FHP et CNPCMEHP viennent de sortir un document de 48 pages « CME Mode d’emploi ». Sept ans après le précédent, quelles en sont les nouveautés ?

Ce sont prin­ci­pale­ment des mod­i­fi­ca­tions liées à la LMSS et au PFLSS dont l’article sur le CAQES, même s’ils repren­nent des choses déjà anci­ennes, ou encore des points sur la per­ti­nence. Il y a peu d’ajouts pro­pre­ment dits dans ce doc­u­ment, il s’agit davan­tage d’une remise à jour des textes, par exem­ple sur ce qu’est le ser­vice pub­lic hos­pi­tal­ier, la loi de mod­erni­sa­tion du sys­tème de san­té, et le PLFSS. Sur le fond, nous avons con­servé la même colonne vertébrale : le binôme directeur/président CME. Sur la forme, nous avons con­servé une approche « con­seils » pra­tiques qui inci­tent à la com­mu­ni­ca­tion.

Les évolutions du système de santé ne mettent-elles pas davantage encore le médecin en première ligne ?

Je dirais qu’« on » s’est enfin aperçu qu’il y avait des médecins ! La prochaine édi­tion de la cer­ti­fi­ca­tion par exem­ple aura une très forte col­oration médi­cale. Les temps sont dif­fi­ciles pour tous, avec la régle­men­ta­tion et la cure amaigris­sante pour les finances, mais je voudrais inviter cha­cun à ne pas se recro­queviller sur lui-même. Il faut impéra­tive­ment ren­forcer le dia­logue, un peu per­du, entre les médecins et les man­agers surtout dans les groupes où les direc­tions n’ont pas for­cé­ment de cul­ture médi­cale. Les médecins libéraux sont aus­si une force dans la mise en œuvre des par­cours de soin car pour la majorité d’entre eux, ils dis­posent d’une dou­ble com­pé­tence de médecine de ville et hos­pi­tal­ière, sans oubli­er que se sont eux qui con­nais­sent le réseau de soignants (kiné, infir­mière, etc.) sur le ter­ri­toire.

Motivez-vous les médecins à devenir des entreprises médicales ?

Oui. Nous con­nais­sons les réti­cences des clin­iques à voir émerg­er des entre­pris­es médi­cales portées par les médecins, comme nous pou­vons le voir à l’international. Les médecins ne sont pas voués à con­stru­ire des murs, comme les clin­iques à s’occuper d’organisation médi­cale, je défends donc l’idée de réfléchir en amont à la manière de mêler nos com­pé­tences, nos forces sur un ter­ri­toire. Des expéri­men­ta­tions du type cen­tre de la main ou du pied, pour­raient être intéres­santes mais restent la pro­priété d’un étab­lisse­ment qui en fait un élé­ment stratégique et ne souhaite pas partager le mod­èle. Compte tenu des évo­lu­tions pro­fondes de notre sys­tème de san­té, con­stru­ire ensem­ble, man­agers et médecins, est indis­pens­able et urgent.