Comment l’IA sera-t-elle au service de la santé ?

Le Plan nation­al sur l’intelligence arti­fi­cielle (IA) issu des travaux d’une mis­sion con­fiée par le Pre­mier min­istre au math­é­mati­cien Cédric Vil­lani sera doté de 1,5 mil­liard d’euros. Qua­tre secteurs sont pri­or­i­taires : la san­té, l’environnement, les trans­ports-mobil­ités et la défense-sécu­rité.

« Les pro­fes­sion­nels de san­té vont jouer un rôle fon­da­men­tal dans l’expérimentation et l’entraînement des IA » pré­cise le rap­port. L’IA en san­té ouvre des « per­spec­tives très promet­teuses » dont la « prise en charge plus per­son­nal­isée et pré­dic­tive et plus sécurisée grâce à un appui ren­for­cé à la déci­sion médi­cale et une meilleure traça­bil­ité ». Elle peut amélior­er « l’accès aux soins grâce à des dis­posi­tifs de pré­di­ag­nos­tic médi­cal ou d’aide à l’orientation dans le par­cours de soin » ou encore « mieux détecter les symp­tômes et faire un suivi pré­dic­tif du déploiement d’une mal­adie, exploiter les résul­tats d’analyse (imagerie médi­cale, etc.), soumet­tre de nou­velles hypothès­es de diag­nos­tic et for­muler des propo­si­tions thérapeu­tiques plus per­son­nal­isées ». Enfin, elle peut amélior­er « la détec­tion des effets sec­ondaires d’un médica­ment lors des phas­es d’essais clin­iques ».

Pour cela, des propo­si­tions con­crètes sont avancées : trans­former les voies d’accès aux études de médecine pour for­mer les pro­fes­sion­nels de san­té aux usages de l’IA et du big data en san­té, clar­i­fi­er la respon­s­abil­ité médi­cale des pro­fes­sion­nels de san­té en cas d’utilisation de tech­nolo­gies d’IA, créer les con­di­tions régle­men­taires et organ­i­sa­tion­nelles néces­saires, déploy­er les tech­nolo­gies d’IA en san­té avec les usagers (hôpi­taux, pro­fes­sion­nels de san­té, patients, etc.). Enfin, le rap­port pro­pose de lancer des expéri­men­ta­tions en con­di­tions réelles pour les tech­nolo­gies d’IA en san­té au sein des CHU et des lieux d’ex­péri­men­ta­tions locaux en san­té, voire jusqu’aux pro­fes­sion­nels.

Création du Health Data Hub

Annon­cé par Emmanuel Macron dans le cadre du Plan nation­al sur l’IA, cette struc­ture parte­nar­i­ale entre pro­duc­teurs et util­isa­teurs des don­nées piloterait l’en­richisse­ment con­tinu et la val­ori­sa­tion du Sys­tème nation­al des don­nées de san­té. Cette plate­forme intè­gr­erait à terme l’ensem­ble des don­nées de l’As­sur­ance mal­adie, les don­nées clin­iques des étab­lisse­ments de san­té, les don­nées de la médecine de ville, et des don­nées sci­en­tifiques issues de cohort­es. Les patients pour­raient égale­ment ren­seign­er leur DMP et l’utiliser pour d’autres usages.

Prévention : le Cnom attend un calendrier et des financements

L’Ordre des médecins salue l’ambition des « 25 mesures-phares de la poli­tique de préven­tion » présen­tées par le gou­verne­ment. Il rap­pelle « que le corps médi­cal est d’ores et déjà forte­ment engagé en ce sens ». Mais il « regrette de ne pas avoir été con­sulté dans la phase de con­cep­tion de ce plan préven­tion, qui aura pour­tant un impact sur l’action menée quo­ti­di­en­nement par les médecins auprès de leurs patients, à chaque étape de leur vie ». Le Cnom attend désor­mais « des pré­ci­sions quant à sa mise en œuvre », « le cal­en­dri­er de déploiement de ces mesures ain­si que leurs modal­ités de finance­ment, afin qu’elles soient rapi­de­ment effec­tives ».

Une couverture de santé universelle pour un milliard de personnes supplémentaires

À l’occasion de son 70e anniver­saire, et pour la Journée mon­di­ale de la san­té célébrée le 7 avril 2018, l’OMS lance un appel aux dirigeants mon­di­aux pour qu’ils pren­nent des mesures con­crètes afin d’améliorer la san­té de tous. « Cela sig­ni­fie qu’il faut veiller à ce que tout le monde, partout dans le monde, ait accès à des ser­vices de san­té essen­tiels de qual­ité sans subir de dif­fi­cultés finan­cières ».
Cer­tains pays ont déjà beau­coup pro­gressé vers la cou­ver­ture san­té uni­verselle (CSU), note l’OMS. Cepen­dant, « la moitié de la pop­u­la­tion mon­di­ale n’a tou­jours pas accès aux ser­vices de san­té dont elle a besoin. Si les pays veu­lent attein­dre la cible des Objec­tifs de développe­ment durable (ODD), un mil­liard de per­son­nes sup­plé­men­taires devront béné­fici­er de la CSU d’ici à 2023 ».