Quelle est la raison d’être de la plateforme Anesthesia Safety Network, dont vous êtes à l’origine ?

Des événe­ments indésir­ables, des presque-acci­dents, sont vécus au quo­ti­di­en par les pro­fes­sion­nels de soin, dans les ser­vices, au bloc opéra­toire, etc. Une grande par­tie sont évita­bles et sou­vent passés sous silence. Ain­si, peu d’établissements les recensent et s’en ser­vent dans leur proces­sus d’amélioration con­tin­ue de la sécu­rité patient. Anes­the­sia Safe­ty Net­work est une plate­forme de val­ori­sa­tion de retours d’expérience de ces événe­ments (inci­dents comme réus­sites), nour­rie par et pour les pro­fes­sion­nels de soins : médecins, chirurgiens, soignants, etc.

Les pro­fes­sion­nels décrivent anonymement leurs expéri­ences, les analy­sent et pro­posent des points d’amélioration. Ces cas pra­tiques sont ensuite partagés au réseau via une newslet­ter. La plate­forme 2.0 per­met plus d’in­ter­ac­tions, d’échanges entre les mem­bres. Ce partage engage une réflex­ion qui a un but péd­a­gogique et per­met de val­oris­er les com­pé­tences dans le domaine de la sécu­rité patient. La plate­forme est ouverte à l’international avec une newslet­ter trimestrielle pub­liée en anglais, les anglo-sax­ons ayant une forte cul­ture de la sécu­rité patient. Les newslet­ters sont con­sulta­bles gra­tu­ite­ment. Depuis 2016, une com­mu­nauté de plusieurs mil­liers de per­son­nes s’est créée, prin­ci­pale­ment des pro­fes­sion­nels français mais aus­si européens et au-delà.

Comment se hiérarchise la plateforme avec celles existantes ?

Cette plate­forme ne vient pas sup­planter mais vient en com­plé­ment des out­ils mis en place par les admin­is­tra­tions éta­tiques, où les événe­ments indésir­ables graves doivent être déclarés. On par­le trop peu des événe­ments indésir­ables au quo­ti­di­en, qui peu­vent résul­ter d’un mau­vais tra­vail d’équipe, de dif­fi­cultés à abor­der des médecins, des supérieurs, d‘une mau­vaise com­mu­ni­ca­tion, etc. Le non ou le mau­vais usage de la check­list prou­ve bien qu’il reste encore du tra­vail à faire dans le domaine de la sécu­rité patient. En 2013, aux USA, 251 000 per­son­nes sont décédées d’erreurs médi­cales, 8 fois plus que les morts par arme à feu !

Quels sont vos projets pour les prochains mois ?

Nous avons créé fin 2016 une start­up incubée chez Paris Biotech San­té à l’hôpital Cochin, afin de faire évoluer la plate­forme et pro­pos­er des out­ils et ser­vices. Nous dévelop­pons actuelle­ment un out­il en e‑learning, péd­a­gogique et ludique, autour de la check­list, des­tiné aux étab­lisse­ments et aux assureurs. Nous mis­ons beau­coup sur la for­ma­tion et la com­mu­ni­ca­tion pos­i­tive pour faire avancer les choses. Nous échangeons égale­ment beau­coup avec les pro­duc­teurs de dis­posi­tifs médi­caux, sur les matéri­aux, l’ergonomie, les fonc­tion­nal­ités des équipements. Nous invi­tons tous les pro­fes­sion­nels de san­té à rejoin­dre et à par­ticiper aux actions de notre réseau.

www.anesthesiasafetynetwork.com

Compte twit­ter : @anesthsafenet