­gan­i­sa­tion des étab­lisse­ments de san­té mais aus­si par la fer­me­ture de salles sous-utilisées. Depuis 2016, le nom­bre de ces salles est resté sta­ble : 10 800 salles sont recensées en 2018.

Dia­logue San­té n°32 bien­tôt dans vos clin­iques

L’IFAQ passe à la vitesse supérieure et tire le sys­tème vers le haut. La parole est don­née aux experts de la DGOS, l’HAS, au Baqimehp, au prési­dent de la FSM et à un prési­dent de CME. DS 32 est déjà disponible sur le site de la FHP-MCO.

 

 

Crédits pho­tos : Crédits Pho­tos : Istock, Assem­blée Nationale