L’augmentation votée de l’ONDAM de 2,3 % représente 4,4 mil­liards d’euros de dépens­es sup­plé­men­taires en faveur du champ de l’Assurance Mal­adie, dont 1,5 mil­liard pour le secteur hos­pi­tal­ier. Pour autant, les étab­lisse­ments de san­té devront faire face en 2018 à un nou­veau plan d’économies de 960 mil­lions d’euros qui impactera leurs bud­gets, ver­sus 1,1 mil­liard l’an dernier. 250 mil­lions d’euros seraient fléchés sur le développe­ment des alter­na­tives à l’hospitalisation com­plète, 640 mil­lions sur l’amélioration de la per­for­mance interne des hôpi­taux dont la ratio­nal­i­sa­tion des achats hos­pi­tal­iers, et 70 mil­lions sur l’amélioration de la per­ti­nence et des par­cours. Sous bien des aspects, une cer­taine con­ti­nu­ité est donc annon­cée par nos tutelles.

Comme chaque année, l’augmentation de vol­ume prévi­sion­nelle est une vari­able déci­sive. Or en l’absence d’une méthodolo­gie de cal­cul trans­par­ente, nous sommes en pro­fond désac­cord avec la tutelle sur le taux désigné pour notre secteur, qui était de 1,9 % en 2017. Ce point, essen­tiel pour déter­min­er les marges de manœu­vre tar­i­faires, est en cours de dis­cus­sion. Devant notre incom­préhen­sion per­sis­tante et appuyée, la DGOS s’est engagée à effectuer, avec le sou­tien de la CNAMTS, un tra­vail afin d’apporter davan­tage de trans­parence sur les retraite­ments des don­nées qui con­duisent à éval­uer le vol­ume prévi­sion­nel.

Par ailleurs, des amé­nage­ments de périmètre sont envis­agés, avec l’intégration — prévue au 1er octo­bre 2018 — des dépens­es de trans­ports inter-étab­lisse­ments dans les bud­gets hos­pi­tal­iers. Cette mesure nou­velle sus­cite de très fortes inquié­tudes. Si le principe de la neu­tral­ité finan­cière est acté, le pre­mier écueil réside dans l’évaluation des dépens­es de trans­ports « rat­tach­ables » à chaque étab­lisse­ment. Au-delà, c’est leur évo­lu­tion qui est l’enjeu majeur et c’est une con­trainte sup­plé­men­taire que l’on veut faire peser sur les directeurs d’établissement, qui n’en sont pour­tant pas respon­s­ables !

Des élé­ments posi­tifs pointent aus­si toute­fois, avec l’engagement du Min­istère de nous ren­dre au 1er mars 2018 la part du CICE que nous avons per­due (de 7 % à 6 %), et avec l’annonce de la créa­tion d’un for­fait « accueil des urgences gyné­cologiques » dans toutes les mater­nités et de la reval­ori­sa­tion du for­fait SE 5.

Notre ténac­ité a payé sur cer­tains dossiers, elle reste entière pour obtenir une cam­pagne tar­i­faire trans­par­ente et juste.