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Dans un com­mu­niqué de presse du 18 juin 2018 tenu à Genève, l’OMS a annon­cé la pub­li­ca­tion de l’aperçu de la onz­ième Clas­si­fi­ca­tion Inter­na­tionale des Mal­adies (CIM-11) après 12 années de tra­vail. Elle sera offi­cielle­ment présen­tée en 2019 et entr­era en vigueur au 1er jan­vi­er 2022 dans les 194 États Mem­bres . Cette nou­velle nomen­cla­ture révise le précé­dent référen­tiel de 1990. Ce mise à jour va don­ner lieu à de nou­velles direc­tives con­cer­nant les poli­tiques de san­té publique mon­di­ales : stan­dard­i­s­a­tion des nou­velles procé­dures diag­nos­tiques, révi­sion de la clas­si­fi­ca­tion des mal­adies pour une meilleure iden­ti­fi­ca­tion et recon­nais­sance de l’environnement san­i­taire des pop­u­la­tions.

Retour sur les méthodolo­gies, objec­tifs du doc­u­ment, mais aus­si sur les nou­velles pré­con­i­sa­tions avancées par ce nou­veau cadre nor­matif.

Qu’est-ce que la CIM ?

Respon­s­able de la pub­li­ca­tion des nomen­cla­tures inter­na­tionales, l’OMS a annon­cé que la CIM-11 sera présen­tée offi­cielle­ment à l’Assemblée Mon­di­ale de la San­té en mai 2019.

Cette clas­si­fi­ca­tion est le stan­dard inter­na­tion­al pour décrypter l’information san­i­taire ou éval­uer divers paramètres comme la mor­bid­ité ou la mor­tal­ité.

La CIM sert de base pour établir des plans sta­tis­tiques san­i­taires au tra­vers de plus de 50 000 codes uniques per­me­t­tant d’assurer de nom­breuses fonc­tions :

  • Sur­veiller la pro­gres­sion des épidémies dans le monde
  • Iden­ti­fi­er les pop­u­la­tions les plus vul­nérables
  • Pro­pos­er des grandes direc­tives à des­ti­na­tion des États Mem­bres
  • Faciliter l’accès aux ser­vices de san­té
  • Accom­pa­g­n­er la pra­tique médi­cale quo­ti­di­enne, de la prise en charge au suivi de la patien­tèle.

La nécessité d’une 11ème classification

Afin d’offrir une car­togra­phie com­plète de la san­té dans le monde, cette mise à jour de la CIM a mobil­isé plus de 12 000 GCPN (Glob­al Clin­i­cal Prac­tice Net­work) provenant de 142 pays.

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http://www.who.int/fr

Les rap­ports diag­nos­tiques tels que la CIM sont sou­vent soumis à des révi­sions en rai­son des pro­grès sci­en­tifiques et nou­velles pra­tiques médi­cales. Ain­si, cette 11ème mou­ture s’inscrit dans une logique visant à pren­dre en compte l’environnement actuel.

Le Dr Robert Jakob, chef de l’équipe Clas­si­fi­ca­tions, ter­mi­nolo­gies et normes à l’OMS, insiste à son tour sur l’importance de remet­tre à jour cet ensem­ble de procé­dures : «Un principe essen­tiel de cette révi­sion était la sim­pli­fi­ca­tion de la struc­ture de codage et de l’outil élec­tron­ique : les pro­fes­sion­nels de la san­té pour­ront désor­mais enreg­istr­er les affec­tions de façon à la fois plus rapi­de et plus com­plète»

Les grandes nouveautés de la CIM-11

 La CIM-11 com­porte présente de nou­veaux chapitres qui porteront à débat au sein des Pays Mem­bres, dont un trai­tant de la médecine tra­di­tion­nelle jusqu’alors absente du rap­port. Un nou­veau volet du référen­tiel con­cerne la san­té sex­uelle . En effet, l’OMS souhaite retir­er des mal­adies men­tales le fait de se sen­tir appartenir au sexe opposé (tran­si­d­en­tité).

La nou­velle clas­si­fi­ca­tion com­prend égale­ment un nou­v­el aligne­ment des codes relat­ifs à la résis­tance des anti-micro­bi­ens pour que les pro­fes­sion­nels de san­té puis­sent enreg­istr­er les affec­tions de manière plus rapi­de et com­plète.

Dans la sec­tion des trou­bles sur l’addiction s’est ajouté le « gam­ing dis­or­der », soit le trou­ble de l’usage du jeu vidéo. Cette patholo­gie nou­velle­ment recon­nue vient com­pléter les addic­tions comme l’alcool, le tabac ou par exem­ple la cocaïne. L’OMS iden­ti­fie trois con­di­tions de dépen­dance aux jeux-vidéos :

  • Un con­trôle altéré sur le jeu (durée, fréquence, etc.)
  • La pri­or­ité crois­sante don­née au jeu au détri­ment d’autres intérêts et activ­ités de la vie quo­ti­di­enne
  • La con­tin­u­a­tion ou l’intensification du jeu mal­gré l’apparition de con­séquences néga­tives.

Pour autant l’OMS a tenu a pré­cis­er que l’addiction aux jeux vidéo comme décrite ci-dessus ne con­cerne qu’une infime par­tie des 2,5 mil­liards de « gamers » sur la planète.

Si, en 2018, la CIM-11 com­mence à peine à dessin­er les con­tours de la san­té de demain. Pour autant des nou­velles direc­tives pour­ront être adap­tées en fonc­tion de chaque pays. En effet, l’OMS pré­cise que  « la clas­si­fi­ca­tion pub­liée aujourd’hui est un aperçu préal­able qui aidera les pays à plan­i­fi­er leur util­i­sa­tion de la nou­velle ver­sion, à en établir des tra­duc­tions et à for­mer les pro­fes­sion­nels de la san­té ».

Sources :  

http://www.who.int/fr/news-room/detail/18–06-2018-who-releases-new-international-classification-of-diseases-(icd-11)

http://www.ccomssantementalelillefrance.org/?q=pr%C3%A9sentation-du-projet-cim

https://www.20minutes.fr/sante/2292723–20180619-oms-veut-retirer-transidentite-liste-troubles-mentaux

https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2018/06/18/sante-mentale-usage-des-jeux-video-medecine-traditionnelle-sante-sexuelle-la-11e-classification-des-maladies-cim-est-sortie-_858974