Quelle est la règlementation sur le reprocessing à l’étranger ?

Le nou­veau règle­ment européen relatif aux dis­posi­tifs médi­caux, adop­té en 2017, stip­ule que l’entité (fab­ri­cant, entre­prise de retraite­ment, hôpi­tal) qui procède au retraite­ment d’un dis­posi­tif à usage unique, si autorisé par la loi nationale, doit assumer les oblig­a­tions qui incombent aux fab­ri­cants et est de fait con­sid­érée comme le fab­ri­cant du dis­posi­tif. L’Europe fait suite aux USA, au Cana­da et main­tenant au Japon, en déci­dant de clas­si­fi­er le retraite­ment des dis­posi­tifs médi­caux à usage unique comme une activ­ité de fab­ri­ca­tion, au lieu de sim­ple­ment l’interdire.

Pour nous, le meilleur moyen d’assurer l’utilisation appro­priée des dis­posi­tifs médi­caux à usage unique retraités est d’autoriser et d’encadrer le proces­sus de retraite­ment. Les études mon­trent que dans les marchés régulés, le vol­ume de dis­posi­tifs médi­caux à usage unique retraités par des entre­pris­es spé­cial­isées aug­mente, réduisant les coûts et les déchets générés, mais aus­si forçant les fab­ri­cants à baiss­er le prix des dis­posi­tifs à usage unique neufs. C’est pourquoi nous plébisci­tons le nou­veau règle­ment européen et espérons que la majorité des États mem­bres autoris­eront le mar­quage CE des dis­posi­tifs à usage unique retraités.

Le Roy­aume-Uni a longtemps main­tenu l’interdiction. En 2016, les autorités de san­té (Med­i­cines and Health­care prod­ucts Reg­u­la­to­ry Agency, MHRA) ont main­tenu l’interdiction de dis­posi­tifs retraités par les hôpi­taux mais autorisé l’usage des dis­posi­tifs à usage unique retraités par des entre­pris­es spé­cial­isées et pos­sé­dant le mar­quage CE. Nous espérons que les autorités de san­té en France suiv­ront leur voisin out­re Manche.

Et la sécurité dans tout cela ?

Cinq ans après l’adoption aux États-Unis de la régu­la­tion sur le retraite­ment des dis­posi­tifs médi­caux à usage unique, l’or­gan­isme d’au­dit, d’é­val­u­a­tion et d’in­ves­ti­ga­tion du Con­grès (Gov­ern­ment Account­abil­i­ty Office, GAO) a réal­isé un bilan d’évaluation qui a mon­tré qu’aucune infec­tion due aux dis­posi­tifs n’avait été sig­nalée et qu’aucun des hôpi­taux inter­rogés n’avait exprimé des craintes quant à des dys­fonc­tion­nements poten­tiels des dis­posi­tifs. Au con­traire, le taux de con­fi­ance envers les dis­posi­tifs retraités est élevé et cer­tains ont même sig­nalé qu’ils avaient moins de prob­lèmes avec les dis­posi­tifs retraités qu’avec les neufs. D’une manière générale, les hôpi­taux par­tic­i­pants déclaraient que les règle­men­ta­tions plus exigeantes imposées aux entre­pris­es du retraite­ment qu’aux fab­ri­cants de dis­posi­tifs neufs, per­me­t­taient d’accroître glob­ale­ment le taux de con­fi­ance.

Quelles retombées financières peut-on attendre du retraitement ?

Les dis­posi­tifs médi­caux à usage unique retraités coû­tent en moyenne deux fois moins chers que des dis­posi­tifs neufs. Par exem­ple, cer­taines son­des car­diaques coû­tent 2 000 euros et plusieurs peu­vent être util­isées pour une inter­ven­tion, des instru­ments util­isés en laparo­scopie coû­tent entre 200 et 450 euros pièce, etc., donc les économies poten­tielles sont impor­tantes et peu­vent même attein­dre 60 %, sachant que cer­tains dis­posi­tifs peu­vent être retraités plusieurs fois.

Les don­nées des adhérents de l’association améri­caine Prac­tice Green­Health ont mon­tré, pour 2016, des économies s’élevant à 30,5 mil­lions de dol­lars pour les dis­posi­tifs médi­caux et en moyenne par hôpi­tal 295 200 dol­lards d’économies pour le traite­ment des déchets. L’hôpital uni­ver­si­taire Johns Hop­kins de Bal­ti­more, qui retraite ses oxymètres de pouls, câbles ECG, scalpels ultra­sons, cathéters EP, dis­posi­tifs en orthopédie, a économisé 1,1 mil­lion de dol­lars en 2015.

Le repro­cess­ing est un suc­cès com­mer­cial partout où il est pra­tiqué car il per­met aux hôpi­taux de max­imiser la valeur de leurs dis­posi­tifs médi­caux, plutôt que de per­me­t­tre aux pro­duc­teurs d’exercer une pres­sion sur la vente de ces ressources. Les entre­pris­es du retraite­ment et les hôpi­taux tra­vail­lent main dans la main et les économies réal­isées peu­vent être réin­jec­tées dans l’hôpital.