Le récent rap­port rédigé par l’INSERM et la DREES suite à l’en­quête nationale péri­na­tale 2016 nous donne la mesure de la sit­u­a­tion et de l’évo­lu­tion des mater­nités. En 22 ans, leur nom­bre a dimin­ué de près de 40 %, alors que le nom­bre de nais­sances a aug­men­té puis dimin­ué durant cette péri­ode, retrou­vant en 2016 un niveau proche de celui de 1995 : 517 mater­nités sont actuelle­ment en activ­ité, dont 119 privées. Entre 2010 et 2016, ce sont par­ti­c­ulière­ment les mater­nités de taille inter­mé­di­aire (entre 1000 et 1500 accouche­ments) qui ont dis­paru.
Les très gross­es mater­nités de plus de 3500 accouche­ments sont au con­traire de plus en plus nom­breuses. Au nom­bre de 27 en 2016 (con­tre 6 en 2003), elles réalisent 15 % des accouche­ments, sont à 89 % de statut pub­lic (22 de type III et 2 de type II B) et seules 3 d’en­tre elles sont privées (de type II A). À l’autre extrémité, les petites mater­nités de moins de 500 accouche­ments se main­ti­en­nent et réalisent 3 % des accouche­ments. On en dénom­bre 58, toutes de type I, et de statut pub­lic pour 80 % d’en­tre elles.
Le rap­port met en évi­dence une évo­lu­tion sen­si­ble du lieu d’accouchement : les accouche­ments ont lieu plus sou­vent en secteur pub­lic (dont la part a aug­men­té de 5 points depuis 2010 pour attein­dre 69,2 % en 2016) et dans les mater­nités de type III (aug­men­ta­tion de 4 points depuis 2010 pour attein­dre 26,4 % en 2016). Pour mémoire, les étab­lisse­ments de san­té privés sont autorisés prin­ci­pale­ment sur des cen­tres péri­nataux de type I ou II A, seuls 6 sont de type II B, et il n’y a aucune autori­sa­tion de type III dans notre secteur.

Cette évo­lu­tion mar­quée vers les ser­vices les plus spé­cial­isés ne peut que nous inter­pel­er, tant il est évi­dent que la grande majorité des accouche­ments qui y sont réal­isés ne néces­si­tent pas de réan­i­ma­tion néona­tale et peu­vent être pris en charge dans des mater­nités de type I ou II. Il serait intéres­sant d’évaluer la part d’activité de ces ser­vices qui relèvent réelle­ment du type III, le sur­coût généré par une prise en charge dans un ser­vice sur-spé­cial­isé au regard de l’état de san­té des par­turi­entes et des nou­veau-nés, ain­si que le niveau de sat­is­fac­tion des mamans qui ont accouché dans ces mater­nités alors que leurs bébés ne présen­taient pas de haut risque ni de détress­es graves après la nais­sance.

Dès lors, cha­cun doit en tir­er les con­séquences, et en pre­mier lieu les tutelles qui s’apprêtent à mod­erniser le régime des autori­sa­tions d’activité MCO. Force est de con­stater que le sys­tème de gra­da­tion des soins issu des décrets péri­na­tal­ité de 1998 a eu des effets per­vers et a déstruc­turé l’offre de soins obstétri­cale, les patientes s’orientant vers les ser­vices les plus spé­cial­isés alors même que ce n’est pas médi­cale­ment néces­saire. N’est-ce pas là un thème à étudi­er sur la per­ti­nence des niveaux de prise en charge ? C’est en tous cas un vrai sujet de réflex­ion et un com­bat que la FHP-MCO va con­tin­uer à men­er, pour défendre son « O » et ses autres activ­ités.