Le Médipôle Lyon-Villeur­banne a ouvert ses portes le 2 jan­vi­er. Racon­tez-nous la genèse de ce pro­jet auda­cieux…
En 2012, Le groupe Capio réfléchis­sait à l’avenir de la clin­ique du Tonkin, enclavée dans Villeur­banne et datant de plus de 40 ans. C’était com­pliqué de trou­ver un finance­ment pour une clin­ique seule. Le directeur de Resamut (Réseau de san­té mutu­al­iste) avait une prob­lé­ma­tique iden­tique avec des pro­jets sur l’Est lyon­nais qui n’aboutissaient pas. L’idée d’un pro­jet com­mun a été très encour­agée par le DGARS qui pro­po­sait de le financer forte­ment à con­di­tion qu’il soit implan­té sur un site unique. L’impulsion est donc venue de Capio et de l’État.

Le plus déli­cat fut de con­va­in­cre les prati­ciens, salariés et libéraux. Le mariage entre un étab­lisse­ment privé à but lucratif et un Espic, c’est un choc entre deux cul­tures très dif­férentes. Seul le strict partage des activ­ités, donc l’absence de con­cur­rence, a per­mis de les con­va­in­cre. À présent nous nous réjouis­sons de voir ces prati­ciens tra­vailler ensem­ble sur des pro­jets com­muns et des activ­ités trans­ver­sales. Les dogmes sont tombés à force de ren­con­tres, les prati­ciens de dif­férents statuts se ren­dant compte qu’ils sont médecins avant tout, et que leurs patients sont les mêmes. C’est pareil pour les dirigeants : nous savons main­tenant que nous faisons le même méti­er, et sommes per­suadés que nous pour­rions avoir de nou­veaux pro­jets en com­mun. Ce qui à l’origine sem­blait être un tour de force est devenu naturel, au grand éton­nement notam­ment du secteur pub­lic.

Com­ment s’articulent les deux activ­ités ?
C’est très sim­ple, et le cir­cuit est com­plète­ment trans­par­ent pour le patient. Prenons l’exemple d’une prise en charge en can­cérolo­gie : les onco­logues médi­caux sont salariés, la chirurgie et la radio­thérapie sont assurées par des prati­ciens libéraux. Nous avons mis en place une struc­ture con­jointe pour nos activ­ités de coor­di­na­tion, com­posée d’infirmières, de psy­cho­logues, d’associations, etc. Les étab­lisse­ments ont renon­cé à cer­taines de leurs activ­ités — nous avons lais­sé la mater­nité à Resamut, qui a de son côté arrêté la chirurgie — aux­quels cas les salariés ont été trans­férés d’un étab­lisse­ment à l’autre. Nous avons égale­ment créé 2 entités juridiques, un GIE et un GCS, pour gér­er les ser­vices partagés : phar­ma­cie, sécu­rité, logis­tique, etc.

Des salariés des deux étab­lisse­ments les ont inté­grés. Décrivez-nous cet étab­lisse­ment…
Le Médipôle Lyon-Villeur­banne est le fruit d’une coopéra­tion entre Capio (Clin­ique du Tonkin et Clin­ique du Grand Large) et la Mutu­al­ité Française dans le Rhône (Clin­ique Mutu­al­iste de Lyon, Clin­ique de l’Union, SSR Les Ormes, Cen­tre Bayard, SSR Fougeraie) qui ont regroupé leurs activ­ités sur un site unique, flam­bant neuf, tout en gar­dant leur iden­tité et leur autonomie juridique. Ce nou­veau pôle de san­té de 750 lits et places réu­nit toutes les spé­cial­ités médi­cales et chirur­gi­cales — dont cer­taines hyper­spé­cial­isées : prélève­ment d’organes, SOS Mains, etc. — sur 60 000 m2. Il dis­pose de 28 blocs opéra­toires, trois maisons médi­cales, et s’appuie sur les com­pé­tences de 250 prati­ciens. Nous prévoyons 250 000 con­sul­ta­tions en 2019, ain­si que l’accueil de 40 000 urgences, et 2 800 nais­sances. Le taux d’ambulatoire devrait être de 65–70 %, avec.. pour cer­tains actes — can­cérolo­gie lourde, chirurgie car­diaque, neu­rochirurgie — la mise en place de la RRAC (Récupéra­tion rapi­de après chirurgie) nous per­met d’avoir des durées de séjour plus faibles qu’ailleurs.