À l’occasion des présen­ta­tions sur la réforme du régime des autori­sa­tions effec­tuées par les ser­vices du Min­istère — dont il faut soulign­er la trans­parence tant sur la méth­ode que sur le fond — une « novlangue »   en san­té appa­raît. Si elle est cen­sée répon­dre à l’objectif de mod­erni­sa­tion des décrets d’activités de soins, elle doit aus­si répon­dre au souhait de sim­pli­fi­ca­tion affiché en par­al­lèle et pour­tant peu pris en compte ! Pour l’heure, nous en sommes au début des travaux et les pistes avancées appel­lent bien plus de ques­tions que de répons­es, et requièrent notre plus grande vig­i­lance.

Par­mi les ori­en­ta­tions annon­cées, un enjeu majeur se détache : « la ter­ri­to­ri­al­i­sa­tion de l’offre », large­ment inspirée par les GHT. Le Min­istère veut pro­mou­voir dans ce cadre le « faire ensem­ble », pourquoi pas en per­me­t­tant aux acteurs de « se partager » une activ­ité ou d’en être « co-respon­s­ables ». Il envis­age l’exercice « hors les murs », avec des équipes qui feraient des « con­sul­ta­tions avancées », seraient « déportées » dans un autre étab­lisse­ment, ou réalis­eraient une « activ­ité itinérante ».

Et pour mieux pren­dre en compte la dimen­sion ter­ri­to­ri­ale de l’offre dans le régime d’autorisation, le Min­istère « ques­tionne la gra­da­tion des soins ». Si la réflex­ion « prox­im­ité ver­sus recours » sem­ble légitime et cohérente avec les pra­tiques, la « décli­nai­son d’une offre graduée » nous rap­pelle le fias­co des « types / niveaux » en péri­na­tal­ité et laisse entrevoir des usines à gaz, qui dégraderont cer­tains acteurs par rap­port aux autres plus qu’elles ne les inciteront à coopér­er.

Ce nou­veau champ lex­i­cal autorise à ce stade toutes les inter­pré­ta­tions, allant d’opportunités à saisir, à une mise à l’écart de notre secteur con­tre laque­lle nous com­bat­trons de toutes nos forces.

Aucune de nos activ­ités n’échappe à cette réforme, de nature très tech­nique mais dan­gereuse­ment poli­tique. Elle doit se dérouler en qua­tre vagues suc­ces­sives d’ici mi-2020, soit seule­ment deux ans et demi pour redessin­er le paysage des autori­sa­tions des activ­ités de soins ! Nous y revien­drons autant de fois que néces­saire dans ce 13h, tant elle requiert nos forces col­lec­tives et syn­di­cales jusqu’à son aboutisse­ment.

Retrou­vez ci-joint le doc­u­ment présen­té par la DGOS lors du Comité de con­cer­ta­tion du 20 décem­bre 2017.