Quels sont les enjeux actuels pour votre syn­di­cat ?
Les 110 ser­vices d’urgence privés accueil­lent env­i­ron 3 mil­lions de per­son­nes chaque année, soit 15 % des admis­sions de ce type. Sur cer­tains ter­ri­toires, ils con­stituent le seul recours. Il existe même un Smur rat­taché à un étab­lisse­ment privé. Partout ailleurs nous ren­forçons l’hôpital pub­lic, avec lequel nous tra­vail­lons en réseau. Nous sommes com­plé­men­taires, soumis aux mêmes con­traintes règle­men­taires, et sans nos ser­vices d’urgence privés le sys­tème ne fonc­tion­nerait pas. Le SNUHP est représen­té au Con­seil nation­al de l’urgence hos­pi­tal­ière et par­ticipe à toutes les négo­ci­a­tions avec les tutelles, l’Assurance mal­adie, etc. avec lesquelles nous entretenons de très bonnes rela­tions. Nos argu­ments sont écoutés. Actuelle­ment le SNUHP est très investi pour défendre, aux côtés de notre parte­naire la FHP-MCO, les autori­sa­tions des ser­vices d’ur­gence. De même que les étab­lisse­ments privés ont besoin des médecins urgen­tistes libéraux, de même nos médecins ont besoin de ser­vices per­for­mants labélisés par le min­istère. Nous avons mon­tré depuis vingt ans notre per­for­mance, le syn­di­cat attend de la FHP-MCO et du min­istère qu’ils nous per­me­t­tent de con­tin­uer à exis­ter demain.

Quels sont les atouts des ser­vices d’urgence privés ?
Nous sommes con­va­in­cus que l’exercice libéral est par­ti­c­ulière­ment adap­té à l’or­gan­i­sa­tion et au fonc­tion­nement de l’accueil des urgences. Nous somme très effi­cients car très réac­t­ifs, capa­bles de mobilis­er les ressources humaines et matérielles néces­saires pour faire face à l’afflux par nature irréguli­er de patients. Notre rémunéra­tion à l’acte, libre de postes hos­pi­tal­iers, nous per­met de repenser et adapter rapi­de­ment notre fonc­tion­nement. Libéraux comme eux, nous tra­vail­lons avec nos médecins spé­cial­istes avec le même souci de qual­ité des soins et de sat­is­fac­tion des patients. Ces mêmes objec­tifs per­me­t­tent à nos équipes d’assurer leur mis­sion au mieux avec leurs étab­lisse­ments de manière opti­male.

L’exercice mixte a le vent en poupe. Est-ce une oppor­tu­nité pour votre spé­cial­ité ?
Dans un con­texte où notre spé­cial­ité est en dif­fi­culté, nous voulons absol­u­ment pro­mou­voir l’ex­er­ci­ce libéral. Nos équipes sont opéra­tionnelles, prêtes à être ren­for­cées. L’exercice mixte, c’est un excel­lent moyen pour attir­er de jeunes urgen­tistes qui voudraient décou­vrir le secteur privé tout en con­ser­vant leur activ­ité Smur-Urgences. Il per­met donc de main­tenir les urgen­tistes sur un ter­ri­toire, et d’amélior­er encore la cohé­sion entre con­frères de tous secteurs, point auquel nous sommes forte­ment attachés. C’est pourquoi nous avons défendu ce type d’exercice auprès du min­istère. Les médecins urgen­tistes qui « fran­chissent le pas » appré­cient un exer­ci­ce mixte, qui ne peut qu’être enrichissant pour les deux par­ties. La Médecine d’Urgence est la même, le fonc­tion­nement dif­férent. Le SNUHP a récem­ment dif­fusé un sondage auprès de 300 urgen­tistes libéraux. L’exploitation fine des résul­tats est en cours, mais un chiffre est mar­quant : 95 % d’entre eux se réin­ve­sti­raient dans un ser­vice privé si c’é­tait à refaire. Cela témoigne de la qual­ité de nos con­di­tions d’exercice, et con­traste avec le sen­ti­ment de désar­roi qui sem­ble pré­val­oir chez nos col­lègues du pub­lic.