L’IGAS tacle l’encadrement de la chirurgie baria­trique

L’IGAS émet 33 recom­man­da­tions, esti­mant qu’il n’est pas accept­able que la chirurgie baria­trique soit aus­si peu encadrée et suiv­ie.

Sous cer­taines con­di­tions, la chirurgie baria­trique a sa place dans la prise en charge de l’obésité, rap­pelle le rap­port de l’IGAS. Inter­ven­tion de dernier recours, elle s’inscrit dans la prise en charge plus générale de l’obésité pour laque­lle il est « indis­pens­able de ren­forcer la poli­tique générale ».

Cette inter­ven­tion dont l’efficacité est établie, est con­sid­érée comme lourde dans la mesure où elle com­porte des risques liés à l’acte opéra­toire et la fonc­tion diges­tive, rap­pel­lent les auteurs. De sur­croît, « on ne con­naît pas à ce jour les effets à très long terme des mod­i­fi­ca­tions anatomiques qui en résul­tent (…) Pour toutes ces raisons, les indi­ca­tions doivent être soigneuse­ment posées en ter­mes de per­ti­nence et de bal­ance béné­fice risque. »

En France, le nom­bre d’interventions de chirurgie baria­trique a triplé en dix ans pour s’établir à plus de 50 000 par an. Cet essor très impor­tant peut s’expliquer selon les auteurs par « l’augmentation des besoins (épidémie d’obésité touchant à ce jour 7,6 mil­lions de per­son­nes) et la large acces­si­bil­ité de l’offre, par ailleurs peu régulée (peu de con­trôles, absence d’autorisation et de seuil d’activité … ) et par son attrac­tiv­ité (liée notam­ment aux avancées de la chirurgie et aux rem­bourse­ments par la Sécu­rité sociale…) alors que les dis­posi­tifs alter­nat­ifs (dont l’Éducation thérapeu­tique du patient / ETP) sont large­ment moins pro­mus et disponibles. » Con­cer­nant la per­ti­nence des inter­ven­tions, « un fais­ceau d’éléments per­met de dire qu’une part sans doute non nég­lige­able des indi­ca­tions est exces­sive ou mal posée dans un con­texte général de faible encadrement des pra­tiques. Les con­trôles dont a eu con­nais­sance la mis­sion ont eu un effet sur l’activité, ce qui dénote un manque de rigueur dans le respect des indi­ca­tions. »

En ter­mes de finance­ment et rap­porté à l’ensemble de la chirurgie vis­cérale et diges­tive, la chirurgie baria­trique représente une part sig­ni­fica­tive, notam­ment dans le secteur privé lucratif (23 % con­tre 8 % dans le secteur pub­lic et privé non lucratif). « L’enjeu financier des séjours hos­pi­tal­iers (hors suivi pré et postopéra­toire) reste donc mod­este au regard de l’ensemble des dépens­es d’Assurance mal­adie. »

La mis­sion relève enfin une insuff­isante con­nais­sance de l’offre et des besoins ain­si que des carences dans la struc­tura­tion des pris­es en charge, mar­quées notam­ment par un manque de mobil­i­sa­tion et de coor­di­na­tion des acteurs.

Déploiement des CPTS : les ARS absentes

Depuis la créa­tion des CPTS, « le sou­tien pub­lic à leur émer­gence a été très mod­este » apprend-on dans le récent rap­port IGAS. « Les deux cents pro­jets recen­sés peu­vent être con­sid­érés comme témoignant d’une réelle mobil­i­sa­tion des pro­fes­sion­nels de san­té. »

Les Com­mu­nautés pro­fes­sion­nelles ter­ri­to­ri­ales de san­té (CPTS), créées par la loi en 2016, sont l’association de pro­fes­sion­nels de san­té du pre­mier et du sec­ond recours, et d’acteurs soci­aux et médi­co-soci­aux, sur la base d’un pro­jet de san­té, pour une meilleure organ­i­sa­tion des par­cours des patients. « Il s’agit donc de bas­culer vers un exer­ci­ce médi­cal dif­férent, avec une forme nou­velle d’exercice coor­don­né de la médecine de ville, juridique­ment moins inté­grée que les cen­tres de san­té ou les MSP, et respec­tant les équili­bres his­toriques entre médecine libérale et médecine salariée. Pour les patients, elle doit, en respec­tant leur libre choix, con­stituer une garantie d’accès aux soins, de flu­id­ité de leur par­cours, et de prise en compte par les pro­fes­sion­nels de san­té de mis­sions actuelle­ment insuff­isam­ment dévelop­pées, telles que le dépistage ou l’éducation thérapeu­tique » rap­pel­lent les auteurs de la mis­sion IGAS.

La loi ne prévoit pas de texte d’application, et aucun texte n’a encadré ou soutenu le développe­ment des CPTS, à l’exception d’une instruc­tion « peu pré­cise et peu inci­ta­tive » en décem­bre 2016, pré­cise le rap­port. « Les ARS, à quelques excep­tions près, se sont peu saisies du sujet et n’ont pas organ­isé de poli­tiques actives de sou­tien à l’émergence des CPTS. Le sou­tien financier à l’exercice en CPTS est resté très mod­este, que ce soit au niveau nation­al (levi­er con­ven­tion­nel) ou région­al (FIR). » Le développe­ment des CPTS a donc été très large­ment lais­sé à l’initiative des acteurs de ter­rain.
Voir le rap­port de l’IGAS et la stratégie de déploiement des CPTS

Le Dia­logue San­té n° 28 de la FHP-MCO est sor­ti

Une course con­tre la mon­tre est engagée pour répon­dre aux deux règle­men­ta­tions à venir : la séri­al­i­sa­tion des médica­ments et le nou­veau codage de la liste en sus.

Edité par la FHP-MCO, ce sup­port à l’attention de vos prati­ciens fait le point sur cette nou­velle ges­tion des médica­ments sous haute sur­veil­lance. Out­re les cinquante exem­plaires que chaque étab­lisse­ment de san­té MCO reçoit, la pub­li­ca­tion est télécharge­able sur le site de la FHP-MCO.

CESEGH : 2ren­trée pour le nou­veau Exec­u­tive MBA

Fort du suc­cès de la pre­mière pro­mo­tion, le CESEGH et ses parte­naires uni­ver­si­taires ouvrent les inscrip­tions pour la ren­trée d’octobre 2018.

Le cen­tre de for­ma­tion implan­té à Mont­pel­li­er, parte­naire de l’université de Mont­pel­li­er depuis 1989, pro­pose avec la Fac­ulté de médecine et l’Institut Mont­pel­li­er Man­age­ment, pour la 2année, le EMBA Inno­va­tions et man­age­ment stratégique des organ­i­sa­tions de san­té.
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