Le col­loque annuel de Le Bloc se tien­dra le 15 décem­bre prochain à Paris, quel est votre pro­gramme ?

Nous avons souhaité une approche trans­ver­sale autour du patient opéré aujourd’hui et demain avec, au terme de la mat­inée et de l’après-midi, le regard de trois généra­tions d’acteurs du bloc opéra­toire et la par­tic­i­pa­tion de l’académie de Chirurgie.

Nous évo­querons la for­ma­tion : est-ce que la réforme du 3cycle per­me­t­tra de main­tenir une for­ma­tion de qual­ité dans chaque spé­cial­ité, en maîtrisant toutes les tech­niques opéra­toires (chirurgie ouverte, cœliochirurgie, robo­t­ique, endovas­cu­laire…), comme le per­me­t­tait la durée de l’in­ter­nat et du clin­i­cat ? Autre sujet, le décret IBODE nous pose des soucis car il va blo­quer les plateaux opéra­toires à par­tir de juin 2019. Les IBODE seront là pour expos­er leurs propo­si­tions, que nous soutenons pour la plu­part.

Nous par­lerons bien sûr de l’in­no­va­tion tech­nologique et de son finance­ment. Les tech­niques de mod­éli­sa­tion pré-opéra­toire sont pas­sion­nantes et vont être très utiles dans cer­taines chirur­gies (foie, poumon, rein… ).

Nous nous inter­rogerons égale­ment sur l’évolution de nos assur­ances indi­vidu­elles RCP vers une assur­ance d’équipe ou d’étab­lisse­ment. Avoir le même assureur que l’étab­lisse­ment de san­té nous paraît extrême­ment dan­gereux.

Com­ment voyez-vous l’avenir de votre pro­fes­sion ?

Les métiers du bloc opéra­toire évolu­ent con­sid­érable­ment sur le plan tech­nique, sur le mode d’hospitalisation, sur la rela­tion avec les patients et sur la rela­tion avec les étab­lisse­ments. Aurons-nous demain les moyens tech­niques et humains de garan­tir à tous les patients les exi­gences de qual­ité et de sécu­rité que nous leur devons ?

Nous inter­rogerons bien sûr Nico­las Rev­el qui sera présent l’après-midi. Pense-t-il que le paiement à l’acte soit indis­pens­able pour l’ac­tiv­ité chirur­gi­cale ? Nous inter­rogerons le prési­dent de la FHP pour con­naître sa stratégie après 8 années de baisse tar­i­faire des GHS pour les étab­lisse­ments et ses con­séquences sur les poli­tiques d’investissement et les rela­tions con­tractuelles avec les médecins libéraux. Cet avenir, je le vois préoc­cu­pant, en par­ti­c­uli­er pour la chirurgie libérale soumise à des con­traintes tou­jours plus nom­breuses.

Les chirurgiens et les anesthé­sistes ont la respon­s­abil­ité de l’acte et de la prise en charge du patient. La qual­ité de la prise en charge et du geste tech­nique demeurent essen­tielles. Je voudrais égale­ment dire que le grand risque est aujourd’hui la perte d’humanité. Préserv­er l’hu­man­ité et garder ce lien de con­fi­ance avec le patient opéré dans ce monde hyper tech­nologique et hyper financier me paraît essen­tiel.

La réforme des autori­sa­tions vise à graduer les soins. Com­ment voyez-vous évoluer la place des chirurgiens ?

Nous ne souhaitons pas des cen­tres de chirurgie de dif­férents niveaux, com­pa­ra­bles aux mater­nités. Défendons plutôt des équipes opéra­toires avec des chirurgiens et des anesthé­sistes bien for­més sur tout le ter­ri­toire. Il restera bien sûr la place pour les cen­tres de référence et d’expertise dans les patholo­gies et tech­niques moins courantes. La for­ma­tion ini­tiale, ce que nous appelons « édu­ca­tion chirur­gi­cale », est essen­tielle pour garan­tir la qual­ité et la sécu­rité des patients.

Nous devons défendre et pro­mou­voir des pro­jets médi­caux inno­vants, asso­ciant human­ité, tech­nic­ité, per­for­mance et qual­ité. Nous avons pour cela besoin de péren­nité, de sérénité et d’équipes opéra­toires sta­bles et solides. Com­ment voulez-vous faire des soins de qual­ité avec du per­son­nel intéri­maire ? Enfin, il y a une notion de taille et d’activité. Il faut arriv­er à un cer­tain seuil d’activité pour être per­for­mant, mais franchi ce seuil, on en fait trop et sûre­ment moins bien. Je pense que le secteur libéral a cette carte « qual­ité et per­son­nal­i­sa­tion » à jouer. Le regroupe­ment des étab­lisse­ments et les poli­tiques finan­cières vont désta­bilis­er nos atouts. Le patient opéré aujourd’hui et demain souhaite être pris en charge par une équipe soudée, à taille humaine, avec une activ­ité impor­tante, mais ne souhaite pas être pris en charge par une usine déshu­man­isée, avec des soignants anonymes.

Pro­gramme